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Le petit tavernier

Le Bar chez Françoise

Sunny Duval
5 septembre 2007

Mercredi. C’est l’anniversaire de la Guimondise. 27 dents cette année. Elle veut un karaoké, à la place du pic-nic/ pétanque prévu dans le parc. Le rendez-vous est à 21h, trop tôt pour que j’aie envie de chanter. Je préfère aller me chauffer à la taverne Fullum avec Wilmud Melbutt, mon vieil ami tatoueur. Le barman avec un pois au bout du nez nous sert pendant qu’un couple grisonnant danse une ballade, enlacé. Je pensais pas que l’amour fréquentait les tavernes.

22h30, canette à la main, on marche jusqu’au 3785 Ste-Catherine, au coin de Joliette? En tout cas, vous pouvez pas manquer le bar, il est assis au coin, c’est écrit «Chez Françoise, #1 bar dans l’Est, spectacle karaoké, guichet automatique». Wilmud et moi pénétrons Françoise, le bar. Plusieurs de nos amis sont là, on dirait une fête de famille. Bin, en fait c’en est une.

Le maître de cérémonie apparaît dans les haut-parleurs: «Et maintenant, Monsieur Waterloo!» C’est à son tour de karaoker. Il est beau en estie Monsieur Waterloo, l’oncle qu’on veut tous avoir dans nos fêtes, d’ailleurs je me demande combien ça coûte le louer pour un party. Mais j’aurais peur qu’il ramasse toutes les filles.

Je me sauve m’asseoir au bar pour tout noter avant de commander ma grosse bière ($5,75) à Johanne la serveuse. Le travail avant le plaisir, paraît-il. Y’a des seaux à l’effigie de marques de bières suspendus au-dessus du bar. Des écriteaux le long des murs: PAS DE BAGARRE (police) PAS DE DROGUE ICI (police) PAS DE MÉFAIT. Ah. Je pensais qu’on était dans le Far Est.

À part mes amis mésadaptés, y’a plusieurs personnages fort intéressants: y’a le Colonel Sanders assis près de moi au bar à siroter sa petite bière ($4), y’a un gars à moustache prénommé Santana. Y’a aussi Camouflage Boy, camouflé de pied en cap, occupé à féliciter Monsieur Waterloo qui descend tout juste de scène, couverts de cris et d’applaudissements. Y’a même la mère de Janane Sutto qui chante avec beaucoup de vibratoire dans la voix. Le Père Noël, tout de jeans vêtu au bout du comptoir, voit rien passer pasqu’il somnole dans son bock ($2,25).

2am. Bourrelet Tennis me dit: «…j’pensais aller chanter du Elvus, mais mon amie Téquila ($5) veut m’empêcher…hips.» J.DeLafourche, mon bandit préféré, me paie un stinger en shooter ($3). Je commence à trouver sa femme rudement sexy.

La Guimondise et sa copine Pascuale chantent, menottées, le succès «Animal» de Rance D’Amour. Les clients réguliers, nombreux, sont pétrifiés stupéfiés. Les filles rient trop, elles échappent plusieurs des mots qui s’envolent des écrans télésouffleurs. Pendant le solo de guitare l’animateur crie: «On les applaudit les 2 petits animaux!»

Faut que j’aille à la toilette. J’essaie de prendre des notes pour rien oublier en pissant dans la cuvette vert olive, mais c’est dur de pisser en écrivant.

L’animateur crie: «Et maintenant, Serge Priori (ça c’est mon nom de scène) et Rick Valentine vont nous chanter Shout at the Devil!!» Merde! Je remonte mes culottes de jogging mauve pâle laides de chez l’Aubainerie Appareil et cours rejoindre Rick, alias Eric Tremblotte, le roi du glam, qui lui a aucun problème à enfiler les paroles qui défilent à toute vitesse, beaucoup trop vite pour mon petit cerveau Trifluvien. Par contre je danse comme un dieu (c’est mon cerveau qui le dit).

Le plus gros hit de la soirée c’est «Yellow Sous-Marin» chanté par Ti-Joe Sr., qui fait chanter toute la foule restante. Rick pis moi décidons de changer d’air. On saute dans un taxi. On se dirige vers certains bars qui restent ouverts toute la nuit. Je choisis celui qui est le plus proche.

On descend du taxi. Je cogne à la porte du bar. Elle s’ouvre, on entre. «Sunny, niaiseux, ortourne donc t’coucher!» Merde, c’est mon collègue Eddy Hardcouille…

À SUIVRE

2 commentaires
  • Moi-là
    14 septembre 2007

     »Je pensais pas que l’amour fréquentait les tavernes. »…trop bon…
    Tremblotte qui fait du karaoké?? Ouch..messemble de voir ca..

  • Sunny Duval
    12 mai 2008

    c’était épeurant

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