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Reportages et entrevues

Milanku : Lourde envolée

Milanku : Lourde envolée

Philippe McGinnis
12 février 2013

Milanku a vu le jour en 2006 et lançait un second album en septembre dernier, Pris à la gorge. Mélangeant le post-rock avec des pointes heavy et pesantes, le quatuor est en quelque sorte une référence du genre au Québec puisqu’il peut, en plus, se targuer de chanter en français et se distingue avec un son qui lui est propre.

Composé de Guillaume Chamberland (voix, basse), Carl Ruest (guitare), Hubert Taschereau (guitare) et Guillaume Boudreau-Monty (batterie), Milanku pourrait pratiquement inclure Milan Kundera au sein du groupe. Non, l’auteur tchèque n’en fait pas partie, mais c’est tout comme, car la trame narrative et l’univers mélancolique de Kundera a inspiré l’appellation de Milanku.

C’est la faute à Carl, qui s’est tapé quasiment tous les écrits de Kundera, si Milanku se nomme ainsi. Les thèmes de la nostalgie, de la lenteur, du départ et du lointain dans ses écrits collent bien au son de la formation. C’est donc dans cet esprit que le band a réalisé un premier album nommé Convalescence, en 2008, quelques temps après la rencontre des membres qui ont répondu à l’appel d’une annonce publiée sur le web.

Puis, en 2012, Pris à la gorge s’est forgé et malgré le côté sombre qu’on accorde au disque, les gars ont un plaisir fou à jammer ensemble. Ceux-ci affirment même n’avoir de comptes à rendre à personne, leur musique étant totalement intègre: «C’est un peu pour ça que ça peut nous prendre du temps pour composer, mais en même temps c’est ben correct aussi parce qu’on n’est pas stressé. Puis, jammer une fois par semaine fait en sorte qu’on a vraiment envie de jouer de nos instruments», suggère Guillaume.

Cette liberté leur permet également de créer de longs morceaux progressifs en ne s’imposant aucunes contraintes. Et on aime ça de même: «En fait le groupe est pour nous un exutoire, on a tous des jobs et il y a des fois où on manque de temps pour faire tout ce qu’on voudrait faire. Un peu tout le monde se sent pris à la gorge un moment donné, mais avec Milanku, ça nous permet de se lâcher et de penser à autre chose», philosophe Hubert.

BIG IN JAPAN

Grâce au pouvoir du Web et de l’accessibilité sans cesse grandissante de la musique, à l’international, un Japonais trippeux de Milanku s’est décidé à signer le groupe montréalais sur son étiquette, Tokyo Jupiter Records.

Le premier album, initialement paru chez d7i Records à Québec, a été réédité pour en faire une version disponible au Japon. Un bon coup pour le band car aux dires de Carl, «on reçoit beaucoup de courriels de petits distributeurs qui sont en Russie et dans l’Europe de l’Est qui nous demandent de leur envoyer nos albums, donc c’est assez surprenant tout ce qui arrive pour quelque chose qui nous est un peu tombé du ciel!»

Cette visibilité permettra à Milanku d’aller faire un tour du côté du pays du soleil levant cette année, selon Carl : «C’est vraiment cool que Kimi investisse de son temps parce qu’il croit en nous et nous donne la chance d’aller jouer dans un pays où on est jamais allé. Pour un groupe qui ne pousse pas vraiment l’aspect marketing, c’est au-delà de nos espérances de pouvoir aller aussi loin avec notre musique». Toujours au cours de 2013, c’est avec fierté que les gars feront paraître un vinyle de Pris à la gorge, avec un nouveau visuel, tout en gardant le même bon contenu. Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, ‘faut croire.

Prochain spectacle de Milanku au Québec, à la Casa del Popolo (Montréal) le 26 avril. Le groupe participera aussi au Pouzza Fest au mois de mai prochain (salle et date à confirmer).

D’ici là, faites-vous l’oreille sur bandcamp ou en cliquant sur l’extrait ci-dessous, «Antalgie» :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

milanku.bandcamp.com

Crédit photo : Thierry Lacasse

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