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Reportages et entrevues

Mauves : voler le charme des moments

Mauves : voler le charme des moments

Éric Samson
19 octobre 2011

J’ai une amie qui s’appelle Mauve. « Maude? » « Non. Mauve. Comme la couleur. » À chaque nouvelle rencontre, elle doit expliquer son prénom.

La première question que j’ai posée aux membres de Mauves a donc été au sujet de leur nom. Pourquoi quatre gars de Limoilou décident de partir un band et de l’appeler Mauves ? « C’est un peu un hommage à Jaune de Ferland, parce que quand on a commencé à composer, au début, on écrivait en anglais. Jaune nous a montré à quel point c’était absurde, aberrant de chanter dans une autre langue que le français », raconte Julien Déry, guitariste et une des deux voix de la formation. L’autre guitariste et chanteur, Alexandre Martel, ajoute : « Musicalement, aussi, Jaune est un des albums formateurs de notre esthétique, avec les albums de Charlebois de l’époque 70’s au Québec et les grands albums pops de la fin des années 60. C’est là que la forme pop a atteint son plein potentiel, si on veut; après ça, on a juste brodé à l’entour. »

Car Mauves est très fort sur le vintage. Le groupe se décrivant comme « Gaston Miron déchiré entre les Beach Boys et The Who », j’ai voulu savoir pourquoi lier Miron à des groupes anglophones. « On voulait clairement s’inscrire dans la mouvance pop-sixties, ou plus seventies au Québec, mais Miron incarne le fait francophone en Amérique, cette québécité et ce rapport nécessaire au territoire, à l’appropriation des routes américaines par le français », dit Alexandre.

Ah, les routes, hein… c’est pour ça, le titre de l’album, Cinéma Plymouth? Un clin d’œil aux vieux chars? « Absolument. Plymouth pour le côté vintage et pour la route, et Cinéma pour le côté pop, mais aussi populaire au sens plus large ». Le groupe a d’ailleurs considéré pendant un temps faire de Cinéma Plymouth un album à deux faces, chacune représentant une partie du titre. Le projet a finalement été scrappé. De toute manière, plusieurs des chansons de Mauves parlent plus de filles que de tacots ou de ciné-parcs. « Ce n’était pas voulu comme ça, c’est juste un thème qui marche bien, dans la pop. On devait être dans ce beat-là, écrire des chansons sur des filles… », note Julien.

Si le groupe – complété par Cédrick Martel (Guitare basse) et Jean-Christophe Bédard-Rubin (Batterie) – se permet un lancement d’album à Québec et un à Montréal, est-ce car il existe une différence entre les scènes émergentes des deux villes? « Le problème à Québec c’est qu’il n’y a à peu près que le Cercle, comme lieu de diffusion, alors tout se passe pas mal là. D’un autre côté, si tu veux voir des nouveaux bands, t’as juste besoin d’aller à un endroit, et t’as jamais de gros dilemme à choisir entre un show ou un autre. On nous a déjà dit qu’on avait le son Montréal… »

Pour découvrir le son Montréal de quatre gars de Limoilou, rendez-vous au Quai des brumes, mardi le 25 octobre, dès 17h. C’est gratuit! Les lecteurs de la Vieille Capitale pourront quant à eux se reprendre au Cercle le lendemain, même heure, même prix.

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