BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Michel Brûlé : Zappe

Michel Brûlé : Zappe

Patrice Caron
21 janvier 2008

Reconnu comme un homme portant plusieurs chapeaux, dont propriétaire et éditeur de la maison d’édition Les Intouchables, ex-propriétaire de bar, fondateur de l’éphémère magazine web Mir, ardent défenseur de la langue française et tutti quanti. Faisant flèche de tout bois, le coloré «renaissance man» ajoute un autre couvre-chef à sa collection en produisant, réalisant et composant un premier album de… Michel Brûlé.

Caressant cette idée depuis plusieurs années, celui qui fut jadis un fan de MDC (Millions of Dead Cops) n’est pas du genre à laisser ses rêves s’évanouir et a pris les moyens pour réaliser celui de chanter ses mots et de les voir aboutir sur un album. Profitant notamment des moyens que lui ont donnés ses différentes entreprises, Brûlé n’a pas hésité à mettre la somme nécessaire pour que cet album soit de qualité professionnelle. Donc, des noms reconnus comme Daniel Thouin, Jocelyn Therrien, Yves Desrosiers et Gilles Brisebois ont apporté leurs contributions à différents niveaux de la création et de la réalisation de cet album qui, sans révolutionner la chanson québécoise, apporte une certaine fraîcheur et un militantisme brut dans un milieu qui souvent se contente de demeurer dans le consensus. Ce qui n’a jamais été la tasse de thé de Michel Brûlé, on s’en doute.

N’étant pas le prochain Mario Pelchat – il en est bien conscient –, l’homme a privilégié le texte plus que l’interprétation. Il use plutôt d’une technique se rapprochant parfois du slam ou du rock presque industriel, ou de la chanson rock à la Éric Lapointe, le mélo en moins. Mais hormis le style musical, ce sont les textes qui portent cet album et la musique a été choisie pour que ceux-ci aient le meilleur véhicule possible. Textes qui font part des diverses préoccupations de l’auteur, de faits vécus et d’opinions, on y retrouve autre chose que les histoires d’amour classiques, sans non plus se faire servir de la rhétorique aride sur les problèmes de la planète. Majoritairement en français, Brûlé y interprète aussi quelques pièces en russe et en allemand, ainsi qu’un peu d’italien, privilégiant encore le meilleur véhicule pour le texte, ces langues étant, selon lui, les plus évocatrices pour les titres choisis.

Évidemment, l’album paraîtra sur une étiquette mise sur pied par Brûlé, étiquette dont il n’a pas l’intention de pousser au-delà du vecteur pour ses propres projets, et qui sera distribué par DEP. Il rêve, bien sûr, d’en vendre des millions, comme tout le monde, mais ne se fait pas d’illusions pour autant et sans attendre le verdict populaire, il planche déjà sur la suite et travaille sur d’autres projets musicaux d’envergure qui réjouiront ses aficionados et fera sourciller ses détracteurs. Du Michel Brûlé pur et dur.

À suivre sur le panneau publicitaire du pont Jacques-Cartier.

www.michelbrule.com

Pas encore de commentaire.