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Le petit tavernier

Fermont Rocks

Sunny Duval
5 février 2009

en collaboration différée avec Honky Tonk Vicky

En cette ville où la température atteint les –50 degrés l’hiver, j’ai eu la chance d’aller donner un spectacle.

Située dans le Nord-Est Québécois, Fermont est une ville sympa qu’on peut rejoindre après quelques heures d’avion. Ou seize heures d’auto. À l’aéroport de Québec, on prend place à bord de ce que je nommerai un «p’tit coucou», avec au total 7 places. Je suis assis à côté du pilote. Pas peur du tout. Escale à Sept-Îles pour mettre d’autre carburant. «Mais pas trop, l’avion doit être léger. Y’a pas de raison de s’inquiéter, 15 fois j’ai atterri dans le bois pasqu’un moteur marchait pus.» Gulp! On approche de l’aéroport de Wabush, Terre-Neuve. On voit estie-rien mais c’est pas grave, le pilote regarde même pas dehors, il fait juste peser sur des pitons pis parler dans son casque. À un moment il me crie : «On va atterrir de côté!» Je dis : «Haha, good one captain!» Sauf que lui il niaise pas. La piste approche, on vole tout croche, et à la dernière seconde, il ramène l’avion et on touche la piste. Je suis comme humide sous les bras.

Camionnette jusqu’à Fermont. «Le Mur» apparaît. C’est une immense structure qui protège le village des vents trop froids, et qui contient l’école, la pharmacie, la salle de spectacle, deux bars, et ma chambre d’hôtel, à la décoration probablement intouchée depuis les années ’70. Stucco blanc et rideaux rouges transparents. Ça donne le goût de se coller. Comme l’allée de quilles, couleur lilas.

On mange à la brasserie, qui est un des deux bars. J’adore les patates pilées, ça tombe bien. Ça fait un bon fond pour le spectacle. Les gens sont vraiment cools. Ils sont très contents d’avoir de la visite musicale.

Une fois que tout est terminé je file au bar, je veux pas manquer ça. La Fer-Tek est l’autre place de divertissement, celle où tout le monde va le soir, hommes et femmes. Ah oui, y’a une prime d’éloignement : des danseuses. Leurs noms sont annoncés sur le babillard-sandwich dans le couloir. Du dimanche au mardi, Nancy et Maria. Le reste de la semaine, Anita et Josée. Fameux, on est mardi. Arrive sur scène Maria, latinaude aux cheveux platine, tatous de papillons dans le dos et grosse couverte en léopard, faux seins et bronzage en maillot = deux triangles de peau blanche sur fond orange. (Où est passé le troisième triangle, celui des Bermudes?) Elle danse devant le miroir sale en s’agrippant au poteau pas luisant, au son de nu-métal poche. Les quelques amateurs d’action au bar applaudissent pas fort, mais c’est correct, les filles dansent pas fort non plus. Pis le fort coûte $6,50 la shot! Je préfère siroter ma grosse Poors Light à $7,50. Les coûts de transport, faut croire.

Le plus drôle fut de croiser les danseuses endormies le lendemain midi dans le lobby de l’hôtel. La camionette qui devait les ramener a eu un bris mécanique! Et on a croisé le nouvel arrivage de filles, vraiment moins trash, mais on repartait nous aussi.

Fermont Rocks, définitivement!
sunny@lesbreastfeeders.ca

Un commentaire
  • [...] Mais là, dans sa chronique du mois de l’amour, il cause de Fermont. Dans son verbe unique, évidemment. Divertissant, je vous invite à lire ça icitte. [...]

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