BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Les Ducs du Hasard persistent et signent

Les Ducs du Hasard persistent et signent

Cassandre Caron
25 septembre 2012

Actifs dans le milieu du hip-hop québécois depuis plus d’une quinzaine d’années au sein de formations majeures telles que Traumaturges, Atach Tatuq et Payz Play, les M.C. RU et Arnak revenaient à la charge, à l’aube de l’été, avec un premier EP, Égal ou supérieur à, sous le nom des Ducs du hasard.

S’il croyait avoir fait son temps sur scène et tiré sa révérence avec la dissolution de Payz Play, RU ne s’est jamais dissocié de sa passion pour la musique et, à temps perdu, laissait aller sa créativité dans la production de pièces solos en tant que Double D.

Il sollicita plus tard la participation d’Arnak pour quelques titres et, de fil en aiguille, le tandem se remit en selle et officialisa sa collaboration. «C’est à ce moment-là qu’on a pris une nouvelle direction. Les décisions étaient plus partagées au niveau des beats. RU m’a impliqué un peu plus dans la production, même si c’est lui qui fait les arrangements, la production et le mix. On a trouvé notre ligne directrice. C’était moins une dictature…», raconte Arnak en rigolant.

Ils devinrent donc Les Ducs du hasard, une allusion à la série télévisée, mais aussi un hommage à ce que les deux protagonistes de l’émission évoquent, et ce à quoi nos deux bad boys s’identifient formellement: «Les moteurs, tout ce qui est dérape, l’alcool… Les Ducs du hasard, ce sont de bons gars un peu crasses, borderline légaux, qui sont en probation, font de l’alcool et se sauvent de la police… C’est un peu moi et Arnak. On n’est pas des gangsters, on n’est pas des mauvais gars, mais on brise un peu les lois. Habituellement, les gens sont contents de passer une soirée avec nous… Mais on n’est pas legit et on n’est pas très légal. C’est ça, Les Ducs du hasard: des crimes sans victimes», philosophe RU.

Leur ligne directrice, c’est le dubslap, terme de leur cru servant à catégoriser leur style musical. «Il y a dans notre musique beaucoup de délais empruntés au dub, beaucoup de wobble bass. Je tripais un peu sur le dubstep dans ce temps-là», s’amuse RU. Le côté slap est amené au sein des Ducs par Arnak, adepte de ce style de hip-hop de San Francisco. «Le slap, c’est le bruit que fait ton coffre de voiture à chaque coup de basse», souligne-t-il.

C’est en écoutant les huit titres de leur premier EP paru en juin dernier, Égal ou supérieur à, qu’on comprend comment leurs influences musicales respectives s’unissent pour donner une couleur unique à leur musique. Des bruits virils de moteur et de tronçonneuse, des beats lourds et gras, des jeux de mots pas toujours politically correct… On retrouve avec bonheur le franc-parler des M.C., accompagné d’une trame sonore actuelle et rafraîchissante.

Comme il est difficile pour le duo de concilier vie professionnelle et familiale avec les activités artistiques, ils prévoient de plancher plus sérieusement sur de nouveaux enregistrements cet hiver. Qu’à cela ne tienne, ce qui semblait n’être qu’un projet de pur divertissement semble gagner de plus en plus de terrain dans le cœur des deux hommes: «Le succès d’estime qu’on est en train d’avoir avec Les Ducs du hasard – parce que c’est un succès d’estime –, ça me pousse à passer plus de temps là-dessus. C’est de la reconnaissance et moi, j’ai soif de ça!» se confie RU.

lesducsduhasard.com

Photo : José Montes Enrique Hernandez

Un commentaire Laisser un commentaire

iweb