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Mon album préféré… de tous les temps!

Mon album préféré… de tous les temps!

André Péloquin
18 décembre 2011

Période de l’année obligeant, les médias nous inondent de palmarès et de bilans. Chansons de l’année, personnalités des derniers mois, patati, patata. Bien que l’exercice est parfois assommant, décembre demeure tout de même un mois de constats et c’est pourquoi je vous propose aujourd’hui un palmarès d’une seule position en guise de chronique. Un « top 1 » non pas de 2011, mais de tous les temps. Pour terminer l’année, je vais donc vous casser les oreilles avec mon album préféré : Sumday de Grandaddy.

Les habitué(e)s de cette chronique s’attendaient probablement au Pinkerton de Weezer. Laissez-moi m’expliquer…

La fin d’une époque, le début d’une autre…

En 2009, je signais une chronique décrivant maladroitement (comme d’habitude, quoi) mon « amour » pour le fameux « album brun » de la bande de Rivers Cuomo. Amours à sens unique sur « No Other One », relations aussi vides que libidineuses sur « Tired Of Sex », hymnes sonnant la fin de l’adolescence sur « The Good Life »; tous les ingrédients pour plaire aux grands dadais romantiques, quoi.

Mais des années plus tard, les battements du cœur sont plus réguliers, le passe-temps est devenu la carrière et Weezer fait maintenant des albums de marde. Une nouvelle trame sonore s’est donc imposée au fil du temps.

Troisième album du défunt groupe indie rock californien Grandaddy lancé en 2003, Sumday se voulait – à l’époque – l’œuvre la plus personnelle signée par le chanteur et parolier Jason Lytle. Contrairement à Pinkerton, Sumday a profité de critiques satisfaisantes dès son lancement, mais n’a jamais accédé au statut d’album culte. Tentons donc d’y remédier…

« Now it’s on »

Pièce nous présentant l’album, « Now it’s on » est aux antipodes de « Egg Hit and Jack Too », la ballade déchirante qui concluait Concrete Dunes, le CD précédent. Après avoir raconté en détail la réaction d’un protagoniste au suicide d’une ancienne flamme, Lytle lance un appel au renouveau, à allumer à nouveau la lumière du porche, dès les premières notes de Sumday.

Après des mois de petites tragédies personnelles, nationales et mondiales (le tremblement de terre au Japon, la montée de François Legault, etc.), disons que c’est un message qui est plutôt la bienvenue.

« I’m On Standby »

Pas de doute, depuis que le Gouvernement Harper réinvente le Canada à son image (une peinture beige, drabe, idéale pour la salle d’opération d’un bunker), plusieurs dossiers sont maintenant au point mort… et ça, c’est lorsqu’ils ne prennent pas du recul. Les nombreuses frasques de notre maximo leader en 2011 en témoignent. Huit années plus tard, « I’m On Standby » demeure donc d’actualité… malheureusement.

Fable révélant les états d’âme d’un robot momentanément mis au rencart, la seconde pièce de Sumday s’applique aussi au chapitre personnel… surtout lorsque l’androïde lance « I got good at saying « I gotta go ». Number one at saying « I don’t know »». Le manque de temps chronique qui m’afflige depuis les douze derniers mois en témoigne. En 2011, j’ai griffonné des tonnes de notes destinées à un premier roman et j’ai jeté quelques coups de pinceau sur une nouvelle toile qui trône toujours, incomplète, dans mon bureau. J’ajouterais aussi à ce palmarès : « Ouais, ouais. J’vais sortir les vidanges. T’inquiètes pas! »

« The Go In The Go-For-It »

… et c’est cette accumulation de projets en chantiers et de “Post-it” « à faire! » qui a fait en sorte que j’ai, moi aussi, délaissé certains projets en 2011, dont mon poste de rédacteur en chef de BangBangBlog (repris depuis par la très efficace Julie Ledoux); le temps s’imposant comme la devise la plus importante en cette ère « post Pinkerton ».

Dans cette chanson où un protagoniste pressé comme un citron riposte en décampant vers la campagne, Lytle signe aussi un texte qui se prêterait bien aux bons plans de 2011 qui ont pris l’eau faute de temps ou de ressources comme le mouvement « Occupy»  et Wolf Parade qui s’est mis en mode « pause indéfinie » en novembre dernier.

« The Group Who Couldn’t Say »

En parlant de décamper vers la campagne, la chanson suivante – “The Group Who Couldn’t Say” – raconte justement l’histoire plutôt triste d’un groupuscule de bureaucrates remportant des vacances champêtres sans toutefois pouvoir s’extirper du bureau. L’image est aussi absurde que frappante: “And Darryl couldn’t talk at all / He wondered how the trees had grown to be so tall / He calculated all the height and width and density / For insurance purposes”.

En cette époque de “télé-travail” et “d’instantanéité”, j’ai tenté, moi aussi, de m’extirper le plus possible du travail pendant mes temps libres en 2011… sans grand succès, mais l’intention est là et la motivation aussi. À suivre!

Un autre qui aurait eu besoin d’un périple en forêt pour se faire oublier cette année: Sam Hamad, bien sûr.

Lost On Yer Merry Way

Une excellente pièce, mais je n’ai pas vraiment d’histoires personnelles qui y est associée, ni de référence sur l’actualité de l’année. On parle quand même d’une chanson ou un type se fait philosophe alors qu’on le promet à une mort certaine en le ligotant!

“El Caminos In The West”

Une chanson qui parle de voyager, ou du moins d’être loin de la maison… sans être propice à une épiphanie, ça demeure une sapristi de bonne pièce… surtout sur la route.

“ »Yeah » Is What We Had”

Le clip est aussi déchirant que la pièce. À défaut d’avoir mis terme à une relation amoureuse cette année (yé!), je constate tout de même que des projets qui, sur papier, s’avéraient tentants se sont avérées plutôt amers au fil des mois… oui, je parle du Plan Nord.

“Saddest Vacant Lot In All The World”

Suite logique de “”Yeah” Is What We Had”, “Saddest Vacant Lot In All The World” raconte une autre histoire amoureuse qui part en couille… et je n’ai rien d’autre à ajouter…

“Stray Dog And The Chocolate Shake”

C’est un peu le “Across The Sea” de Sumday, la “toune” “quand-même-bonne,-mais-dont-on-se-fout-un-peu”… passons.

“OK With My Decay”

Sans verser dans le “Cher journal”, disons que j’ai appris crissement à la dure la définition du mot “résilience” (et pas seulement parce que The Rentals, l’excellent groupe de l’ex-bassiste de Weezer Matt Sharp, ont lancé un album caritatif portant ce nom afin de rendre hommage aux victimes du tsunami du Japon de mars dernier).

Cette année, le cancer a emporté mon père. On lui donnait quelques mois et, tête de cochon qu’il était, il l’aura emmerdé le crabe pendant plus d’une année. Bien que l’expérience est loin d’être unique, je crois ne pas avoir toujours synthétisé toutes les données entourant l’événement. Tout ce que je sais, c’est que le 17 mars 2011, je me suis royalement crissé du fameux tsunami. C’est tout.

“The Warming Sun” et “The Final Push To The Sum

Alors que Wezer terminait Pinkerton avec une ballade, “Butterfly”, Grandaddy opte pour deux pièces vachement introspectives. DEUX!

Et puis après?

Profitons donc de ces deux chansons introspectives pour se demander ce que l’année 2012 nous réservera autant en musique qu’en événements. Personnellement, j’espère une année moins tragique… c’est pourquoi j’espère donc un retour du ska sur les ondes radiophoniques.

Bref, 2012 sera l’année du retour de… Yelo Molo!

3 commentaires
  • Benoit
    20 décembre 2011

    Yelo Molo a fait un retour en 2009, mais ça a câlicrissement passé dans le beurre. « Emmène-moi kekpart » que l’album s’appelait.

  • Benoit
    20 décembre 2011

    Le lancement était au Quai des brumes un lundi soir.

  • [...] vous l’avez peut-être lu dans ma plus récente chronique, j’adore Grandaddy et, depuis peu, je me suis lancé dans l’écoute du projet solo de [...]

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