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Reportages et entrevues

Mille monarques: L'effet papillon

Mille monarques: L’effet papillon

Stéfane Campbell
10 août 2009

Voyez un peu le topo : on fixe une entrevue avec Mathieu Denoncourt, chanteur et bassiste de Mille Monarques pour la sortie imminente du premier album. Puis, histoire de s’amuser, on décide que l’on suivra la cadence du dialogue – sans se plomber l’aile – en avertissant le jeune musicien qu’il pourrait s’immiscer ci et là des segments qui ne sont pas ‘d’ordre professionnel’ question de peindre un portrait disons plus éclaté (et quelque peu décousu, nous en convenons) du cas Monarque. Il est plus que partant, tout le monde est content et ça donne à peu près ce qui suit… dans le désordre.

« Si j’ai pas l’air tout à fait là, c’est que je sors d’un rush de quatorze jours pour mixer tout l’album. Et j’ai dû dormir 14 heures sur l’ensemble de la période… C’était fou, j’avais un voyage de famille en Floride de prévu dans le lot en plus et j’en ai mixé une partie via MSN avec Manuel Marie (Studios Piccolo), c’était un peu surréaliste », nous avertit-il d’entrée de jeu, avant de préciser, « Mais je suis vraiment content, ça sonne crissement ben. »

Bien que souvent questionné sur la chose auparavant, nous ne sommes pas certains d’avoir cerné la chose : pourquoi Mille fois le Monarque? « Pour l’image crée par le nom : c’est impressionnant, c’est beau et c’est épeurant tout à la fois », tranche Denoncourt, « Nos textes sont assez poétiques. C’est très imagé dans le phrasé et les tournures d’idées. Je pars du sentiment que m’inspirent les pièces, je me laisse imprégner par le moment où je joue et les textes viennent par la suite. En suivant les phonétiques de la musique. » Et puis égratignons un peu au passage la sacro-sainte image du créateur angoissé qui exorcise ses démons. En quelques mots : « C’n’est pas des textes que j’écris chez nous tout seul pour me faire du bien. » On n’aurait pu mieux dire.

En revisitant les artistes qui ont forgé son parcours musical, Denoncourt établit d’ailleurs ses propres repères musicaux au niveau du senti bien plus qu’autre chose : « Il y a des tounes qui nous replongent dans un moment très précis de notre vie, une émotion très claire. J’ai réécouté Ritual de lo Habitual de Jane’s Addiction l’autre jour et surtout la pièce « Three days » et je me suis rebu ado, à me promener dans la forêt, en peine d’amour avec mes écouteurs sur les oreilles. Je pouvais presque retrouver l’odeur du moment, c’est fort. »

Et si le musicien – qui travaille aussi comme éclairagiste de scène au Lion D’Or – se dit en quelque sorte ‘immunisé’ par l’aspect vedettariat, il admet tout de même avoir eu quelques sueurs lorsqu’il a croisé Robert Smith – « LE band que j’ai le plus écouté dans la vie » – lors de son dernier passage dans les coulisses du Centre Bell : « C’est une des rares personnes qui m’a gêné. Mon chum qui travaillait sur le show m’a même offert d’aller lui parler et j’ai dit non, j’n’aurais probablement même pas été capable. C’est comme trop une idole d’enfance. » Sans quoi, de ce côté-ci de la fleur de lys, il s’amuse a spéculer : « On m’a dit que si je rencontrais Jean Leloup en personne, je serais son antiparticule et on disparaîtrait tous les deux. » Nous essayons toujours d’éclaircir la chose.

Souhaitons tout de même que la chose ne se produise pas avant le 19 août, date où la formation lancera l’opus à l’Esco, tout juste le lendemain de sa sortie en magasin. « Et le 20, on vend tous nos instruments pour payer les frais de l’album », conclut le musicien. Clairement, rien n’arrêtera la bête de prendre son envol.

En concert le 19 août à l’Esco (lancerment de l’album) de Montréal, le 28 à la Boîte à Bleuets d’Alma et le 11 septembre au Fou du village de Bonaventure.

myspace.com/millemonarques

Photo: Michel Pinault

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CHRONIQUES

L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
26 août 2010

L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.

« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.