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Reportages et entrevues

L’odyssée d'Ariel

L’odyssée d’Ariel

Stéfane Campbell
28 avril 2009

« On essayait de ne pas trop se soucier du buzz, disons que c’est beaucoup de pression », précise Ariel Coulombe, leader de la formation Ariel, sortie grande gagnante hier soir de la finale des Francouvertes 2009 dans un Club Soda hautement festif. C’est que pour une rare fois dans l’histoire du concours, le groupe concluait hier un parcours sans faille sur l’ensemble de la série, ayant au préalable trôné en tête de peloton tant aux préliminaires qu’en demi-finale. Damnant ainsi le pion aux deux autres finalistes, Francis D’Octobre et Mam’Moizèle Giraf, c’est visiblement ébranlés que le jeune « rachitique » (selon ses propres dires) et ses complices de scène – Sélène Bérubé, Philippe Lemire, Benoit Desrosby et Jonathan Gagné – commentent l’onde de choc qui les prend d’assaut.

« En même temps, même si on se faisait flatté par les médias, on nous traitait aussi très souvent d’arrogants », rétorque-t-il lorsqu’on lui rappelle la couverture médiatique déployée jusqu’ici. Bien que selon nos principaux intéressés, la présence scénique ne soit pas une préoccupation consciente pour eux, « c’est évident qu’il faut s’assumer, donner un show… on essaie de livrer à juste titre l’intensité des chansons qu’on propose. C’est un travail d’équipe, tout ça provient de l’énergie qui s’échange entre nous à la base. »

Après deux ans et des poussières à mijoter leur psycho-rock aux accents new wave tout en cultivant la prestance qu’il requiert sur les planches, Ariel misait hier soir le tout pour le tout : « On sentait que les autres groupes empiétait sur notre terrain – et de très belle façon. On a senti une coche d’intensité de plus de leur part. Disons que la barre était haute. » Ce sur quoi Desroby, bassiste du groupe, renchérit : « Parce que l’intensité, c’est un peu notre créneau. » Rire général.

Consacré par un jury d’acteurs de la scène musicale montréalaise [Louis-Jean Cormier (Karkwa), Vincent Vallières, Laurent Saulnier (FrancoFolies de Montréal), Nicolas Tittley (MusiquePlus) etc…] de même que le vote du public sur place, Ariel pourra donc s’épivarder sur les planches des Francos cet été (un des prix), en plus d’avoir raflé le prix du public, celui de compositeur, et tout le bataclan (dont la bourse Radio Sirius de 10 000$) que se mérite le premier de classe. Le Dance-Hall raggamuffin’ de Mam’Moizèle Giraf, qui talonnait d’assez près en termes de prestance, aura tout de même tiré son épingle du jeu, empochant le prix de la chanson de même qu’une prestation aux Francofolies de Spa, en Belgique. Et bien que plus discret sur le plan des récompenses, le folk sobre et sensible de Francis D’Octobre ne repart pas les mains vides puisque chacun des trois finalistes d’hier se méritent du temps d’enregistrement en vue d’un album.

Mais revenons à nos vainqueurs, est-ce qu’Ariel est le projet d’un homme bien entouré ou d’un groupe en bonne et due forme ? « La question n’a pas nécessairement à se poser, les gens n’ont qu’à en juger d’eux-mêmes et l’une des choses qui ressort le plus à ce jour dans les commentaires est justement le plaisir qui se dégage de la perfo et l’esprit de groupe, la cohésion entre nous. Que je compose les trucs c’est une chose mais la résultante demeure clairement une affaire de gang. On est des chums dans la vie autant que sur scène. »

www.myspace.com/arielgroupe
www.myspace.com/madmoizelegiraf
www.myspace.com/francisdoctobre

les perfos seront disponibles à compté de mercredi sur bandeapart.fm

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CHRONIQUES

L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
26 août 2010

L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.

« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.