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Mon chat s'appelle Paul SarrasinLe 2 mai prochain, moi je vote Bloc NPD Libéral Conservateur. Je répète sans cesse que je ne suis pas politisé pour cinq cennes. Mais à force de le crier haut et fort, est-ce que je finis par en faire moi-même, de la maudite politique? Sentez-vous déjà poindre un écoeurement, un sentiment de cynisme aigu dans la question? Pus capable de l’offre politique au Québec et au Canada. Pire, je ne me sens même plus concerné par les propos des politiciens. C’est peut-être parce que je ne suis pas le PDG d’une multinationale, un baby boomer grisonnant, un fonctionnaire sur le point de partir en retraire dorée ou encore le membre d’une ‘tite famille moyenne de moins en moins moyenne, mais le discours des élus me touche autant que la programmation du canal Yoopa. Le dernier débat des chefs l’a magnifiquement mis en lumière. Les questions de « Monsieur et Madame Tout le monde », qui alimentaient la majeure partie des non-réponses des chefs de parti, provenaient justement de gens hors de mon monde. Je ne me suis identifié à aucun de ceux-là. Je n’ose même pas m’arrêter à ce que les « jeunes » ont dû en penser. Pas de place faite à l’environnement ou à la culture. No future, comme le disait le mouvement punk des années 70. Toujours la même satanée rengaine du cash et de la sécurité. Vive le plusse beau pays du monde de plus de cinquante-cinq ans des régions qui ont déjà eu 1,8 enfant. Je suis écoeuré de la politique. Précision, je suis dégoûté des politiciens, du sur-place économico-social dans lequel on patauge, du manque de vision à longue échéance des vieux partis (c.-à-d. plus de 4 ans). Les débats vides, les mensonges éhontés et la corruption omniprésente ont tué le peu d’espoir qui me restait. Comme Jésus pis ses poissons, je n’y crois plus. Je pense que certains politiciens se dirigent en politique avec la volonté de changer les choses. Mais ils se heurtent au fil des jours à une machine trop grande pour eux, ils se perdent dans un complexe système d’engrenages qui roule dans un pit de sable. Ça fait grincer des dents. Si certains abandonnent, d’autres décident de jouer la game. Pour quelques-uns, le train déraille complètement. Avides de pouvoir, les belles valeurs et les bonnes intentions des débuts prennent le chemin du musée de la mémoire. Ils apprennent le maniement complexe de la langue de bois, du populisme et de la démagogie. N’importe quoi pour rester en place. Que reste-t-il pour le peuple une fois que la Machine a avalé les dernières parcelles d’espoir? Rien d’autre que du cynisme. Une bonne grosse dose de cynisme. Le pire, c’est que ça me fait chier d’être cynique. J’aimerais être candide, léger, rempli d’optimisme. J’aimerais être le Pinocchio de la politique canadienne. Mais je manie aussi mal la langue de bois que le nez du même matériau. Je suis le genre de type qui regarde toujours en avant, qui se démène dans la grisaille quotidienne en croyant que la vie est quand même magnifique, que les choses s’arrangent toujours et que la lumière au bout du tunnel n’est jamais bien loin. Mais ce n’est plus le cas avec la politique. Pour contrer la manipulation que l’on réserve aux pantins, j’ai baissé les bras. Malheureusement, le cynisme ne change pas les choses. Il ne fait pas avancer les causes. L’humoriste Jean-François Mercier a décidé de la jouer cynique lui aussi. À fond! Et pour la première fois depuis que j’ai droit de vote, je me sens interpellé. C’est bien pour dire! Son écoeurantite me touche. Maudit que j’aime sa prise de parole et de position. En voilà un qui ose enfin lever le poing bien haut (et surtout le majeur) en disant que Là, ça suffit (tabarnak!), que les choses doivent changer, que ça ne peut plus continuer ainsi. Je suis d’accord. Le système doit changer drastiquement. Mais de grâce, gens de Chambly-Borduas, peut-être pas au point de l’élire. Alors, je fais quoi le 2 mai prochain? Je m’abstiens? J’ai beau être cynique, je pense qu’on est quand même chanceux de pouvoir voter quand tant de pays peinent à se démocratiser. Je persiste à croire que c’est un privilège que l’on a, même quand on n’a d’autres choix qu’élire un imbécile. J’annule mon vote? Mais alors que le système électoral canadien ne comptabilise pas le nombre de votes annulés, à quoi ça sert? Comment mon vote annulé peut-il faire valoir ma prise de position? Je vote pour Jack le sympathique? Tout le monde aime Jack. Même les Conservateurs aiment Jack. Je suis certain que la plupart d’entre eux se réveillent en pleine nuit pour l’aimer secrètement. C’est que Jack est un battant, un survivant. C’est le bébé joufflu de la politique canadienne. Quand on le croise, on a juste envie de lui pincer une joue ou de l’emmener en camping pour chanter une petite chanson autour du feu. Mais a-t-il l’échine pour supporter un pays? A-t-il le programme et l’équipe pour vraiment changer les choses? C’est ce que je me disais aussi. Autant apporter les marshmallows. Je vote Bloc, jusqu’à ce que le Québec devienne souverain (note aux humoristes: insérez cette excellente blague dans le prochain gala Juste pour rire) ? Dans la course effrénée du peuple au confort social et financier, je ne vivrai pas assez vieux pour voir le Québec devenir un pays. Je vote Libéral? Désolé, mais Ignatieff a beau être un intellectuel au discours rassembleur, j’ai encore au travers de la gorge le scandale des commandites. Et vous, l’aviez-vous déjà oublié? Je vote Conservateur donc? Êtes-vous malades dans votre tête? Vous avez envie d’élire un Jesus freak de droite, qui croit en des systèmes militaire et carcéral forts, qui est contre l’avortement (est-il pour la peine de mort?), qui bafoue les libertés individuelles et qui contrôle la presse (suggestion aux journalistes: pour obtenir une entrevue avec Harper, invitez-le dans un Tim Horton, il s’y rendra sûrement)? Over my dead body! Certains prétendent que si les Conservateurs sont portés au pouvoir en majorité, ce serait le meilleur moyen pour qu’un référendum sur la souveraineté du Québec passe enfin. Mais voyons donc. Les Québécois sont trop pissous pour prendre des risques. Le confort du chèque de pension ou d’allocation est si chaud et douillet… Alors le 2 mai, je passerai ma soirée non pas devant le téléviseur mais au spectacle de Godspeed You! Black Emperor, à l’Olympia. Je consommerai de la culture au lieu du cynisme. De toute façon, ne nous répète-t-on pas sans arrêt que consommer, c’est voter? Et j’aurai peut-être une pensée pour le gigantesque X que j’aurai plus tôt apposé sur la surface de mon bulletin de vote, en espérant qu’il ne devienne pas mon chemin de croix.
3 commentaires
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NOUVELLES DU JOURCHRONIQUES
12 septembre 2011
« Winnipegisation » de Montréal? |
29 avril 2011
Votre texte me touche parce qu’il représente plutôt ce que je pense. Mais une petite chose que vous oubliez dans votre texte, c’est les autres partis politiques… Je ne suis pas convaicu que ce soit La bonne option politique, mais voter Vert ou Communiste ou je ne sais quoi, c’est passer un message politique. Vais-je voter le 2? Pas encore certain…
29 avril 2011
L’écouerment est généralisé et c’est ce qui explique la montée du NPD. Il n’y a pas d’enjeux dans cette campagne, c’est d’un vide ennuyeux.
L’axe rouge et bleu est entrain de tomber. Je suis impressioné par ses anglos boomers autour de moi qui voteront Layton et ces jeunes francos d’ordinnaire bleus qui feront de même pour les mêmes raison.
C’est ce souffle qu’il faut saisir, une réunion qui va au-dela de la réponse au scandale des commandites.
Ce ne sera pas la première fois que je voterais pour un nobody anyway. Le Bloc a toujours été un club école.
Méchante trace de break que ce Larose….
2 mai 2011
Ne pas voter, c’est perdre son droit de «chiâler» pour les 4 prochaines années.
Comme c’est souvent thérapeutique, il ne faut pas le perdre. C’est notre seul droit fondamental qui est non taxable….ou taxé.
Alors aujourd’hui, allez voter même si ça ne vous tente pas.