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Le petit tavernierTennessee, me voici. Ce fut une longue journée de route, le petit Tavernier a hâte d’aller se promener et écouter de la musique locale. Il a aussi une grande soif. Deux jours de route les fenêtres ouvertes au vent chaud, à partir de Montréal, à la fin août, ça déshydrate. Planet et moi déposons nos sacs et nous enregistrons au Music City Hostel. Ça coûte 25$ par personne par nuit, ce qui nous donne chacun un lit, dans une chambre avec deux lits superposés. Sous le mien, y’a la couchette du gars avec une longue barbe, qui étudie sa religion je crois, et/ou qui est en voyage initiatique personnel. Sur la petite commode entre les lits il y a sa copie du livre « Bilbo le hobbit », et sur le mur à côté de sa couchette, quelques photocopies d’images de rabbins. Ça doit le garder concentré, ce garçon. Ou peut-être que ç’a un lien avec un règlement de l’auberge : en gros les occupants ne doivent pas s’engager dans des activités sexuelles, sous peine d’expulsion. Ah! Déjà que plusieurs panneaux parlent de religion le long de l’autoroute. Ça doit pas être suffisant pour calmer toutes les ardeurs. En tout cas. Un résident sympathique, qui vient ici depuis quelques années, nous guide vers Broadway, la rue touristique où sont les bars musicaux principaux. Le tronçon de rue me semble pas super long, mais y’a quand même assez de matière à explorer, pour des gens qui sont de passage une seule nuit. Y’a plein de néons et d’enseignes de bars en néon, j’adore. On va chez Robert’s Western World. Un bon groupe joue de la musique (country, oui), que j’apprécie avec une belle bouteille de bière Yuengling à 5$. Pour les Etats-Unis c’est pas donné, mais comme partout ailleurs, le spectacle est gratuit, vu que les gens se promènent d’une place à l’autre, sans doute. Il y a un tip jar, pour les pourboires destinés à l’orchestre, devant la scène. Sinon le guitariste se promène dans la salle avec ladite jar, pour nous encourager à donner généreusement. Autre trait commun aux bars, aux Etats-Unis en général : les murs sont tous couverts de quelque chose, photos, images, posters, billets d’un dollar, etc. Ici, y’a des étagères avec des « fausses » bottes de cowboys, en vinyle probablement. Il y a une bonne centaine de paires, que l’on peut admirer en respirant l’odeur de friture ambiante, et celle des cigarettes, vendues et/ou fumées sur place. On écoute quelques chansons, le temps d’une bière en fait, donc peu longtemps, mais c’est suffisant, si on veut aller partout. Notre guide veut rejoindre des potes à côté. Alors on entre dans « The Stage », la seule place remplie ce dimanche soir sur Broadway. Mais c’est pas vraiment mon genre de place, eurk. Un groupe Top Quarante joue des tounes trop entendues, de manière infecte : « Kiss » de Prince, « Don’t stop ‘til you get enough » de Michael Jackson, « Summer of 69 », « Hit me with your best shot », etc. Y’a beaucoup trop de monde, du monde trop bronzé, trop maquillé, trop tout. En plus on gèle, l’air climatisé est dans le tapis, et les portes et fenêtres sont fermées, parce qu’il fait trente degrés dehors le soir. Je viens à peine de recevoir ma Yuengling (4$), que je travaille déjà fort à la caler pour partir vite. En attendant je regarde autour, les mandolines et guitares acoustiques sur les murs, néon Jack Daniels, chapeau de cowboy en néon, la fresque géante avec Waylon Jennings, Willie Nelson, Hank Williams, Johnny Cash, et Loretta Lynn, je crois. Y’a quand même quelques jolies cowgirls, mais une majorité de filles étrangement plastiques, et quelques douches, bien sûr. La seule raison pour laquelle je suis content d’être venu ici est la publicité d’alcool encadrée avec Merle Haggard qui dit : « Water’s for teardrops. Dickel’s for drinking. » Fameux! Hop, on quitte. « Nashville’s Legendary Legend’s Corner», sur le coin de la rue, est notre prochain choix. Ma Yuengling coûte ici aussi 4$. La barmaid m’appelle « honey ». Rrraaarrr. Les murs sont décorés d’une centaine de pochettes de vinyles, c’est très joli. Mais pas aussi joli que la violoniste, mmm. Y’a aussi une guitariste au look très country rock avec son gilet qui la recouvre pas beaucoup et ses grands cheveux blonds bouclés, qui boit plein de breuvages et qui joue super bien. La place est vide ou presque, à part Planet et moi qui gelons au bar en écoutant cette grosse fille d’Ottawa qui va chanter « Walkin’ after midnight » de Pasty Cline, de façon superbe. J’offre un shooter à ma barmaid qui s’appelle justement Patsy, qui décline poliment. Elle a pas le droit de boire au travail, si j’ai bien compris! Nous voici au Full Moon Saloon, qui me semble être l’endroit le plus trash et convivial sur Broadway. Un peu l’équivalent de mon bon vieux Barfly à Montréal. Ma bouteille de Newcastle est chère pour les États-Unis, à 4,50$, mais je rappelle qu’on est dans une zone de touristes, avec un spectacle gratuit. Et quel spectacle : le chanteur guitariste est pas mal paqueté (je lui décerne un point parce qu’il est quand même bon et très drôle), le contrebassiste (est un peu dos au maigre public, -1 point), et la batteuse, qui frappe comme une damnée du haut de sa fin trentaine, avec ses cheveux peroxydés, sa camisole blanche, qui joue parfois debout, se mérite un beau +3. Hé oui. Le chanteur se commande un autre breuvage double, avant d’entamer une version très personnelle de ma demande spéciale, « Pick me up on your way down » de Charlie Walker, pendant que je m’allume une belle Gauloise. Son groupe s’appelle Phil Hummer and the White Falcons. Croches et bons. Le ventilateur est dans le tapis, on gèle encore un peu. On s’habitue, faut croire. C’est drôle, aux États-Unis, des fois tu es dans une ville, tu achètes des clopes au dépanneur du coin, parfois ils te demandent tes cartes. Des fois tu es au bar, tu commandes quelque chose, et ils te demandent rien. C’est nulle part pareil. C’est le far-west. Nashville est une ville propre et religieuse pour certains, sale et cochonne pour d’autres. Comme ce bar. Notre table est collante, le cendrier est plein. Et l’image de Johnny Cash avec le doigt dressé veille sur nous, comme dans tous les autres bars où nous sommes passés. Notre guide me parle des 100 autres bars de la ville, où on peut entendre des auteurs-compositeurs-interprètes, mais mes oreilles sont pleines, pis je suis pas venu à Nashville écouter chanter un gars à guitare acoustique assis sur son tabouret. Je préfère rester au Full Moon Saloon avec les cowboys urbains.
5 commentaires
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NOUVELLES DU JOURCHRONIQUES
12 septembre 2011
« Winnipegisation » de Montréal? |
9 septembre 2011
Bavo Sunny.
C’est ce qu’on appelle voir du pays.
De son vivant on commande une bière bien froide.
Quand la vie s’en va on commande une bière très sèche.
En attendant goutons aux plaisirs du houblon évitons les gorges sèches.
Fêtons avec les cowboys sans montures et buvons cette très excellente mixture.
Et tous ensemble chantons avec *unisson*:
« Ya tu d’la bière icitte… »
Rayman (Raymond du CouCou)
11 septembre 2011
héhé!
merci Rayman
Sunny
12 septembre 2011
Wow! Pour la première fois de ma vie, j’ai envie d’aller à Nashville!
6 octobre 2011
Tu le regretteras pas!
6 octobre 2011
Salut sunny, je te vois bien là-bas avec tes Cuisses noires
ou bien avec les Breastfeeders.
Bon trip.
Stéfan Toupin