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Reportages et entrevues

Les Pas Perdus : Loin d’être dans la brume

Les Pas Perdus : Loin d’être dans la brume

Valerie Thérien
16 juin 2009

À 1366 kilomètres, soit à 17 heures 15 minutes de route de Montréal, se situe les Pas Perdus, sur le chemin Principal de Cap-aux-Meules, aux Îles de la Madeleine. Cette auberge, fort appréciée dans ce coin de pays, a toujours eu pour mandat d’accueillir et de célébrer la culture. Grâce à son charme indéniable (la beauté des Îles ne nuit certainement pas), des artistes comme Ariane Moffatt et Karkwa y reviennent année après année, passent le mot et voilà comment la salle est devenue incontournable. Portrait d’un lieu de diffusion qui vaut le détour.

Au départ, les Pas Perdus étaient un tout-en-un : auberge, bistro et salle de spectacles. En 2006, les propriétaires ont dû faire l’acquisition d’une salle adjacente puisque la gestion en était devenue assez complexe. « Les spectacles qu’on produisait le soir nuisaient à ceux qui venaient manger. On leur enlevait la table pour laisser la place à Mononc’ Serge! », raconte « Bob » Bourassa, un Montréalais d’origine qui dirige les Pas Perdus depuis 2000 en compagnie de trois Madelinots.

Tout le monde en profite
Alors que les locaux peuvent profiter d’activités culturelles, les gros noms de la programmation sont invités en saison touristique, de juin à septembre. Bob explique toutefois qu’ils veulent également s’assurer de proposer des artistes plus alternatifs aux Madelinots. « On reçoit Patrick Watson cette année, par exemple. Les gens écoutent un peu Radio-Canada ici, mais ils ne le connaissent pas vraiment. On fait donc un peu d’éducation. »

Même avec une palette impressionnante d’artistes (Antoine Gratton, Loco Locass, Daniel Bélanger, Band de garage, etc.), les spectacles aux Pas Perdus ne coûtent jamais au-delà de 20 dollars. Cette démarche semble favoriser tout le monde puisque la salle de 178 personnes est souvent à ras bord durant la saison chaude. De plus, les proprios n’ont plus à courir après les artistes. À présent, plusieurs artistes proposent de se produire là-bas, même pour un plus petit cachet.

L’appui des artistes
Creature, quatuor pop-rock de Montréal, ne veut pas manquer une année sans aller aux Pas Perdus, tant l’expérience a été valorisante lors de leur passage en 2008. « On a vécu l’expérience la plus incroyable de notre été aux Pas Perdus, confie CowBella. Le staff nous a accueilli très amicalement. La salle et le stage sont parfaitement agencés. On réussit à avoir un bon contact avec le public». Pour sa part, Marie-Pierre Arthur a tellement aimé son expérience aux Îles lors de son passage avec Ariane Moffatt, qu’elle y retourne en solo cette année.

Après 10 ans, Bob croit qu’il est grand temps de tenter de profiter de l’appui des artistes et du public pour les Pas Perdus. « On mériterait des subventions pour tout ce qu’on fait. On aimerait améliorer le côté technique de la salle. Si on organise un festival ou une semaine culturelle, on serait en mesure d’avoir de l’aide financière, je crois.»

Alors qu’on nous annonçait récemment la fermeture d’une autre salle phare régionale, le Crapet-Soleil de l’Isle aux coudres, les Pas Perdus, eux, semblent bien garder le cap. Longue vie!

Programmation complète et informations au www.pasperdus.com.

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CHRONIQUES

L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
26 août 2010

L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.

« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.