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Reportages et entrevues

L'Indice : L'homme multi

L’Indice : L’homme multi

Marie Mello
31 octobre 2012

Derrière L’Indice, il y a un créateur ultrapolyvalent : Vincent Blain. Fin prêt à jouer au Coup de cœur francophone, il nous parle d’Une meilleure personne, nouvel album qu’il a conçu en solo. Discussion sous le signe de la croissance personnelle, le jour de son anniversaire.

Deux ans après Le bonheur, premier album complet qui rassemblait quatre EP, Vincent Blain a voulu travailler différemment. En spectacle, ses chansons pop à couches multiples n’étaient pas toujours faciles à transposer simplement. «Cette fois-ci, disons que je voulais être certain que chaque chanson puisse être jouée dans un party de Noël!», explique en riant le compositeur, multi-instrumentiste, arrangeur et réalisateur. «Avant, je construisais les tracks avec mon ordinateur comme un casse-tête, pièce par pièce. Ça pouvait donner de bonnes chansons, mais sans mon band je n’étais pas capable de les jouer toutes.» Pour créer Une meilleure personne, il est donc revenu à l’essentiel : toutes les pistes ont été conçues de la même manière, avec une base guitare-voix, avant d’être étoffées et bien garnies de batterie et de basse, de chœurs et de sons exploratoires, électroniques ou organiques.

Dur de prendre du recul quand on fait tout soi-même? «Je suis un être quand même assez angoissé et je doute toujours, mais je pense que c’est une bonne chose!» Pour profiter d’une «oreille neuve» sur ses nouvelles créations, il a fait appel au mixeur Jean-Philippe Villemure : «Je n’avais jamais laissé mes chansons à quelqu’un d’autre. Je suis un peu control freak là-dessus! Ça a fait ressortir des choses différentes.» Le résultat : un court album (sept chansons et une instrumentale) lancé mi-octobre en version numérique seulement, même si un «livret sans CD» signé Gabrielle Laïla Tittley est disponible. C’est aussi la première fois que L’Indice compte sur l’appui d’un label : Poulet Neige (Simon Kingsbury, Ralf Wiggum…).

À peine lancées, les compositions d’Une meilleure personne ont été simplifiées pour être interprétées live en formule trio : «À 3 musiciens, si les chansons fonctionnent et les arrangements sont efficaces, ça peut être aussi bon que quand t’es 10 sur le stage!» Enthousiaste, il parle des versions remaniées qui seront offertes au prochain spectacle, dont celle de «Panthère» («avec un beat de drum assez dark, un peu dans la vibe du dernier Portishead»), ou encore de l’expérience intime de jouer «Tu chantes pour les autres», seul à la guitare, au lancement : «C’était le silence. Je pouvais entendre le frigidaire du Quai des brumes. C’est la première toune que j’assume guitare-voix sur un album de L’Indice.»

Intimiste, l’album parle d’amour, en peu de mots. «J’ai écrit pendant que j’étais en peine d’amour… Les paroles sont assez simplistes et naïves.» Naïves? «Les textes sont là pour appuyer la musique, l’émotion. Par exemple, dire « Si c’est ça l’amour/J’en veux pour toujours » [NDLR : le refrain du premier extrait], c’est quétaine. Mais quand tu l’écoutes avec les arrangements et que c’est intègre, ce n’est plus quétaine. C’est pour ça que je dis que c’est naïf. J’ai souvent chanté des peines d’amour et la mort, mais je n’ai jamais été une personne triste ou défaitiste… J’ai eu de la peine et j’ai fait de la peine sauf qu’il faut continuer à avancer, faire les choses autrement et devenir une meilleure personne. J’aspire à devenir une meilleure personne.»

L’Indice
Une meilleure personne
(Poulet Neige)

lindice.bandcamp.com

En spectacle le 1er novembre à l’Esco, dans le cadre du festival Coup de cœur francophone, avec Gustafson.

Image : Gabrielle Laïla Tittley

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