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L'abominable homme des consEst pittoresque tout ce qui est accidenté – Roland Barthes De passage à Montréal le 10 novembre pour une courte visite, Son Altesse royale le prince Charles Philip Arthur George a pu goûter à quelques saveurs culturelles locales tout en appréciant notre talent marqué pour le divertissement de masse. Le premier ministre du Québec lui a remis un coffret contenant une dizaine de films Québécois. On ignore lesquels exactement, sauf pour La grande séduction, film préféré de Jean Charest à ce qu’on dit, ainsi que quelques autres : Le déclin de l’empire américain, C.R.A.Z.Y. et Polytechnique. Le prince a ensuite visité le centre d’entraînement du Cirque du Soleil où des acrobates ont fait quelques pirouettes. Un peu plus tard, il a profité d’une visite au Biodôme pour discuter environnement quelques secondes avec le maire Tremblay. Il faut dire que Charles a aussi sa fondation vouée à l’écologie, la Pince’s Fundation. Charles est un chic type. Un peu comme les Cowboys Fringants, mais en plus sec. Plus tard, à la faveur de la pénombre de fin d’après-midi (une autre de nos spécialités locales), on a présenté au prince une reconstitution commémorative du samedi de la matraque. « Vaut mieux attendre qu’il fasse un peu plus noir votre Majesté, les éclairages sont alors splendides.» Il est donc arrivé un peu plus tard, juste à temps pour l’action. «Vous voyez, c’était un peu comme ça à l’époque. Mais là, ce sont des figurants. Autrefois, ils se battaient pour vrai, on frappait plus fort, et on arrêtait tout le monde.»
On a donc continué le spectacle sans Charles. Ceux qui prenaient part à la reconstitution se sont consolés comme ils pouvaient, mais l’ambiance n’y était plus. C’est toujours le risque lorsqu’on tente de réanimer des événements de l’histoire : des acteurs qui font semblant de se battre, aussi bon soient-ils, n’ont jamais le même réalisme que ceux qui reçoivent vraiment des coups.. Mario Beaulieu de la SSJB portait bien son costume de petit-pépère-des-peuples qui lui va à merveille, quelques bons figurants criaient « nous vaincrons » et « démocratie » avec presque l’air d’y croire. Il y avait bien l’autre aussi, dont j’oublie le nom, qu’on a vu dans quelques épisodes cette année, vous voyez qui je veux dire ? … En tout cas, ça me reviendra… - T’es juste cynique le gros. Facile de tourner au ridicule ceux qui se tiennent debout fièrement pour le Québec alors que tu te pognes le cul dans ton potager. Effectivement… C’est facile. J’avais prévu le coup. Mais justement, la « démocratie » que ces zélotes d’occasion revendiquent tant, ça, ce n’est pas facile. C’est complexe et laborieux. Il faut discuter avec des gens qui ne pensent pas comme nous, les convaincre, renoncer d’autres fois à ses propres convictions. La démocratie, c’est un compromis… Pas facile je vous dis… Surtout quand la volonté générale ne s’exprime qu’à moitié, au point où le désintérêt et le cynisme caractérisent l’opinion d’une écrasante majorité silencieuse. Chacun peut désormais dire « l’État, c’est moi », version individualiste post-moderne d’une dictature monarchique des volontés particulières. « L’État c’est moi ». C’est ce que chacun proclame au fond en criant « démocratie » sur le coin d’un trottoir. « L’état c’est moi et les vingt-sept amis de mon club », toujours au nom de tous, du peuple souverain « uni qui jamais ne sera vaincu » comme on le scande en guise d’incantation. En résulte une sorte de transe où les chamans idéologiques y vont de leurs formules magiques criées dans un porte-voix. Tous alors ne font plus qu’un, unis dans une expérience mystique : l’État, c’est nous ! En tout cas, on le croit. Mais si je m’arrête quelques secondes à me demander ce que peut bien vouloir le citoyen souverain, j’en viens assez rapidement à la conclusion qu’il vaut mieux pour lui jouer à la pétanque que d’écouter ces sornettes où se chamaillent des princes qui portent des bérets à ponpons et des aspirants révolutionnaires qui invitent leurs copains à des manifs comme on fait du parachute entre amis. Chacun son hobby dans le fond. L’état c’est qui tu veux dude… Entre ça et jouer au curling… Go habs go, Majesty go home, à chacun son sport. Tut tut tut. N’allez pas croire que je suis un méchant de droite collabo des forces constabulaires ! Je dois avouer un plaisir coupable : j’adore ce genre de spectacle. Ce n’est pas en soi inintéressant. On croirait presque à une chorégraphie répétée dans les moindres détails, avec le metteur en scène qui crie dans le porte-voix : « allez, on se place comme ça… vous dans le coin, criez ‘Nous Vaincrons’! », « C’est bien! Vous êtes parfaits. On continue! ». Un anthropologue du futur qui observerait la scène y verrait probablement une sorte de tradition millénaire, une manière de rituel lors duquel on refait les gestes appris des anciens. C’est peut-être de cela dont il est question, au fond, quelque chose comme un folklore, une tradition, un peu comme une chanson à répondre : même si on ne la sait pas, on peut la chanter. Le port du kilt et du béret est peut être pour les membres de la famille royale ce que le lancer des œuf et les cris de ralliement sont pour les franges nationalistes les plus « traditionalistes », un déguisement pour les grandes occasions. Et moi qui croyais que j’allais m’ennuyer de 110%!
10 commentaires
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CHRONIQUES
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13 novembre 2009
Désolé mais vous avez tout faux. Venez nous visiter dans Vigile.net
Or, pour les Québécois d’expression française, le pays, c’est une abstraction. Nous vivons réellement dans une colonie britannique depuis 250 ans! Quand nous nous dressons pour revendiquer notre différence, nous ne sommes, aux yeux du pays qui nous délivre un passeport, que des RÉSISTANTS…
Nous pouvons lire sur la presse britannique ce matin un reportage de notre « accueil » au Prince devant les Black Watch :
Daily Express | UK News :: Protesters bring chaos to Charles and Camilla’s Canada tour
On peut y lire les commentaires du public, tous méprisants. Se gaussent : « Ces gens parlent français dans un pays anglais, conquis sur les Plaines d’Abraham ; Make sure the brain in engaged before putting the mouth in fonction », éructent-ils.
Si ça nous met en colère, ça doit aussi jeter de la lumière sur notre action. Le régime fait mine d’accepter dans ses parlements des représentants de cette minorité, mais elle exerce tous ses pouvoirs de bâillon, comme il le fit dès l’Union, dès notre ancêtre Papineau et ses 92 résolutions qui réclamaient représentation égale à la taxation. On sait comment on traita les Patriotes. La même menace plane toujours sur les élus de complaisance. À la longue, le peuple laborieux finit par en prendre son parti et se replie ou s’assimile.
La tâche du RRQ est donc de rappeler à ceux qui ne veulent pas se coucher qu’il y a un autre moyen de s’exprimer. L’action massive. Le régime ne nous laissera rien d’autre que ce que nous prendrons par notre action populaire. Si nous avons compris que le vote est inutile, nous devons comprendre que la désobéissance aux ordres est à notre portée. Devant les Black Watch, nous avons fait la preuve que la résistance pacifique de 300 Québécois insoumis peut enrayer l’engrenage de la Couronne britannique. Imaginez que le peuple ait vu ça à la télé… que ça leur donne des idées…la boule de neige, on connaît… Pour plus d’info, amenons des voisins aux exposés de lundi prochain (Musée pour rire) à propos de la récente agression de la Cour Suprême Royale sur notre langue. Nourriture pour l’esprit en attendant la prochaine invitation du RRQ : 500 Québécois dans la rue ?
13 novembre 2009
Si nous avons compris que le vote est inutile, nous devons comprendre que la désobéissance aux ordres est à notre portée. -Ouhgo
Bonjour les valeurs démocratiques, les résultats négatifs à 2 referendums ne font pas de l’exercice démocratique un exercice inutile, au contraire, ca nous donne l’heure juste sur la volonté de notre société qui malheureusement ne colle pas avec le discour du RRQ.
Il y a une différence entre manifester et rentrer dans le lard de la police. Ca donne quand même un bon show télé mais c’est aussi crissement inutile by the way.
On s’en calisse-tu de ce que peut écrire un journal britannique, c’est notre problême si la majorité embrasse le cul de la reine.
A mon avis, le prince Charles y passe de la dope..
13 novembre 2009
Et voilà comment légitimer l’oppression coloniale bicentenaire, l’absurde symbolique, le gaspillage de fonds publics par le cynisme. “Ceux qui nous oppriment nous font chier, ceux qui se battent contre ne représentent personne et ressemblent à des caricatures” Lâche toi le nombril bonhomme, tu sonnes comme Pratte, Dubuc, Samuel Huntington, Bernard-Henry Lévy.
13 novembre 2009
J’insiste : “en attendant la prochaine invitation du RRQ : 500 Québécois dans la rue ?… que le peuple verra à la télé… que ça sèmera encore plus d’idées…”
… des idées à ceux qui croient que:
“Bonjour les valeurs démocratiques, les résultats négatifs à 2 referendums ne font pas de l’exercice démocratique un exercice inutile, au contraire, ça nous donne l’heure juste sur la volonté de notre société…”
Il faut leur rappeler patiemment, que ces consultations populaires ont été faussées justement par des gens peu scrupuleux des “valeurs démocratiques”. L’argent, ce fut les débordements des règles de dépenses référendaires, les “love-in” la “guerre” de Guitté, Pelletier, Chrétien contre le Québec, de leur propre aveu à Gomery. Des votes ethniques illégitimes, ce sont les “canadianisations” à la vapeur juste avant le vote, la ghettoïsation du vote des Anglo du West Island et des Allos fidélisés par leur récent serment d’allégeance à la Reine en plus de nos propres concitoyens achetés grassement par des postes de fouetteurs déguisés en députés et ministres “démocratiquement” corrompus au service du conquérant.
S’il faut parler de principes, des belles valeurs démocratiques du vote, il faut regarder des deux côtés de la rue avant de traverser. Si monsieur croit que les enveloppes brunes ne déterminent pas le gagnant…il manque d’information. Faut pas s’en tenir à Gesca de Desmarais qui fait élire qui il veut, même Sarkozy. Il ne faut plus compter sur la démocratie des consultations populaires au Québec: les dés sont pipés. La démocratie, par définition, c’est la voie du peuple, sans les filtres des empires. Tous les peuples se sont libérés par la pression de la masse dans la rue. Ce n’est donc qu’un début.
13 novembre 2009
Quand je pense que le Dalai-Lama n’a même pas recu un disque de Pierre Lapointe ou de Coeur de pirate.
Font chier les anglais.
14 novembre 2009
Gringolo a dit : Lâche toi le nombril bonhomme, tu sonnes comme Pratte, Dubuc, Samuel Huntington, Bernard-Henry Lévy.
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Ah ah! Samuel Huntington! Super ça! Première fois que je l’entends celle-là. J’inscris ça sur la liste!
S.
15 novembre 2009
Ca fera 220 ans cette année que les français ont slicé les têtes par la méthode la plus propre de l’époque soit celle du docteur Guiollotin. Quel charme celui-ci qui donna en quelque sorte tout le terrain à monsieur Poubelle qui lui aussi a définit la pertinence de son passage dans l’histoire de France en voulant seulement éponger les marques grotestes et fatalistes et ceux qui ont forgés l’histoire avant lui.
Un peu comme si le Slap-shop aurait du apparaitre avant le Sham-wow en pub télé you know!
15 novembre 2009
Je suis toujours dans le sujet moi-là?
15 novembre 2009
Le site c’est bangbangblog.com. PARLE-MOUÉ D’ALFA ROCOCO OU PARLE-MOUÉ PAS!
Bisous, Péloquin qui se sentait seul à Sorel à 3h du mat’.
19 novembre 2009
Trêve de railleries et de moqueries, j’aimerais répondre un peu à Ouhgo.
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Ouhgo dit : “Désolé mais vous avez tout faux. Venez nous visiter dans Vigile.net”
J’ai peut-être tout faux, ça demeure une possibilité. Ça m’arrive parfois. Mais je vois mal en quoi une visite sur Vigile pourrait être considéré comme un éventuel remède.
Il me semble en tout cas que, loin de démontrer que j’ai tout faux, ta réponse ne fait qu’illustrer assez bien mon point de vue.
Passons sur les propos désobligeants que l’on peut trouver dans les commentaires d’un journal en ligne. Je pourrais citer des dizaines de commentaires revanchards et idiots de purzédurs à l’endroit des anglo-saxons. Cette recette est la spécialité des apôtres de Patrick Bourgeois qui lui-même a choisi la sémantique de la confrontation et de l’insulte. Ces insultes vous mettent en colère? Mais mon cher ami, la colère est le carburant de votre idéologie.
Mais plus important, tu as écrit : “Si nous avons compris que le vote est inutile, nous devons comprendre que la désobéissance aux ordres est à notre portée.”
Voilà où, je crois, tu ne fais que confirmer que je suis loin d’avoir tout faux -ou que tu n’as simplement pas compris ce dont il est question ici.
La démocratie ne souffre pas simplement de magouilles financières et électoralistes. Tu sembles déduire que si votre opinion ne remporte pas les suffrages, c’est que les dés sont pipés. Il peut y avoir de cela, certes, mais plus encore, et plus profondément, la grande carence du processus démocratique, c’est l’expression de la volonté générale. 50% des citoyens n’en ont rien à branler, ou font comme si. Ça, ce n’est pas la faute de Desmarais ou de Charles.
L’erreur ici serait de conclure que seuls les politiciens élus sont l’objet du cynisme ambiant. C’est poser un mauvais diagnostic ; le cynisme et généralisé et s’adresse tout autant aux groupuscules sortis d’on ne sait trop où qui s’improvisent défenseurs des intérêts du peuple.
C’est dans cette sorte de zone grise démocratique que ces groupuscules puisent leur légitimité autoproclamée. On interprète ainsi le mutisme de la population comme une approbation et un consentement.
Comme si, entre voter et désobéir (à quels ordres au juste???) il n’y avait rien…
@+
S.