BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Laureate : Pop en marge

Laureate : Pop en marge

Marc-André Savard
10 avril 2013

Il y a souvent un côté pop enfoui au fond des musiciens hurlants et, quand ceux-ci défroncent les sourcils et baissent la distorsion, leurs mélodies occupent le premier plan. Dans cet état d’esprit, le groupe Laureate s’apprête à lancer Leave a Light On, un premier maxi.

Mille après mille

Il y a une dizaine d’années, Erin Power (basse, voix) soufflait les champs de son Alberta natale au sein d’un groupe hardcore. Puis, un jour, elle saute dans sa bagnole, roule vers l’est et aboutit à Montréal. En 2008, elle est rejointe par Giancarlo Talarico (guitare, voix), un ami de longue date issu du même milieu musical explosif. Ensemble, ils se mettent à explorer de nouvelles avenues. «On a grandi dans les années 1990 et on a écouté beaucoup de groupes pop punk comme Samiam, confie Power. On avait toujours eu en tête de se partir un groupe dans ce genre-là et on s’est donc mis à gratter nos guitares acoustiques.» Les bases de Laureate sont ainsi jetées, mais il faudra du temps avant d’échafauder quelque chose de stable. «On s’était trouvé un deuxième guitariste [Jérémie Hamel], explique Power, mais il a déménagé à Québec et on changeait souvent de batteur. C’est ce qui fait qu’on ne pratiquait pas souvent et qu’on devait constamment repartir à zéro. C’était vraiment frustrant.»

Puis, il y a deux ans, arrive enfin du solide: après une succession de sept batteurs, Mike Thomassin s’installe derrière les tambours. «Quand je suis arrivé dans Laureate, c’était un peu le bordel, rigole Thomassin. Je pense que mon arrivée a soudé le groupe et on a commencé à pratiquer régulièrement.» Le groupe se consolida davantage avec l’arrivée de Matt Garies comme nouveau guitariste. «C’est LE line-up, s’enthousiaste Power. Après cinq ans en tant que groupe, on a enfin une vraie chimie!»

Emo ou pas

C’est au réputé Mountain City Studio (où sont notamment passés Sam Roberts et Stars) que la formation a enregistré Leave a Light On. Or, il aura fallu attendre plus de deux ans avant que l’enregistrement soit endisqué. «On n’avait pas d’argent pour le sortir, raconte Thomassin. Hugo Mudie [grand vizir du Pouzza] nous avait déjà booké par le passé, il aimait bien ce qu’on faisait et il nous a approchés pour sortir le EP sur vinyle. On était vraiment contents!»

Punk par-ci, indie par-là, Laureate chevauche plusieurs styles et se plaît à participer à des événements pour le moins différents. D’un concert hardcore pour un organisme de défense des pitbulls jusqu’à un spectacle acoustique au Warped Tour et en passant par un festival ska, le groupe semble s’accommoder de toutes les étiquettes… ou presque. «Ça me fait peur quand on utilise le mot « emo« , s’inquiète Thomassin. Ce style a malheureusement évolué vers quelque chose de très différent de ce que c’était à l’époque. Plusieurs de mes groupes préférés étaient emo il y a dix ans, mais je ne voudrais pas être associé à la connotation négative qui colle au style de nos jours.» «Pour moi, le emo, c’est Sunny Day Real Estate, Jawbreaker et ce genre de groupes. En ce sens, je prends cette étiquette comme un compliment. Peu importe, le punk rock est rendu tellement large!» tranche Power, cette délicate blondinette qui arbore… un tatouage de Black Flag.

Écoutez la pièce titre Leave a Light On :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Lancement de Leave a Light On le 13 avril 2013 à l’Esco, dès 21 h. Avec Wayfarer et Light Company.

En concert dans le cadre du Pouzza Fest le 19 mai 2013 aux Foufounes Électriques, à 18 h.

laureate.bandcamp.com

Crédit photo : Christine Lortie

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire

iweb