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Reportages et entrevuesO Linea : Les premières foisAndré Péloquin30 juillet 2010
La première fois qu’un journaliste de BangBang s’entretenait avec la formation indie rock O Linea, le groupe en était à ses premières heures au sein d’un label et lançait L’Ordre des choses, un premier disque interprété en français. Trois ans plus tard, le journal BangBang est maintenant BangBangBlog et O Linea révèle un nouveau membre, Martin Clairmont, ainsi qu’un troisième compact, La Bête de l’homme. Comme si ce n’était pas assez, l’entretien se déroulait aussi entre deux interventions du groupe à MusiquePlus. Quelques minutes avant d’interpréter (pour une première fois sur scène !) son tube « Le Métronome », le chanteur et guitariste Julien Vézina demeure rudement calme. « Ça se passe très bien. On est très relaxes ! Je viens de terminer une autre interview avec Félix (Antoine-Couturier, guitariste). On a de plus en plus d’expérience ensemble en entrevue, lui et moi », lance le natif de Saint-Jean-Sur-Richelieu. « Y’a une tradition de groupes ici », poursuit Vézina en faisant référence à son patelin. « On a toujours été stimulé musicalement. J’allais voir des shows dès l’âge de 13 ans. J’en ai maintenant 30 et je joue toujours de la musique. Y’a toujours eu des boutiques de disques, des magasins d’instruments, etc. À la fin des années 90, le son était plus « skate punk », mais c’est plus diversifié maintenant. Y’a du rock, bien sûr, mais aussi du rap, etc. » Quitter le garage, sonner « garage »… « On est très contents. C’est des chums », tranche Julien à propos de Slam Disques, l’étiquette derrière L’Ordre des choses et La Bête de l’homme. « On n’est pas dans une relation où quelqu’un tente de tirer la couverte. C’est très collaboratif », avance-t-il avant d’ajouter : « Je dirais même qu’on est envié de certains groupes plus « DIY », qui « ne veulent pas vendre leur âme »… mais qui restent pognés dans leur garage. » Un endroit qu’O Linea a doublement délaissé, d’ailleurs. « Le processus de composition du nouvel album n’était pas du tout comme celui du précédent », poursuit Vézina. « L’ordre des choses a surtout été composé à partir de maquettes que j’ai composé et qu’on jouait dans un local. Pis, t’sais, avec l’acoustique d’un local, c’est « garage ». Ça sonne « fort » parce que tu veux te faire entendre ! Y’avait donc une certaine « urgence » dans les pièces. » Des années plus tard, O Linea allait se lancer dans une autre première : la création par correspondance. « Pour La Bête de l’homme, je composais de mon bord et j’envoyais les maquettes aux gars en mp3. En fait, je ne composais même pas pour le « band » à cette époque! » ajoute Julien en faisant référence à une période creuse où le groupe n’était plus actif (parmi les raisons expliquant ce hiatus, notons que deux des membres collaboraient davantage avec Kodiak à l’époque). « La facture de ces nouvelles chansons était déjà plus léchée. » Toujours au sujet de La Bête de l’homme, Vézina évite les « on ne sait pas comment les gens vont l’accueillir » et autres clichés à la « c’est notre meilleur à ce jour! » Heureusement. « On s’attend à ce que le monde trouve ça plus « pop » que « garage » disons », mentionne-t-il candidement lorsqu’on aborde ces fameuses instrumentations plus léchées. « C’est d’ailleurs une préoccupation de Félix qui ne voulait pas « dénaturer » l’album en le réalisant, mais comme les maquettes se dirigeaient déjà dans cette direction dès le départ… » Les fans de la première heure y trouveront quand même leur compte, assure le chanteur. « Y’a quand même une ligne directrice entre les deux albums. C’est une suite très cohérente. » Une suite qui exige tout de même des renforts. « On s’est vite rendu compte qu’on perdrait des textures de nos nouvelles tounes « live ». C’est là qu’intervient Martin (Clairmont, nouveau membre du collectif). » Introspection > Engagement « On m’a souvent parlé de « mes textes engagés » », poursuit Vézina en rigolant. « T’sais, la lecture d’un texte est ouverte à l’interprétation, mais moi, je n’ai jamais trouvé que mes textes étaient si engagés que ça. Prends « Déserter » par exemple », explique-t-il en faisant référence à une pièce de l’album ou le chanteur clamait :
« Tu vois ! Plusieurs personnes m’ont dit que c’était une bonne « protest song », alors que c’est totalement le contraire ! Je laisse ça aux Vulgaires Machins, que je respecte beaucoup, et aux autres. Pour moi, l’écriture rock doit demeurer simple, sans être simpliste. On doit maintenir la balance entre le sens et la phonétique. » … et les réseaux sociaux, pendant qu’on y est. Toujours dans son élan d’honnêteté , Vézina a aussi évité les formules d’usage pour commenter la récente poussée d’O Linea sur Twitter et Facebook. « Ça fait partie de la game, maintenant ! » soupire-t-il. « Pour être franc, aucun membre du groupe n’a de profil Facebook personnel, mais comme la musique physique est en voie de disparition, on pousse pour faire connaître la nôtre là-dessus. » Bien sûr, comme la plupart des « premières fois » (t’sais veut dire), Julien trouve tout de même du positif dans cette nouvelle percée. « D’un autre côté, ça nous permet aussi de découvrir beaucoup de musique et de connaître des gens pas mal cool de notre côté. » Lancement de La Bête de l’homme : le 10 août au Petit Campus
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L'abominable homme des cons
Simon Jodoin 26 août 2010
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.
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