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Reportages et entrevues

oRCondor : Sur la piste

oRCondor : Sur la piste

Julie Ledoux
2 novembre 2012

Fin juin 2012. oRCondor lance une première galette physiquement attrayante, Motoriste/Machine, un 7 pouces fort attendu qui constitue le premier d’une série de trois. Évidemment, Bang Bang se met sur le cas. Quatre mois plus tard, parce que la grisaille s’est installée, il semble que ce soit le bon moment pour ressortir des boules à mites cette entrevue, réalisée la veille du lancement d’oRCondor, sur la terrasse de la Taverne Normandie, sise rue Amherst. Rendons justice au condor.

«Quand j’étais avec Kiss Me Deadly, le guitariste voulait changer de nom, raconte Mathieu Dumontier (KMD, Bonjour Brumaire, etc.), maintenant guitariste et chanteur d’oRCondor. Il était dans son trip psychédélique un peu. Il disait Aw, man, Condor!. Pis là, j’ai dit Or Condor [ndlr: à prononcer en anglais]. Au dernier show de Kiss Me Deadly, c’était écrit Kiss Me Deadly OR Condor parce que l’hésitation était là», rigole Mathieu. On passera par-dessus le dilemme des majuscules aléatoires pour finalement conclure que oRCondor, ça se prononce bien en français comme en anglais. Un bon coup pour le groupe qui, malgré tout, ne chante qu’en français.

«J’aime bien dire qu’on fait du post-hardcore. C’est la scène qui nous a unis, en fait», se rappelle Philippe Roberge (Mr. No), aussi guitariste au sein de la formation complétée par Frank Lessard (batterie) et Daniel St-Gelais (basse). «J’écoutais les Doughboys. Mathieu a deux ans de plus de moi donc on n’écoutait pas la même chose, à l’adolescence. Il m’a fait découvrir plein de bands quand on s’est connus. Mais c’est vraiment la scène DC, post-hardcore qui nous a unis.» C’est ce son qui, quelques années plus tard, définissait celui d’oRCondor, assez mélodique et à peine lié au punk-rock par la fesse gauche : «On n’est pas vraiment dans la scène punk rock, même si on nous booke dans la scène punk rock. C’est quand même drôle. On serait comme les méchants dans un line-up indie, pis les soft dans un line-up punk», s’amuse Mathieu. «Ça va rejoindre un peu ce qu’on fait dans les nouvelles tounes, poursuit Philippe. On s’est souvent fait dire qu’on faisait du math rock et c’est sûr que ce qu’on va sortir à l’avenir, et même sur ce 7 pouces, c’est beaucoup moins mathématique. C’est plus linéaire, c’est moins complexe.»

Et c’est là qu’oRCondor devient encore plus intéressant : à cheval sur les genres, développant sa propre lignée sonore, le groupe ne semble répondre de personne. «On attendait d’être confortable avec notre son, explique Philippe. Et puis, on n’avait pas de bassiste. Les tounes de Bandcamp, de 2010, on les a fait à trois.» oRCondor titille donc l’oreille du mélomane depuis 2010. Ce dernier est maintenant un peu mieux servi avec Motoriste/Machine mais demeure toujours sur sa faim, avide de nouvelles créations.

M : On a beaucoup d’ébauches de pièces. Mais si on se met un deadline, on peut le faire.
BB : Qu’est-ce qui vous empêche de le faire?
P : Notre paresse.
M : C’est aussi la difficulté qu’on a à nous organiser.
P : OK, je retire ce que j’ai dit.
M : On y va par bouts. Ça fait quelques temps qu’on est dans un bon mood.

Espérons que cela se poursuive jusqu’à la complétion de la trilogie. «On ne s’est pas donné de dates de sorties, avoue Philippe. Je pense même que notre prochain projet, avant de faire la suite, ce serait de faire un vrai album, un 12 pouces, là. Ce ne serait pas la suite, ce serait du neuf.»

Du neuf ou une suite, peu importe : avec oRCondor, ça décolle.

oRCondor sera du Coup de Coeur Francophone, le samedi 10 novembre, à L’Esco, avec Le Monsieur. Dès 22h.
orcondor.bandcamp.com

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