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Reportages et entrevues

Le Couleur : Redéfinitions

Le Couleur : Redéfinitions

Cassandre Caron
15 novembre 2013

Photo : LePetitRusse

Bien que la formation montréalaise Le Couleur existe depuis 2006, elle s’est redéfini maintes fois à travers les années pour offrir aujourd’hui un son électro-pop léché et mature. Entrevue avec Steeven, Patrick et Laurence, les trois membres du groupe, dans le cadre de leur concert aux Coup de coeur francophone.

Trois années se sont écoulées entre la sortie de votre dernier EP Voyage love, et votre premier album, Origami. Que s’est-il passé entre-temps?

Laurence: En 3 ans, on a eu 3 différents bassistes. Puis, il y a eu l’arrivée de Julien Manaud, notre gérant. Il a restructuré le groupe. Il a voulu créer  un son, nous donner une image. Ça représente un peu la vraie naissance de Le Couleur. C’est comme si on avait bâti notre maison durant ces années.

Patrick: Après la sortie d’Origami, on s’est un peu remis en question. L’album n’a pas connu le succès qu’on avait espéré, mais on n’avait pas développé les outils nécessaires pour le mettre en marché et le promouvoir non plus. Il fallait prendre le temps de savoir où on voulait aller pour la suite.

Steeven: Aussi, on a fondé le label Lisbon Lux Records et on a travaillé avec La Royale Électrique. Avec un gérant et un label de notre côté, on est parti sur de nouvelles bases pour la sortie de Voyage love. C’est certain qu’on était plus naïfs avant, mais on s’est rendu compte au fond que de faire fonctionner un groupe de musique, c’est comme de faire marcher une PME…  Une très petite entreprise dans le fond. (rires)

Qu’entendez-vous par «créer un son»? Comment Julien et vous avez travaillé et sur quels éléments en particulier?

Laurence: Origami, c’était notre premier bébé. On a voulu mettre tout ce qu’on aimait sur cet album, toutes nos influences en même temps dans nos chansons. C’est comme un album hommage à la musique qu’on aime. Notre critique pour Origami aussi était qu’on n’entendait pas assez la voix. Julien insistait aussi beaucoup pour qu’on ramène la voix à l’avant plan.

Patrick: Avant, lorsqu’on composait, Steeven et moi composions la musique et après Laurence ajoutait la voix et écrivait les paroles. Maintenant on essaie de l’intégrer davantage.

Steeven: C’était important qu’on comprenne que la musique sert la voix et que la voix sert la musique. On a aussi une ligne directrice plus claire.

Pourquoi avez-vous décidé de fonder Lisbon Lux Records?

Steeven: C’est vraiment pour combler un manque montréalais au niveau dans labels dans ce créneau. On ne trouvait pas de label pour Le Couleur, Julien et moi on a donc décidé de combler ce manque en fondant Lisbon, c’est vraiment spécialisé pour la musique électro. C’est comme si au Québec on respectait plus la musique folk, la musique rock, mais, bien qu’il existe une scène, les bons DJs vont davantage à l’étranger. Chromeo, Tiga, il y a des bons artistes, mais ils ont moins de visibilité ici.

Laurence: C’est le fun aussi de se retrouver entre nous. Ce que je dis a l’air très sectaire, mais c’est agréable de ne pas avoir besoin de dealer avec des gens de l’extérieur, qui ne connaissent pas nécessairement notre musique ou ne comprennent pas ce qu’on fait. (rires) La création de Lisbon Lux Records a servi le groupe et vice versa. En créant le label, les gens en ont parlé et ça a donné de la visibilité à la sortie de Voyage love, l’inverse est aussi vrai.

Il semble y avoir un intérêt pour votre musique à l’étranger, est-ce voulu?

Steeven: Tout à fait, on a fait affaire avec La Royale Électrique ici, puis on a engagé une autre boîte pour le marché international. Ça a porté fruit, et on est très satisfait du résultat. Le premier single, Vacances de ‘87, a vraiment bien fonctionné aux États-Unis. La moitié de notre marché vient de là. On pense qu’il est primordial d’exporter notre musique, et on n’a pas peur de continuer à chanter en français même avec cette volonté. Le marché québécois est limité, et on souhaite faire autre choses dans notre carrière que de jouer à l’Escogriffe jusqu’à 70 ans.

Patrick: C’est certain que c’est notre but d’exporter notre musique. Quand tu t’investis autant dans un projet en termes de temps et d’énergie, tu souhaites un jour que ça passe à un autre stade que le bénévolat.

Le Couleur sera en concert ce vendredi 15 novembre, à la Maison de la culture Maisonneuve (4200, Ontario Est), avec Grenadine, dans le cadre du Coup de coeur francophone et de Révèle la relève, dès 20h.

lecouleur.com

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