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Reportages et entrevuesAprès trois ans d’absence, le groupe punk rock La descente du coude revient avec L’Idéal en civière. Nouvel album, nouvelle progéniture, nouvelles collaborations… Mais toujours le même premier ministre. Impossible d’interviewer Simon Leduc, chanteur et principal parolier de La descente du coude, sans parler politique. « Quand on a commencé à faire des tounes, Jean Charest arrivait au pouvoir, se rappelle le leader de la formation. Là, on espère jouer pour la fin de son règne! Ça fait longtemps qu’on a commencé à jouer et des choses n’ont pas encore changé. C’est assez troublant! » Avant même de s’attarder aux chansons, le titre du nouvel album, L’Idéal en civière, évoque une situation sociale qui fait couler autant d’encre sur les journaux que sur les partitions. «Notre temps parle bien de ça, expose Leduc. La volonté de changement se confronte à un réel qui accepte plus ou moins les rêves qu’on peut avoir. Il y a donc un conflit et c’est dans cette confrontation que le monde se crée, existe. » D’ailleurs, plusieurs nouveaux morceaux mettent en scène des personnages déçus. À titre d’exemple, il mentionne l’histoire de sa chanson Ulysse : quand le mythique personnage rentre enfin, Pénélope l’ayant attendu durant toutes ces années, se rend compte qu’il est fatigué et ennuyant. Ulysse est rentré dans le quotidien. « Mais il y a bien sûr une dimension politique à L’Idéal en civière. Il y a une volonté de transformer le monde, de sortir du néolibéralisme, de poursuivre la mouvance provoquée par les étudiants. Cet idéal n’est pas mort, mais il est blessé et il faut voir ce qu’on va faire avec ces blessures-là. » (NDLR : Si on commençait par aller voter, ce serait déjà beaucoup.) Simon contre la montre Faute d’un nouveau gouvernement, d’autres choses ont bel et bien changé, à commencer par la taille de la famille des membres du groupe. S’ajoutent aux nouvelles obligations parentales celles professionnelles de chacun. Les horaires sont chargés; composer et enregistrer un album a demandé de la patience et de la persévérance. « J’ai pensé pendant un moment qu’on n’arriverait pas à faire ce disque », confie Leduc. Mais les gars avaient des textes, des débuts de chansons. Puis le quatuor, dont la symétrie n’a pas changé en plus de huit ans d’existence, s’est entouré de quelques vieux amis. Se sont joint en studio Matthieu Van Vliet au trombone, Frédé Simard au saxophone et Pierre-Luc Labelle à la trompette, pour ajouter du groove sur trois chansons. Leduc explique : « On avait des lignes mélodiques qu’on voulait faire ressortir autrement qu’avec les guitares. On a soumis nos idées à ces gars-là, et ils les ont amenées tellement plus loin! » Maturité Non, la recette ne se répète pas sur ce nouvel album. Sur la page Bandcamp du groupe, le premier extrait de L’idéal en civière, «Simon contre la reine», commence par une intro instrumentale d’une minute vingt. Pas exactement ce à quoi La Descente du coude a habitué son public depuis la sortie de son premier EP en 2004! C’est ça, le nouvel album : les mélodies et la recherche poétique ont pris le dessus sur la fougue punk. « Sur le EP (Croyez-moi, ça fait mal) et sur L’Indécence du coup (2005), on était dans une énergie assez adolescente, une urgence de crier. Maintenant, on se concentre à faire des chansons qui peuvent être chantées et comprises. J’essaie moins de faire des jeux de mots », confie le musicien. Et il se défend bien de faire des textes cryptés, tel que ses confrères de studio le lui mentionnent parfois. Un peu opaques, peut-être, mais rien d’impossible à éclaircir. À lire et à entendre dès le 21 août. À voir sur scène mardi le 28 août à la Casa del Popolo. ladescenteducoude.bandcamp.com Crédit photo : Cindy Boyce
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11 septembre 2012
[...] est-il de ces nouveautés – cuivres, ukulélé, banjo – qu’on a mentionné dans les articles sur le lancement du disque? À vrai dire, ukulélé et banjo se fondent si bien avec le style qu’on a l’impression [...]