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Reportages et entrevues

Mathématique : Incalculable plaisir

Mathématique : Incalculable plaisir

Julie Ledoux
17 janvier 2013

Originaire de Québec, Pascale Mercier – alias Mathématique – a fait les beaux jours de l’électro des lieux de diffusion émergents de la Vieille Capitale, avant de s’établir à Montréal il y a près de deux ans et de lancer F0rteressen, à l’automne 2012. Retour vers le futur antérieur.

Disons-le d’emblée, il y a quelque chose d’intimidant à rencontrer une jeune artiste de 19 ans qui a atteint une telle maturité dans son domaine artistique. Entre le cégep et la scène, Pascale Mercier poursuit en solo un projet qui connaît une évolution fulgurante depuis ses débuts, en 2008. Mathématique, c’est avant tout le désir de «sortir la fille du band» pour la laisser voler de ses propres ailes. Pascale a donc troqué les baguettes – elle maniait la batterie au sein de jeunes formations lors de ses études secondaires – pour le clavier de son ordinateur; délaissé son band de garage pour Garage Band. «Dès que j’ai commencé ce projet, je ne voulais pas faire de show ou d’album, lance-t-elle avec assurance. C’était la première fois que je faisais de la musique toute seule. En fait, j’étais surtout tannée d’être dans un groupe. Je n’avais eu que des bands, avant. Je voulais vraiment expérimenter toute seule. Finalement, il s’est passé de quoi avec ça, sans le vouloir.»

Et depuis, les sorties et productions s’enchaînent. Deux maxis (Noise pour toi, en 2009, et Tropical Cassette, en 2011) ont été entrecoupés de parutions plus poussées, soit Coeur (2009) et la plus récente, F0rteressen, à l’automne 2012, concrétisée à l’aide du programme Jeunes Volontaires : «Ça m’a permis de payer pour mon album, mais pendant un an, je n’ai pas fait de shows, je n’ai fait que de la composition», précise Pascale.

Ainsi, entre les étés de 2011 et 2012, la demoiselle a tout mis sur la table. «J’ai travaillé très fort. Ça a été très difficile. Surtout quand t’es toute seule, que tu n’as pas de band, c’est difficile de se motiver», admet-elle. «Je pouvais passer un mois sans rien faire et j’étais vraiment down, je me disais «aaah, la musique c’est d’la marde», mais plus intense que ça. Mais je pouvais aussi avoir des remontées, où je faisais deux tounes en une semaine. Tu ne peux pas te dire «ok, là, je compose». On a toujours des up and down. Il n’y a personne pour t’aider ou te donner des idées pour arranger tes morceaux.»

Si les premières parutions de Mathématique faisaient plutôt état du penchant de Pascale pour la musique 8-bit, les récentes productions proposent un son plus organique, laissant même place à la voix de la demoiselle, sur quelques pièces de F0rteressen. «Je ne m’étais jamais dit que j’allais seulement faire de la musique instrumentale. Mes nouvelles tounes étaient plus aptes à ajouter de la voix. J’ai tout composé avant et j’ai ajouté la voix par la suite. Je travaille déjà sur de nouvelles tounes et ça chante tout le temps. Ça prend de l’assurance aussi. Une fois que tu as cette confiance en toi, c’est plus facile», philosophe Mercier avant d’ajouter que «les gens autour [d’elle] étaient vraiment surpris! Mais je sens déjà que ma voix a vraiment changé, que je me suis améliorée. Évidemment, à force de pratiquer…»

Influencée autant par la musique rap – «En ce moment, j’aime vraiment 50 cent! Et depuis deux jours, j’écoute vraiment juste du Riff Raff!» – que par l’électro, Pascale Mercier se targue de ne négliger aucune avenue. «Je suis vraiment ouverte à essayer n’importe quoi. Je ne me soucie pas trop de ce que le monde va en penser», lance-t-elle, enthousiaste.

En plus de ce projet solo qui lui tient tant à coeur, Mercier participe aux performances de son confrère et meilleur ami, Antoine Lahaie – mieux connu sous l’appellation Dresden Dresseset vice versa. Les projets des deux comparses – dont The Life, leur nouvelle collaboration – les motivent même à planifier un voyage-tournée en Europe, à la fin du printemps prochain. «Je veux jouer le plus souvent possible. Bon, pas trop, mais quand c’est du nouveau monde qui ne me connait pas, c’est l’fun. On me dit souvent que ma musique est bonne et que je dégage une bonne énergie; ça doit être normal parce que j’aime ce que je fais!», s’amuse la jeune musicienne. «Avant, ça me préoccupait s’il n’y avait pas de public ou de ventes d’albums, mais c’est vraiment con. Dès que tu te mets à penser comme ça, t’es fini. Fais pas de show, tant qu’à ça. J’ai arrêté de m’en faire avec ça. Quand je n’aurai plus de fun à faire des shows, je ne sais pas ce que je vais faire!»

Et bien avant d’en arriver là, Mercier – toujours avec Lahaie – se rendra à South by Southwest avec l’artiste montréalais Karneef, tout en se produisant elle-même où le vent la mènera, à Austin, en plus de poursuivre sa conquête de la scène musicale québécoise. Le fun n’attend pas.

Écoutez l’extrait «Rings» du second disque de Mathématique, F0rteressen :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

mthmtq.bandcamp.com

Mathématique sera en spectacle ce jeudi 17 janvier, au Cabaret Underworld, avec Dresden Dresses, Velvet Glacier et Puppy, dès 22h. Pascale Mercier accompagnera aussi Dresden Dresses à Ottawa, ce vendredi 18 janvier, pour l’événement Kosmic Gravity.

Photo : Alexandra B. Lefebvre

5 commentaires
  • allo
    20 janvier 2013

    Très bon article! *Photo: Alexandra B. Lefebvre

  • NickAnanas
    20 janvier 2013

    L’album est intéressant, merci BangBang. Il y a toujours un artiste qu’on ne connait pas qui mérite qu’on le connaisse, splendide album.

  • Julie Ledoux
    21 janvier 2013

    Oups! Merci d’avoir noté l’erreur!

  • [...] avec des artistes de la scène locale, notamment un projet avec son amie Pascale Mercier (Mathématique) et un autre intitulé Baal [...]

  • [...] avec des artistes de la scène locale, notamment un projet avec son amie Pascale Mercier (Mathématique) et un autre intitulé Baal Astarté, lisez Marie Mello. [...]

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