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Disques

Metallica - Through the Never (Music from the Motion Picture)

Metallica – Through the Never (Music from the Motion Picture)

Yanick Klimbo Tremblay
2 octobre 2013

Metallica
Through the Never (Music from the Motion Picture)
Blackened/Warner

Sortir un film quand tu es au sommet de la chaine alimentaire métallique était probablement une autre des frontières à défoncer pour Metallica, le groupe qui demeure la référence métallisée depuis près de 30 ans sur la planète. Souvent critiqué pour ses choix douteux en ce qui concerne les aventures hors des sentiers qu’il faut considérer réguliers – comme l’expérience excessivement pénible qu’est Lulu avec Lou Reed -, il faut comprendre que le groupe propose ce qu’il veut tout en faisant abstraction des critiques.

Ce film, que je n’avais pas encore vu avant d’écrire cette critique, est présenté en format « grandiose » et a été passé sous le bistouri des géants d’IMAX ce qui fait qu’il est à l’image du groupe : plus grand que nature et en 3 dimensions. L’analyse suivante en est donc une de la trame sonore comme étant un album enregistré en concert, un album live comme on doit le dire dans le jargon et non l’analyse de cet instant magique qui permet d’agglutiner un film et sa musique ensemble, comme The Wall de Pink Floyd par exemple.

À la hauteur de ses moyens, le groupe propose un enregistrement cristallin où le tout résonne comme une dizaine de milliers de canons battant la pétarade à l’unisson. Enregistré au Canada lors de quelques concerts distincts à Edmonton et à Vancouver, le groupe a su piger dans son répertoire de façon globale, probablement pour servir les besoins du long métrage. Le choix des pièces est vigoureux, on demeure dans les chansons les plus enivrantes du groupe comme Battery, Creeping Death, Hit the Lights ou Cyanide. Deux choix demeurent excessivement douteux sur cet enregistrement robuste et nous pouvons donc nous permettre de remettre en question la présence des anesthésiques morceaux que sont The Memory Remains avec sa rengaine aux lamentations redondantes et la chagrinante Nothing Else Matters, servie en trop grande quantité avec les années.

Fait intéressant, lors de la pièce Ride the Lightning, nous pouvons entendre des défaillances du microphone de James Hetfield. L’incident  est demeuré intact sur l’enregistrement. Est-ce pour servir les besoins du film car ce long métrage raconte les tribulations d’un roadie de l’équipe de Metallica qui doit aller régler un « problème » ? Est-ce que le problème en question est un microphone qui ne fonctionne pas à sa pleine capacité ? Où est-ce que le groupe a décidé de laisser cet incident tel quel, question de nous laisser croire qu’aucune session de travail de « retouches » en studio n’a été effectuée ? Autre fait intéressant, la pièce Orion ne semble pas provenir d’un des concerts qui ont servi au film car nous n’entendons aucune réaction de la part de la foule, aucun applaudissement ou autre exclamation d’approbation. Elle sonne plutôt comme un truc enregistré en parallèle, comme dans l’immense local de pratique du groupe. Comme je le disais, je n’ai pas encore vu le film…

Malgré les reproches faciles que l’on peut faire à la voix de James Hetfield maintenant trop moelleuse pour le puriste qui préférait sa gorge criarde noyée dans l’alcool, le manque de vigueur de Lars Ulrich aux percussions qui tape comme ta mémé et les variances dans les solos de Kirk Hammett qui rendent le tout un peu flou pour les guitaristes en herbe, il faut assimiler ce disque comme étant le produit d’une entité métallique encore solide, qui propose toujours des performances enivrantes et qui, malgré les anicroches, se donne toujours en mode sueur et sang pour ses amateurs.

www.metallica.com

4 / 5

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