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Reportages et entrevues

La ballade de Louis-Philippe Gingras

La ballade de Louis-Philippe Gingras

André Péloquin
21 juin 2012

De Rouyn-Noranda à Montréal, du jazz au folk, l’auteur-compositeur-interprète Louis-Philippe Gingras sort de la Shed à Placard avec son maxi Salut man sous le bras.

Fruit de l’union d’une pianiste et d’un jazzman, Louis-Philippe Gingras a connu une drôle de crise d’adolescence. « Effectivement, je me suis rebellé. J’écoutais du heavy metal à l’adolescence, ainsi que du Bob Marley jusqu’à ce que j’étudie en musique jazz et que je découvre le sens de tout ça », confie-t-il candidement. C’est donc entre deux écoutes de « Reign In Blood » et de « One Love » que Gingras s’est découvert une passion pour la musique. « En fait, je n’étais bon qu’à ça », ajoute-t-il.

De L’Abitibi à Montréal en passant par le sud des États-Unis

Six cordes à la main, Louis-Philippe s’est donc rendu « dans la grand’ ville » pour poursuivre des études en technique d’arrangement jazz au Cégep de Saint-Laurent ainsi qu’en interprétation jazz à l’Université McGill. C’est aussi lors de ses études qu’il a rencontré ses collègues du collectif Les Contracteurs Généreux.  Un projet à saveur jazz qui est présentement sur la glace, « mais on n’est pas mort! », tranche le guitariste.

De retour, seul dans son patelin, Gingras s’est surpris à délaisser sa formation universitaire pour des accords… moins complexes : « Je pense que c’est la solitude qui m’y a mené », lance-t-il en rigolant. « De retour en Abitibi, j’ai commencé à écrire seul à titre de musicien et ça m’a amené à me défouler sur des textes qui collaient à de la musique plus simple d’approche, mais qui me faisait quand même vibrer. Des accords à trois sons, c’t’encore bon! », justifie-t-il  avant d’ajouter qu’il n’a pas délaissé sa formation universitaire pour autant. « En fait, je crois avoir une démarche assez jazz dans mon folk. Après tout, les racines de ses musiques sont quand même liées ensemble dans le profond des États-Unis et j’assume mon « américanitude » dans ces deux genres-là. »

Un week-end magique liant Dany Placard à une anecdote de scrotum

En plus de composer des mélodies folk aux accents jazz et bluesy, Louis-Philippe Gingras signe des textes alliant l’anecdotique au jardin secret,  les petits hauts aux petits bas. L’auteur-compositeur-interprète s’explique : « Y’a toujours une part d’autobiographie, mais aussi beaucoup d’abstractions et de la philosophie de brocante. Personnellement, je ne trouve pas ça très intéressant de savoir ce que les gens mettent sur leurs toasts, mais ce que ça veut dire, pour toi, la confiture sur ta toast, là, ça devient intéressant. Mes textes peuvent avoir une portée sociale, mais je ne tente pas de faire la morale à personne. »

Et ça, c’est quand il n’aborde pas le scrotum d’un ami…

Invité à commenter sa pièce « Hôtel Continental », où l’auteur dit « pleurire » en déjeunant dans un endroit peu recommandable, Gingras ne fait pas dans la dentelle. « C’est, comme vous l’avez deviné, une contraction des mots « pleurer » et « rire » et c’est arrivé alors qu’un chum me racontait qu’il s’était rasé le scrotum pour plaire à sa douce, sans succès. Ça lui a surtout donné une irritation aux parties plutôt qu’une réconciliation des parties, disons. »

Maxi de six pièces, Salut Man s’est enregistré dans la Shed à Placard, un studio aménagé – vous aurez deviné où – derrière sa demeure et où une nouvelle cohorte de chanteurs folk – Chantal Archambault, Tire Le Coyote, Francis Faubert, etc. – s’est raclée la gorge. Gingras est non seulement passé par là, mais a ramené avec lui un disque ainsi qu’un nouveau collaborateur avec qui il a notamment enregistré la musique du court-métrage Après la ruée de Martin Blais. « Justement, j’ai rencontré Dany le même week-end que l’anecdote du scrotum! », poursuit Louis-Philippe, ce dernier participant à un concours musical – le FRIMAT – où le premier intervenait à titre de juge.

Introduits par un ami commun, le méga fiable Félix B. Desfossés, Gingras et Placard ont appris à se connaître avec Salut Man. « Il a amené une certaine forme, un certain cadre [à l’oeuvre] », explique Louis-Philippe. « Mes chansons étaient un peu floues et j’ai laissé une grande place à Dany dans mon truc et je crois avoir bien fait. Malgré le personnage, Placard est doté d’un esprit très cartésien en plus de son expérience à titre d’auteur de chansons. Il sait où il s’en va! »

Ensemble, ils iront d’ailleurs à Gaspé le 21 juin, puis à Carleton-sur-Mer le 22 le temps de deux concerts. Ensuite, Louis-Philippe Gingras participera au Festival en chanson de Petite-Vallée, prendra des vacances, risque de revenir s’installer à Montréal pour plancher sur de nouveaux projets, dont une nouvelle trame sonore de film.

louis-philippegingras.bandcamp.com

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