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Reportages et entrevues

Le Kraken : Mutation et exil

Le Kraken : Mutation et exil

Marc-André Savard
21 février 2013

Depuis 2006, Le Kraken crée beaucoup de remous dans les sombres profondeurs de la musique hurlante. Après avoir traversé quelques tourbillons, la formation revient à l’attaque avec le maxi Exil, un troisième disque.

De bas en haut

À l’origine, l’imposante créature montréalaise était composée de 5 membres, dont trois guitaristes. Puis, en 2011, après avoir fait des vagues avec un mini-album homonyme et Exalt, un puissant premier album complet, Le Kraken encaisse une série de ressacs: Joé-Pierre Lebrun (guitare) et Carl Ouimet (voix, guitare) quittent le groupe. Un nouveau guitariste, Jean-François Dussault Desgroseillers, est alors greffé au Kraken…mais il en est amputé un an plus tard. «Durant cette période, le vibe était à son plus bas, confie Louis Guillemette, qui était batteur à ce moment. On n’était plus que trois et le Kraken passait souvent en deuxième parmi nos projets. Milanku [dans lequel joue Guillaume Chamberland (basse, voix)], allait bien. Même chose pour moi avec Solids.»

Au moment où Le Kraken vivote au fond d’un abysse, un nouveau membre réveille la bête. «Il y a quelques mois, j’ai demandé à Marc [Tremblay], un ami de longue date, s’il voulait être notre batteur et il a accepté, explique Guillemette. Je suis un guitariste à la base, c’était le moment de faire le switch! On avait enfin le line-up ultime qu’on avait toujours voulu avoir. Ça a vraiment changé l’esprit!» C’est que Tremblay provient d’un milieu métal plus agité où abondent les parties rapides. «Le Kraken, c’est pas la complexité, dixit le marteleur, mais la puissance, l’ambiance et la montée qui vont faire que la chanson va arriver à son apogée. J’ai dû adapter mon jeu au départ, mais c’est un aspect que j’aime vraiment!» «Quand Marc est arrivé, ça a vraiment revigoré, raconte Jean-Philippe Marcil (guitare, voix). Nos nouvelles chansons sont plus rapides et plus heavy. Ça rentre deux fois plus!»

L’importante mutation du Kraken a cependant ralenti son parcours et particulièrement la production d’Exil. «Ça a tellement bretté, soupire Marcil. Au fond, on a fait cet album il y a presque deux ans! L’enregistrement, le mastering, le artwork, tout a pris beaucoup de temps.» Pendant ce long processus, l’album a même fait un séjour dans la brume de Londres. «Louis-Philippe Kyer, qui s’occupe de notre son, l’a envoyé chez un ami là-bas pour le faire transférer sur ruban, pour ajouter une touche plus grasse aux tracks», explique Marcil. Un pied-de-nez à l’ère digitale qui emballe Guillemette: «Depuis que j’ai vu le film sur le studio Sound City, j’ai le goût de péter tous les ordis!»

Sans barrière

Très peu de groupes lourds de la Province hurlent en français sous le sacro-saint prétexte de ne pas vouloir se fermer de portes à l’étranger. Or, Le Kraken s’époumone exclusivement dans cette langue boudée, ce qui ne l’empêche pas d’étendre ses tentacules au-delà de nos frontières (il a joué à plusieurs reprises en Ontario et dans une dizaine de pays d’Europe). «J’ai jamais senti de barrière de langue nul part, tranche Guillemette, surtout pas avec la musique qu’on joue et la scène dans laquelle on évolue.» «J’dis pas si on faisait de la musique pop, rigole Marcil, mais on n’est pas Simple Plan!»

Lancement du maxi Exil

22 février 2013
Le Cercle (sous-sol), Québec
avec Cold North, Mighty Megalodon

21h, 8$

5 avril 2013
L’Esco, Montréal
avec Expectorated Sequence

22h, 8$

Crédit photo : François-Carl Duguay

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