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L'abominable homme des cons

Le moulin à paroles : le cru et le lu

Simon Jodoin
20 septembre 2009

Politics is the entertainment branch of industry- Frank Zappa

Alors, vous l’avez aimé, le spectacle ? Avouez que c’était pas mal, non ? Une bonne idée, un bon scénario, on pouvait le suivre via divers médias. Vraiment, c’était super et contre toute attente j’ai trouvé le tout fort divertissant et j’ai même été ému à plusieurs moments. Plus étonnant encore, j’ai même parfois ri aux éclats, ce à quoi je ne m’attendais vraiment pas.

Ce que j’ai préféré ?  Bien franchement, c’est difficile à dire. J’ai toujours eu un faible pour le burlesque, donc je crois que si je devais faire un choix, je pencherais pour Sam Hamad. J’ai trouvé sa performance originale. Très comique ce Sam Hamad. Tout y était, on y croyait vraiment, le ton grave, l’œil sévère, une interprétation impeccable.

Mais comme je vous disais, le choix est déchirant. Pauline Marois, Bernard Drainville et les organisateurs du Moulin à Paroles étaient aussi vraiment pas mal dans leur rôle. Dans leur cas aussi, j’y ai quasiment cru. Je suis presque parvenu à oublier l’acteur derrière son jeu… Les cris d’indignation sentis, la dénonciation de la censure. Chapeau vraiment, de la grande comédie!

Ah non, j’allais oublier! Le meilleur moment, ex-aequo avec la performance de Sam Hamad, c’était la pirouette de Sébastien Fréchette, celui qui joue le rôle de Biz. Une de ses répliques devrait d’ailleurs passer à l’histoire : « On doit arrêter de voir le monde en rouge et bleu»… Ça, c’était vraiment un moment magique de haute voltige! J’ai failli pleurer d’émotion. Et pas que cette réplique d’ailleurs… Tout son monologue, à ce moment du spectacle, était empreint du même talent : « Nous accuser d’être partisan et de vouloir s’approprier l’histoire, je pense que c’est malhonnête (…) ».  Un grand acteur ce Sébastien.

Patrick Bourgeois, le gourou des drapeaux-mouchoirs,  était aussi criant de vérité dans son rôle de révolutionnaire de service, en compagnie du maire Régis Labeaume. Très efficace comme numéro qui pourrait devenir un grand classique digne de Laurel et Hardy. Meilleure réplique de Bourgeois : « Ma présence est utile si elle repousse ces gens-là! ». Ça, ça n’a pas de prix! Du bonbon.  Je cherchais depuis longtemps l’utilité de Patrick Bourgeois au sein de notre comédie nationale et je me demandais bien quel rôle il pourrait y tenir. Celui de repoussoir c’est un casting parfait! On aurait dû y penser avant!

Même les figurants méritent une bonne note pour leurs performances. Ils étaient excellents, avec leurs tracts photocopiés et leurs « nous vaincrons » appris par cœur. C’est fou ce qu’on arrive à faire avec des effets spéciaux de nos jours. On peut même faire passer une poignée de manifestants du dimanche -pour qui la canette de peinture aérosol est un succédané du dildo- pour de dangereux terroristes révolutionnaires. Bravo aussi pour les costumes.

Très bon spectacle donc et je dois saluer bien bas tous les acteurs qui y ont pris part. J’attends la suite avec impatience.

Ben quoi, le gros…Tu me niaises là ?Je pensais que tu voulais me parler du spectacle là, Le Moulin à paroles !?!

Justement… C’était ça le spectacle. Vous n’aviez pas remarqué ? Ce qui s’est passé pendant 24 heures sur les Plaines d’Abraham la semaine dernière, ce n’était pas seulement un événement isolé qui se suffit à lui-même, un concept autonome avec un début et une fin. C’était un épisode qui prend place dans une performance beaucoup plus vaste : celle du grand spectacle tragi-comique de la nation au sein du show business politique Québécois.

Et c’est dans ce grand spectacle, où les acteurs habituels ont joué fidèlement leurs rôles, qu’on a pu assister (enfin) à cet événement visant à commémorer (enfin ?) la bataille des Plaines d’Abraham de 1759 et, de manière plus générale, celles qui allaient suivre, du dénouement de la conquête jusqu’à celles qui nous animent encore aujourd’hui.

On ne peut pas s’en sortir : le débat social entourant ces commémorations –et de manière plus générale la question nationale dans son ensemble- est bel et bien le spectacle réel auquel les citoyens assistent. Le moulin à paroles n’en est qu’un épisode, une scène de plus.

///

On a beaucoup insisté sur la valeur historique des textes qui ont été lus lors de ce Moulin à paroles. Les organisateurs ont tenté de faire valoir que la lecture de ces derniers n’avait pour seul objectif que de rappeler l’histoire, de se souvenir de divers épisodes, de manière tout à fait neutre. La lecture de tel ou tel texte se justifierait ainsi par sa simple existence historique.

Pourtant, chacun doit bien admettre que le repérage des pages de l’histoire qu’on se propose de lire repose purement et simplement sur certaines valeurs arbitraires permettant de faire un choix. Il s’agit au fond de placer des signets afin d’identifier des passages que l’on souhaite relire. Rien ne peut être neutre dans un tel exercice.

Plus encore, une fois ces textes identifiés et rassemblés en corpus, on se propose d’en faire la lecture. L’erreur serait de croire que, ce faisant, on ne fera qu’en prendre connaissance. Lecture signifie ici interprétation.

Pour employer la métaphore du moulin, on pourrait ainsi considérer qu’il s’agit en quelque sorte de labourer l’histoire comme si c’était une matière première, en extraire certaines paroles selon certains critères et les moudre afin d’en faire un produit dont on peut faire usage : l’interprétation.

C’est cette interprétation qui a une valeur. C’est dans l’économie de la politique actuelle que ces textes et les performances des lecteurs signifient quelque chose, pas dans le passé d’où ils ont été tirés.  La valeur historique n’a plus grand-chose à y voir et se justifier en la revendiquant c’est ou bien être naïf ou bien être hypocrite (car je ne peux croire un seul instant que les organisateurs sont simplement idiots).

Et c’est ça qui est dommage dans toute cette histoire du Moulin à paroles : c’est qu’au lieu d’assumer les choix et les croyances qui motivent nécessairement la sélection de tel ou tel texte et l’interprétation qu’on en fera sur scène, on a tenté de nous présenter cette mise en scène comme un simple exercice de lecture… Un peu comme si on tentait de nous faire croire que la matière première qui entre au moulin allait en sortir intacte, non transformée en produit qui peut être consommé… Mais alors, à quoi bon se casser le cul à faire un moulin? La notion même de “moulin” implique une intention et une volonté de transformer.

Faut-il alors s’étonner que des politiciens comme Jean Charest et ses collègues ont refusé d’y participer? Cet événement n’est pas devenu partisan parce que les politiciens libéraux ont refusé d’y participer. Ce serait même plutôt l’inverse : ils ont décliné l’invitation pour la simple raison qu’ils sont bien au courant du parti pris de ceux qui les invitaient et qui allait signer inévitablement la lecture de l’histoire qu’on nous a proposée… Bref, ils savaient bien, et pour cause, quelle farine allait en sortir. Comme chacun sait, les libéraux ne mangent pas de ce pain là…

On a beau jeu ensuite de dire que les absents ont toujours tort alors qu’on est occupé le reste du temps à crier sur toutes les tribunes –de manière pas nécessairement conviviale- que Jean Charest et les libéraux ont tort de toute façon, quoi qu’ils fassent, même (et surtout) quand ils sont présents.

Depuis quelques années, les membres de Loco Locass prient toutes les nuits pour être libérés des libéraux. Comment pourraient-ils s’indigner maintenant que leurs vœux ont été exaucés?

Est-ce à dire qu’il demeure impossible de mettre en scène une lecture double de l’histoire, de réconcilier, au moins le temps d’un événement, les partis pris des uns et des autres afin d’illustrer la dualité des interprétations inhérente à notre nation? J’espère sincèrement qu’une telle chose puisse être éventuellement possible, mais j’ignore pour l’heure qui, parmi les vedettes de notre politique spectacle, pourrait être habileté à effectuer un tel tour de force.  Tel que cité plus haut, Sébastien Fréchette affirmait vouloir « arrêter de voir le monde en rouge et bleu »… Ce serait effectivement un prérequis essentiel.  Malheureusement, ce daltonisme politique, loin de tenter de le guérir, les principaux protagonistes de ce spectacle, comme leurs opposants, sont occupés depuis quelques années à en faire la promotion…

21 commentaires
  • H. Lafontaine
    20 septembre 2009

    Merci Big Bang, d’avoir résumé si bien ce que j’essaie d’expliquer à mes amis séparatistes. Je suis fédéraliste, et j’ai senti l’arnaque dès l’annonce de l’évènement. Les organisateurs ont eu tout un culot de prétendre que c’était “neutre” et “apolitique”.

    Quand à Luck Mervil, qu’on a vu et entendu jouir et éjaculer quand il a fait sa lecture du manifeste, je n’ai qu’une chose à lui dire: retourne faire carrière chez les Français, et va donner un coup de main à la campagne de Le Pen tant qu’à vouloir jouer au nationaliste de bas étage.

  • Pontiak
    20 septembre 2009

    Quel texte manquait?

    Elle est ou, l’Arnaque?

  • Marc-André Pilon
    20 septembre 2009

    Mon avis est que, si les fédéralistes se sont fait timides durant cet événement et que cela a viré “en party de séparatistes”, c’est qu’il est pratiquement impossible de connaître son histoire et de ne pas être un tant soit peu indépendantiste…
    Par contre, je suis bien content de voir quelqu’un comme “H.Lafontaine” se dire fédéraliste, car il est plutôt rare de rencontrer des gens qui ont l’audace de s’afficher de la sorte et de permettre ainsi la tenue d’un débat sur la question (encore faut-il oublier que, dans le cas présent, il a la possibilité de se cacher derrière un nom incomplet et un simple message sur un blogue quelconque) car, souvent, fédéralisme rime avec “ignorance et statu quo”. J’aurais bien aimé en lisant ce commentaire voir quelqu’un sortir de ce piège (et voir le “versant rouge” de cette histoire) mais, en faisant un lien entre nationalisme québécois et Le Pen en France, je crois que monsieur entre, malheureusement pour lui, exactement dans cette catégorie… Le fédéralisme n’est-il pas du “nationalisme canadien”? Alors, Monsieur Lafontaine est-il aussi LePenien que Luck Mervil dans son amour du Canada? Jouit-il et éjacule-t-il en lisant la Confédération? Ça faisait un peu bas comme réplique… (surtout que Mervil est noir et que LePen est foncièrement raciste… et, quand il écrit “retourne faire carrière chez les Français”, je crois qu’il se trompe avec Anthony Kavanagh… mais je le comprends: “toutes les noères sont pareils”… P.S: Monsieur Lafontaine, vous qui aimez le Canada, avez-vous les mêmes commentaires désobligeants et très “protectionistes” pour tous ces artistes canadiens qui font maintenant carrière chez les Américains..?)
    Finalement, il est vrai que c’était un peu de la mauvaise foi de prétendre que cette commémoration historique (comme toutes les commémorations historiques, d’ailleurs – est-ce une raison de les interdire?) n’avait pas un parti pris. Mais faire un texte aussi long pour dire que tous ces gens ne sont pas sincères et que tout cela est uniquement une mascarade, un show, n’est-ce pas également un peu de la mauvaise foi?

  • Simon Jodoin
    20 septembre 2009

    Juste un petit avertissement, comme je le fais souvent quand on manipule dans des discussions des matières explosives : prière de discuter en conservant un certain climat cordial et en évitant, s’il vous plait, les amalgames un peu faciles avec Le Pen, les éternels clichés fédéralistes/souverainistes et cie. Merci à l’avance.

    —-

    @ Pontiak : J’ai beau relire ma chronique, je ne trouve nulle part une allusion à une arnaque. Je ne comprends pas trop de quoi tu veux parler.

    Même chose pour les textes qui pourraient manquer… je ne comprends pas trop ta question. Dans un tel exercice visant à mettre en scène l’ensemble de notre histoire, il manquera nécessairement toujours des textes : tous ceux qui n’ont pas été sélectionnés.

    @ Marc-André Pilon : Ta prémisse me semble totalement absurde. Il me semble tout à fait possible de connaître notre histoire et de ne pas être indépendantiste… Même pas un peu. Ce serait dire que quelque chose comme un historien fédéraliste ne peut pas exister… Allons…!

    Tout est question d’interprétation, de lecture, et c’est justement ce dont il est question dans ce texte.

    C’est tout aussi absurde que de s’imaginer que la longueur d’un texte permet d’évaluer son degré de mauvaise foi… (??)


    @+

  • Marc-André Pilon
    20 septembre 2009

    Resalut Simon,
    j’ai écrit “pratiquement impossible”… il doit bien y exister des historiens québécois qui sont fédéralistes… je dis juste qu’il se sont fait timides. Personnellement, je ne trouve pas absurde que la connaissance de notre histoire amène à vouloir se séparer du reste du Canada… mais tu peux! Tout de même, pour un texte sur l’interprétation de lecture, tu interprètes beaucoup le mien ;)
    Car ce n’était pas la longueur qui en faisait de la mauvaise foi… mais bien de penser que ces gens ne sont pas sincères.
    Ton texte, à la base, ne me dérange pas, quoiqu’il y va fort dans le cynisme par rapport à quelque chose d’aussi important et sensible que la question nationale, c’est plutôt le commentaire subséquent que je trouvais déplacé. C’est donc pour ça que j’ai écrit le mien (qui est très long aussi, donc peut-être également de mauvaise foi…:P)

  • A Bélanger
    21 septembre 2009

    parler pour se faire des amis (ou se faire moins d’ennemis): facile
    disculper ceux qui bougent pour se laisser régner: arrangeant
    être payé pour le faire dans BangBang: congénital
    y croire: ça n’a pas de prix

    pour tout le reste il y a Simon Jodoin

    bonne lecture

    Arthur Bélanger, Montréal

  • A Bélanger
    21 septembre 2009

    Ah oui… pour les non avertis, M Jodoin a lu le livre de Guy Debord, La Société du Spectacle (voir http://www.ubu.com/film/debord.html pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas le lire). Il ne l’a cependant peut-être pas encore digéré. Ce livre en vaut la peine, oui les jeunes, il en vaut la PEINE (pas facile à lire ou à comprendre pour les gens moins entrainés, c’est évident).

    Maintenant, est-ce qu’on va se laisser gaver de l’humour plus ou moins réfléchit de M Jodoin? De sa réflexion boiteuse?

    à votre tour

    A B

    et bonjour, M Jodoin, vous – et surtout vous – êtes la bête de cirque en ce moment… j’espère que ce chiffon valait au moins 150$ piasses et une bonne bière… la prochaine fois, analyser un peu plus au lieu de tout tourner à votre avantage

    sans rancune, je suis non violent

  • Simon Jodoin
    21 septembre 2009

    Hum…

    @ A Bélanger :

    Je dois avouer un navrant manque de culture… Je n’ai pas lu l’essai de Debord, ni vu son film non plus.

    Te serait-il possible d’en faire un résumé en indiquant les rapports possibles avec cette chronique?

    Merci à l’avance et bien à toi.

    S.

    P.S. Je ne te dis pas combien ça paie.

  • André Colpron
    21 septembre 2009

    Comme Marc-André Pilon, je pense qu’on ne peut pas connaître notre histoire et ne pas être indépendantiste. En tout cas, en ce qui me concerne, j’ai grandi dans une famille d’origine franco-saskatchewannaise fédéraliste et anglophile (à la maison il n’y avait que le Montreal Star et la télé en anglais) et c’est essentiellement en prenant connaissance de notre histoire que j’en suis venu à la conclusion que si nous ne devenons pas indépendants, nous continuerons d’être… dépendant !

    Le débat en viendra immanquablement à quelle interprétation devons-nous faire de l’histoire? Avec la récente réforme scolaire voulant qu’on ait une lecture de l’histoire sans conflit et ni querelle, on obtient des énumérations chronologiques vides de sens. À titre d’exemple, voici ce que j’ai pu lire dans le manuel d’histoire de mes enfants : « Act of Quebec, 1774. Carlton était favorable au Canadiens. Il leur accorda le droit à leur langue et leur religion. » Point final, aucun commentaire ou aucune explication pour cette soudaine générosité de nos conquérants. Moi je pense qu’on aurait dû y lire ceci : « Ils nous ont volé nos terres et nos maisons, nos forêts et nos fourrures, nos rivières et nos poissons, mais ils nous ont laissé notre langue et notre religion. » Et on nous aurait fourni l’explication. Parce qu’on visait à s’assurer la loyauté des Canadiens français face à l’éminence d’une insurrection des colons américains. « L’Acte de Québec, fait remarquer avec justesse l’historien Duncan McArthur, fut rédigé l’œil fixé, non sur Québec mais sur Boston. » L’historien Stanley B. Ryerson tire une conclusion exacte lorsqu’il affirme que « la clé de l’acte de Québec se trouve dans la révolution américaine ». Source : http://pages.videotron.com/histoire/index.html

    Combien d’autres défaites et humiliations devons-nous encore encaisser ? Non, vraiment, la connaissance de notre histoire nous apprend que l’indépendance est la seule solution envisageable, à moins d’être un Anglais…

  • H. Lafontaine
    21 septembre 2009

    @M. Pilon, en effet, j’ai confondu Mervil et Kavannaugh. Pas parce qu’ils sont noir, mais parce que je les trouve plate.

    En lisant le texte du FLQ le poing en l’air, il s’est approprié le texte, en s’assurant qu’on n’oserait pas le dénoncer à cause de la couleur de sa peau. Moi, je l’ai trouvé cave. Mais ça me regarde. Pour le reste, la condescendance de ton analyse confirme ma croyance: pour les puristes de la souveraineté, c’est le croit ou crève.

    Tout comme A. Bélanger qui semble croire qu’un texte qui est moindrement critique des séparatistes est automatiquement un chiffon. Navrant.

  • A Bélanger
    22 septembre 2009

    non! c’est encore pire que je pensais!

  • Indépendant
    22 septembre 2009

    Moi en tout cas je ne sais pas si Simon Jodoin a lu ‘La société du spectacle’, mais ce dont je suis persuadé par exemple c’est que A Bélanger lui ne l’a pas lu.

    Do not feed the troll.

  • A Bélanger
    22 septembre 2009

    Ah oui! Et aussi les Commentaires sur… (i.e. la suite). Et j’ai aussi assister à 5 heures de Moulinage, les cinq dernières.

    @ M Jodoin, vous finissez par:

    « Est-ce à dire qu’il demeure impossible de mettre en scène une lecture double de l’histoire, de réconcilier, au moins le temps d’un événement, les partis pris des uns et des autres afin d’illustrer la dualité des interprétations inhérente à notre nation? J’espère sincèrement qu’une telle chose puisse être éventuellement possible, mais j’ignore pour l’heure qui, parmi les vedettes de notre politique spectacle, pourrait être habileté à effectuer un tel tour de force. »

    Pas besoin d’être une vedette, faites-le vous-mêmes, votre point de vue est valable! Faites-le par écrit, d’une façon intelligente et sans artifices, pas besoin d’en ajouter à ce-même spectacle. Proposez une piste, au moins, pour étoffer votre argumentaire. Ou cessez simplement d’alimenter la polémique sans y amener de nouveau. Votre article est vide, désolé. Vous devenez la marchandise, le simple produit du spectacle plus grand que la scène que vous dénoncez, votre tribune fournie par votre journal, simple hôtel à étaler votre pousse d’observation reculée ne suffit pas à élever quoi que ce soit, simplement à semer le doute et le vide dans un esprit mou. Ce n’est pas votre rôle me direz-vous? Alors continuer de jouer le jeu du néant. Qu’en serait-t-il au fond de votre journal spectacle sans votre avis spectaculaire?

    Mis à part ça, j’aimerais indiquer que Brigitte Haentjens avait dit en entrevue que le Moulin pencherait d’un côté à cause des opinions de ces organisateurs et qu’elle ne s’en est pas caché en entrevue.

    assez pour tu suite

  • Le Con-tab
    22 septembre 2009

    Cher Simon,

    Pourquoi, quand j’ai vu le titre de ton papier, j’ai immédiatement deviné la teneur de son contenu?

    C’ta croire que SimonJ n’en finit plus de gruger le même os. Et pour la tite guéguerre avec Biz, vous devriez regler ça à 4 heures au rack à bécyk qu’on en finisse.

    Une chance que les keks séparatiss qui osent encore tenter des choses existent, car sinon, tu t’enmerderais à nous causer de tapisserie… ;)

    Au plaisir!

  • Simon Jodoin
    22 septembre 2009

    Ah ah Con-tab. Salut! Ça fait un bail.

    Tu as écrit : “Pourquoi, quand j’ai vu le titre de ton papier, j’ai immédiatement deviné la teneur de son contenu?”

    La réponse est simple : parce que c’est un excellent titre qui résume bien mon propos.

    Hum. Eh bien. Peut-être aussi parce que je demeure fidèle à mes idéaux de jeunesse… :-)

    Remarque que tu as aussi (peut-être) cette qualité, puisqu’en voyant ton commentaire dans le fil de modération, je savais tout de suite que tu n’allais pas du tout me parler de ma chronique, mais plutôt de décoration intérieure.

    Il doit bien y avoir des magazines web avec quelques chroniqueurs en décoration. En cherchant sur google, tu devrais trouver assez facilement.

    Quoi qu’il en soit, je n’ai pas le sentiment d’être en guerre avec qui que ce soit, contrairement à ce que tu sembles (ou aimes) croire…

    @+ Con-tab! Toujours un plaisir de te croiser sur l’interzone.

    S.

  • A Bélanger
    22 septembre 2009

    Clairement :

    Le Moulin à Paroles fut une initiative qui devrait être félicitée parce qu’elle souligne de manière intelligente le triste 250e anniversaire de la bataille des Plaines d’Abraham et offre une vue fascinante sur plusieurs textes marquants de l’histoire du Québec.

    Ridiculiser l’événement à cause de l’ouverture des organisateurs qui ont voulu y inviter des gens de plusieurs pans de notre société est un acte déplorable. Tourner une chronique en billet désengageant relève de l’auto-annihilation de la pensée critique et d’une sous-estimation du raisonnement du lectorat.

    La chronique de M Jodoin passe à côté du fait qu’une revue historique telle qu’elle fut faite est essentielle à l’appropriation du futur d’une nation et que lorsque elle est faite devant publique elle passe automatiquement par une interprétation, tremblement dans la voix ou poing en l’air inclus. Que voulait-il? Qu’un avion-cargot balance sur les plaines tout les livres écrit sur l’histoire du Québec et que le publique les lisent tous?. M Jodoin affirme aussi que l’événement était annoncé comme « un simple exercice de lecture », ce qui ne fut pas du tout le cas!

    Quoi qu’il en soit, la question nationale n’est pas réglée, les conséquences sont toujours là à différents degrés. Des chroniqueurs comme Simon Jodoin continueront à des fins partisanes, de façons lâches et défaitistes à réduire l’importance de tout formes de mobilisation. Leurs lecteurs seront soit dégoûtés par l’insulte s’ils décortiquent comme il se doit le texte, soit réduits à l’apathie et au cynisme et les autres seront une fois de plus bernés. Ces deux derniers groupes le mériteront mais notre société, avec son histoire et son possible futur ne le mérite pas.

    À noter qu’il est possible que M Jodoin ne soit pas tout à fait conscient de ce qu’il fait.

    A. Bélanger, Montréal

    « Le plus grand et le plus irrémédiable malheur pour un peuple, c’est d’être conquis. » – Alexis de Toqueville

    « All over the place, from the popular culture to the propaganda system, there is constant pressure to make people feel that they are helpless, that the only role they can have is to ratify decisions and to consume. » – Noam Chomsky

    « If you wind up with a boring, miserable life because you listened to your mom, your dad, your teacher, your priest or some guy on TV telling you how to do your shit, then YOU DESERVE IT. » – Frank Zappa

  • Indépendant
    22 septembre 2009

    A. Bélanger : “Leurs lecteurs seront soit dégoûtés par l’insulte s’ils décortiquent comme il se doit le texte, soit réduits à l’apathie et au cynisme et les autres seront une fois de plus bernés. Ces deux derniers groupes le mériteront mais notre société, avec son histoire et son possible futur ne le mérite pas.”

    C’est pas mal épais ça. Il y a ceux qui sont dégoutés parce qu’ils comprenent bien et les autres qui ne comprennent pas et qui méritent d’être apathiques ou bernés.

    Si c’est pas voir le monde en bleu et en rouge ça je me demande bien ce que c’est.

    J’aime les locos, j’ai aimé le moulin à paroles, j’aime les chroniques de Jodoin. Dans tous les cas, je suis capable de me faire une idée. Je suis dans quelle catégorie monsieur monsieur chose?

    Merde, je viens de nourrir le troll!

  • Joe
    24 septembre 2009

    Moi il y a quelque chose qui m’échappe.

    Quand il était question d’organiser une reconstitution de la bataille des plaines cette année des souverainistes sont montés aux barricades. Mais c’était quand même une activité historique. C’était proposé par des amateurs de reconstitution historique qui étaient souverainistes.

    http://cyberpresse.workopolis.com/le-soleil/actualites/politique/200901/31/01-822973-bataille-des-plaines-a-majorite-souverainistes-les-canonniers-decus-de-la-controverse.php

    Les purzédurs ont crié au scandale et ont pleurniché que le fédéral leur volait leur histoire. Ça a été annulé parce qu’on menaçait de brasser et de faire du trouble.

    Mais c’était quand même un spectacle historique.

    Donc c’est pas le fait que ce soit historique ou non qui est important. C’est parce que c’était pas organisé par la bonne gang. Les indépendantistes étaient pas content parce que ça venait de la CCBN qui est un organisme fédéral.

    Mais cet organisme a donné son accord pour le moulin à paroles de la même manière qu’il l’avait donné à la compagnie des canonniers.

    C’est quoi le problème? C’est deux activités historiques. Pourquoi il ne pouvait pas y avoir les deux spectacles? Le problème c’est que ce n’est pas la bonne gang.

    Même chose avec l’autre Saint-Jean en juin dernier. Pour les purzédurs souverainistes c’était un scandale que des groupes chantent en anglais. Ils ont déchiré leur chemise et menacé de faire du trouble et de manifester.

    Au moulin à paroles, il y avait des textes en anglais. Pas de problème. C’est ben normal voyons, ça fait partie de notre histoire. Pas de problème. On a pas trop vu la société st-jean baptiste en faire un cas.

    Même osti de niaiserie. Le problème c’était pas le fait de parler anglais mais c’était juste pas la bonne gang.

    Ce que j’en pense c’est que certains souverainistes enragés en ont rien à foutre dans le fond de l’histoire ou de la langue française. Ce qu’ils veulent c’est avoir les mains sur le volant. Ils veulent le show au complet pour eux. Si ils décident c’est correct. Si un autre décide ils crient au meurtre.

    Y’a un mot pour ça : control freak

  • Pistov
    24 septembre 2009

    Il est finalement impossible de dissocier la passion nationnale de la lecture de l’histoire. La neutralité n’a pas sa place. Ca démontre que nous sommes bien vivant.

    Le Moulin est un très bel exercice riche en histoire et une belle initiative. C’est l’annulation au préalable de la reconstitution qui a fait en sorte que la nouvelle commémoration soit observé sous un regard politique.

    Je suis parfaitement d’accord avec Jodoin sur sa vision globale de cette saga.

    Il faut être naïf pas à peu près pour inviter celui que les médias ont choisi pour incarner celui qui a fait déraillé la reconstitution. Si on craignait la propangande sournoise fédéraliste, laissez-moi vous dire que la présence de Bourgeois c’était pas sournois du tout. Wake up capitaine.

    Pis finalement? Il l’a tu lu Robert Gilette le texte de Mononc Serge?

  • Marc-André Pilon
    25 septembre 2009

    @Joe:
    Il y a quand même une différence entre faire une reconstitution/party (visant à attirer des touristes et faire de l’argent) d’une défaite sur notre propre territoire et lire des textes… Je ne comprends pas comment on peut comparer les deux.

  • Pistov
    28 septembre 2009

    Et puis, est-ce que Biz a clairé sa carte de crédit finalement?

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