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Reportages et entrevues

Little Scream : loin dans l’espace

Little Scream : loin dans l’espace

Julie Ledoux
10 mars 2011

Encensée par la critique depuis quelques années, Laurel Sprengelmeyer, alias Little Scream, lance son premier album complet, The Golden Record sous l’étiquette Secretly Canadian.

Originaire du Midwest américain, Little Scream a vite été initiée à la musique par ses parents : « Quand j’étais petite, mon père écoutait beaucoup de Velvet Underground et de la musique plutôt expérimentale comme ça. Bien sûr, quand j’ai commencé à jouer de la guitare, j’ai dû me fier à la musique que j’entendais dans le Midwest qui était plutôt du hard rock à la Aerosmith ou Led Zeppelin! » Ces influences ont ainsi forgé le style « screamo » de Laurel Sprengelmeyer.

Ainsi, la famille et la musique ont toujours conservé une place de choix dans le monde de Little Scream, et son alias n’est pas sans rappeler la complicité avec sa petite sœur Lily : « C’est un nom qui s’est imposé naturellement. Il y a beaucoup de groupes et d’artistes qui prennent un temps fou pour décider de leur nom de scène. Pour moi, c’était simple. Ma sœur et moi avons toujours créé de nouveaux noms de groupes quand nous nous rencontrions pour jouer de la musique. C’était toujours « Big » ceci, « Little » cela (Big Unit, Little Leaf). Ma sœur a participé à la création originale d’au moins une ou deux chansons sur cet album. J’aimerais vraiment qu’elle participe à la tournée qui approche. Nous avons souvent joué ensemble et il n’est pas dit que nous ne le referons pas. »

Une contribution qui saura bien compléter celle déjà bien implantée entre Little Scream et Richard Reed Parry (Arcade Fire, Bell Orchestre), de même qu’avec la pléthore de musiciens qui ont mis leur grain de sel dans la soupe de ce Golden Record : « Ce n’est pas difficile pour moi d’accepter le regard des autres sur mes compositions. J’utilise beaucoup d’instruments et je n’ai pas le choix d’obtenir l’aide des musiciens qui m’accompagnent. Je crois que j’aime avoir l’avis des autres, mais seulement après un certain moment. Je dois déjà avoir une idée, une bonne base de ce que je veux pour ma chanson, avant d’aller vers les autres, sinon je crois que ça n’aurait pas de sens. »

Enfin, tous ces arrangements, coups de main et coups de partitions ont permis de forger un album où le folk flirte avec l’expérimental psychédélique et même l’americana. Un mélange qui sied bien à tous les efforts qu’y a mis Sprengelmeyer : « Quand les médias et le public ont commencé à me connaître un peu plus, beaucoup de gens me disaient « Il faut vraiment que tu sortes un album, que tu fasses connaître ta musique tout de suite, il faut en profiter!  » J’ai complètement rejeté cette idée et la pression dès le départ. Je voulais vraiment prendre mon temps pour faire un album duquel je serais satisfaite, pas seulement quelque chose vite fait. Maintenant, je suis contente et j’ai hâte de le faire connaître! [...] La production a pris plus de temps que prévu. En fait, plus de temps que je ne l’avais prévu. Je croyais que ça pourrait se faire en trois mois et finalement, ça nous a pris un an et demi! »

Inspiré de l’histoire du Voyager Golden Record, le titre de l’album de Little Scream représente bien cette fabuleuse aventure. « Il s’agit d’une très belle histoire », selon Sprengelmeyer : ce disque d’or qui contient des sons et images de la vie et de la culture sur Terre fut embarqué à bord des sondes spatiales Voyager, en 1977, et est destiné à d’éventuels êtres extraterrestres.

Si Little Scream n’est pas issue d’une autre planète, elle s’en forge une bien à elle avec The Golden Record : un peu aérien dans la voix, définitivement collectif dans les arrangements, mais malgré tout, résolument intimiste.

Little Scream fera la première partie de Plants & Animals le 11 mars au National et sera de la partie à SXSW quelques jours plus tard. L’album est disponible en version numérique, mais il faudra attendre au 12 avril pour obtenir un exemplaire physique.
littlescream.com

Photo: Rachel Granovsky
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