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Ste-BarbeLa galerie du pontMike Bergeron6 novembre 2008
La Galerie Morgan Bridge a un petit aspect mythique pour moi. Chaque fois que je vois une affiche annonçant une exposition, j’ai le goût d’y aller. Leur nom circule souvent dans des projets, disons-le, cool. De plus, je passe souvent devant elle, la plupart du temps fermée, car c’est souvent la nuit. Chaque fois je ne peux m’empêcher de faire du lèche-vitrine. Je suis happé et je zieute le plus que je peux. Bref, je savais que sans réellement connaître – car n’ayant jamais entré (si vous saviez la honte de l’avouer) – je risquais d’adorer. C’est ainsi que je procède à un 2 pour 1, tel une pizzeria cheap. En voulant vous présenter cette galerie d’art, je me donne enfin l’occasion d’assouvir mes tentations. Avant d’entamer la conversation avec Jeune Alex, le gars de la place, des jeunes ados le questionnaient sur ses canettes de peinture pour faire de ravissants graffitis. Ça se sentait, se voyait mais surtout s’entendait qu’ils n’avaient probablement jamais fait ça. Au bout de la conversation, le dynamique Alex se demandait s’il avait été bête. «Bête? Nah!» L’expérience peut parfois sembler terre-à-terre devant l’image poétique du geste. La galerie du quartier St-Roch ne fait pas que dans le graffiti. Mais une partie de sa renommée en découle. On l’a vu dernièrement participer, par exemple, à l’habillage de la salle LOFF du Festival OFF de Québec. Elle a aussi donné son coup de main à la murale au coin des rues Cartier et René-Lévesque. Un immense mur d’une bâtisse commerciale venant décoincer une rue généralement aux bonnes mœurs, si l’on peut dire. C’est aussi la participation à des conventions de graff un peu partout. Que ce soit près de Paris ou au Brésil. Cette Amérique portugaise aura d’ailleurs marqué l’homme. «On est riche icitte! Là-bas, ils font des graff avec n’importe quoi! Tout peut servir! Alors se demander si la canette à 5$ ou 7$ est plus rentable comme le jeune de tantôt…», raconte-t-il d’un léger rire. Mais Morgan Bridge, c’est plus que le graffiti. C’est aussi une très vivante galerie d’art. Certes, probablement plus underground que les autres à Québec. Du moins, plus street et plus branché. Lors de ma visite, c’était l’exposition Killer princesse de Zema. Une exposition où l’influence du tatou et du cartoon se fait sentir. Qu’il soit présent sur une toile ou sur une planche de skate, l’univers est urbain et coloré, grivois et provocateur. En vitrine, plein de petits Munnys, ces espèces de figurines prêtes à se faire transformer par les artistes de tous genres. Ils ont clairement l’air de jouets, mais on hésiterait à les prêter à des enfants. À ceci se mélange des participations d’artistes présents depuis les débuts de la galerie ou régulièrement invités. Quelques morceaux de chandails et autres tissus à enfiler. Des trucs plus décoratifs, comme des peluches ou des affiches. Presque chaque fois, c’est du produit local. À tous les coups, on aurait le goût d’acheter. Une ligne directrice à Morgan Bridge? La relation humaine. Le choix des expositions se fait davantage sur le feeling et le clic entre Jeune Alex et les artistes que ce qui est présenté. À preuve, j’en entendais davantage sur la personnalité des artistes que sur les œuvres décorant les murs de la place. Les artistes deviennent des amis, à l’instar des sept premières personnes ayant sorti l’argent pour partir ça. Avec cette franche camaraderie, Morgan Bridge est le centre d’une immense toile artistique, allant dans les arts visuels, la mode ou la musique. On y va parce qu’on s’y sent bien ou qu’on s’y reflète. Justement, le mois passé, je vous parlais du split de Maxime Robin et de Snowflake (alias Pascal Asselin alias Millimetrik). Ce vinyle était supposé être lancé officiellement lors du festival Antenne-A au début octobre. Les gars ont finalement dû lâcher un gros zut et autres gros mots. Car ces vinyles ont eu un problème en production et le lancement a été reporté en novembre. Les rumeurs parlent de la deuxième semaine du mois des morts. Les plus futés sauront que ce sont des gens de la Morgan Bridge qui ont élaboré le visuel dudit vinyle. Ainsi, non seulement le split Écoutez po la vitre sera enfin lancé, mais il le sera à la galerie! Pour être à l’affût, on regarde quotidiennement le blogue de la galerie (morganbridge.blogspot.com) ou le blogue La barbe sur le site du journal que vous lisez en ce moment.
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L'abominable homme des cons
Simon Jodoin 26 août 2010
L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.
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