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Délirium Plaza

Ma Genèse

Ed Hardcore
5 février 2009

C’est au début des 90’s que j’ai commencé à faire spinner des hits rock dins débits débiles de boisson de la belle Joliette. Mon maigre courricouloume en la matière se résumait à la radio étudiante de mon école secondaire, pis aux nombreux mixtapes* que je compilais dans ma cave. C’est mon chum, le Morin d’Amérique, qui m’a offert mes premières soirées aux platines. Il était, à l’époque, gérant d’un minuscule bar, le Canyon, situé au sous-sol du légendaire Speak Easy, un bar « alternatif » qui avait connu son heure de gloire dins 80’s. C’est le soir du défunt « rallye des bars » organisé par l’asso du cégep que j’ai eu mon baptême de DJ. Juste pour te mettre dans le contexte, je vais t’expliquer en quoi consistait le fameux « rallye des bars » qui, lors de cette édition, se terminait dans la gorge du Canyon. Le rallye était LE happening du carnaval du cégep de Joliette, une sorte de party non-stop qui durait toute la semaine de relâche. Un paquet d’équipes d’étudiants devaient, pendant la journée, parcourir pas mal tous les bars de la bourgade lanaudoise, pis y accomplir des défis fascinants tels que le calage de pichet de bière à la paille, diverses courses à obstacles ponctuées de nombreuses shots de fort, tests de coktails trash à l’aveuglette, &c. Dans ce temps-là, ce genre d’activités décadentes était légal parce qu’on était faite forts, on marchait nus-pieds dans neige pour aller à l’école, pis on se nourrissait de deux kilos de graisse de rôti quotidiennement, c’est pas le cas des djeunes fifs d’aujourd’hui, oh no ! Faque. Cette année-là, après s’être saoulés comme des mongoles, les ados sont débarqués au Canyon pour finir la soirée en « beauté ». Voilà la première crowd ever que j’ai eue à entertainer, une méchante crowd ! La capacité legit du Canyon devait se situer à environ cinquante personnes, on dépassait ça facilement par trois fois. Pis saoule morte en plus ! Quand on est DJ, c’est normal d’avoir affaire à une coupe de personnes qui ont bu plus que leur quota, mais quand la presque totalité de la population a l’estomac au bord des lèvres pis le parler pâteux, c’est plutôt intense. Même demander les Rita Mitsouko peut devenir un exercice laborieux, c’est dire ! Ça sera donc dans ces conditions extrêmes que je n’aurai pas eu le choix de me forger une personnalité de disc-jockey à l’épreuve des balles. Combien de fois j’aurai répondu par « farme ta yeule pis vas te rassir le grand », combien de fois j’aurai hocher « hm-hm » à une spéciale request demandée dans un dialecte que seuls les initiés peuvent déchiffrer. Fuck ! C’était ma première soirée de DJ, faque, n’en déplaise aux fuckin fillettes, je me suis payé la traite**. Les pièces progs des early Genesis pis Pink Floyd ont côtoyé allègrement les Jean Leloup (facile !), Led Zep (encore plus facile !), pis autres Me Mom & Morgentaler (meilleur nom de band ever !). J’ai même été capable de glisser, avec succès, du Ludwig Von 88 pis du Nirvana (je te rappelle qu’on était en région début 90’s, juste avant que le phénomène grounge n’explose à la face du monde tel un bukkake démentiel) sans qu’on ne m’en tienne rigueur. Ç’aura été ça ma première soirée aux commandes d’une console de DJ, dans une cage plus petite que ton garde-robe (je vais reviendre sur cet endroit mystique dans une chronique subséquente), ç’aura été ça ma première expérience de Maître de l’ambiance — une piqûre abominable, violente & totale addictive !

_____________
* Quand je parle de mixtapes, je me réfère pas au terme technique utilisé par les MCs pis les beatmakers, mais bien aux compilations enregistrées sur des cassettes pour écouter dans le char des potes en fumant des battes, ou à donner aux chicks pour lesquelles on a un crush. Aussi, je me défini comme étant un DJ, dans le sens de « metteux de tounes » pas dans celui de mix master, t’sais. J’ai le plus grand respect pour ces artistes qui fabriquent des pièces musicales originales à partir de samplings, qui créent des beats monstres, qui conçoivent leur son propre avec leur artillerie électronique. Chuis un DJ, mais chuis pas DJ. Pour certains, cette précision peut sembler tout à fait inutile, mais c’est par soucis de respect que je tiens quand même à en faire la mention.

** Je sais, chuis au courrant : un DJ travaille pour la clientèle, sa job, c’est que le monde ait du fun, passe une belle soirée, pis boit de la crisse d’alcool jusqu’à p’us soif. JE LE SAIS. Mais vois-tu, j’en étais à ma première veillée, je ne croyais pas le client aussi débile (même sans rallye des bars, le client est débile), faque j’ai pris sur moi de me fier à mon instinct. Ç’a l’air prétentieux comme ça, mais mon instinct, quoique discutable chez la communauté fag (je parle pas d’homosexuels icitte), est juste, précis & impeccable.

http://hardcorettes.blogspot.com

5 commentaires
  • punk rod
    5 février 2009

    je sais que tu t’en fous mais je tiens a te dire que t’écris vraiment bien. sans joke…

  • Ed.Hardcore
    7 février 2009

    Contrairement à ce que tu penses, je me crisse pas de tels commentaires. Ça me sauve la vie.

    Ce que je me crisse : la paix dans le monde, sauver la planète pis l’humanité, les hipsters, les chicks qui savent pas fourrer, pis ultimement, je me crisse de ma gueule.

    Merci man ! Ça m’a permis de revoir mes priorités.

  • Leonardo Calcagno
    8 février 2009

    xaxaxaxa.. on doit tellement aller boire pis se raconter des histoires xxx

  • punk rod
    8 février 2009

    Y a pas de quoi ed, tout le plaisir est pour moi. juste abandonne pas, continue d’écrire.

  • Chani
    19 mars 2009

    Y’a rien qui peut accoter le feeling de jouer les DJ égoïstes. Les demandes spéciales, ça fait débander. Pis j’ai même pas de queue, c’est ben pour dire…

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