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Reportages et entrevuesMononc’ Serge et Anonymus : Un Mononc’, du houblon et des moronsKristof G17 avril 2009
Même si Serge Robert dit chanter pour les morons et que tout l’monde se crisse de Mononc’ Serge, chez BangBang, on a toujours adoré sa verve dévergondée. Quand il s’accompagne de ses potes d’Anonymus, jamais «headbanger» et se marrer se sont si bien mariés. Peu après une petite série de spectacles au pays des bleuets, on lui a jasé plus tôt cette semaine quelque part dans le pittoresque quartier d’Hochelaga-Maisonneuve, à l’aube de son concert de ce samedi 18 avril au National. Pour les susmentionnés morons, voici la petite genèse du trip heavy de Mononc’Serge avec Anonymus: après avoir écouté en boucle l’album 13 Tounes Trash dans leur truck de tournée, Anonymus invite Mononc Serge sur scène pour faire sa pièce « Marijuana », alors qu’ils participent tous deux au festival itinérant Polliwog en 2001. La sympathique collaboration se poursuivit avec la parution de L’Académie du Massacre, un album quasi complet de reprises métallisées des classiques de Mononc’. Un compact qui connut un succès surprenant (meilleur vendeur de leurs discographies respectives!). S’en suivirent moult participations à des festivals, spectacles courus et même un DVD, La Pâques Satanique, enregistré au Métropolis en 2005. L’automne dernier, le super groupe aussi comique que métallique se reformait pour donner naissance à un deuxième album, Musique barbare. Mononc’ et la discipline… Même s’il se défend d’être prolifique, Mononc’ a envoyé environ deux douzaines de démos aux gars d’Anonymus, afin qu’ils choisissent celles qui seraient métallisées. Marrant car, à ses débuts, Mononc’ avouait n’écrire que quatre ou cinq chansons par année. C’était avant son passage à la radio communautaire CIBL, qui l’a beaucoup aidé au niveau composition: il devait alors composer des chroniques de chansons d’actualités au rythme d’une par semaine (de là est né son premier album Mononc’Serge chante 97). Mais pourquoi le match entre Mononc’ et Anonymus est-il si efficace? Peut-être parce que le premier fut un jour un « métalleux » lui aussi. «Quand j’ai commencé à jouer de la musique, je jouais du métal. Mais du métal pas mal plus pop […] on jouait du Mötley Crüe, du KISS, des affaires de même… sauf que j’en écoutais pas beaucoup. Moi j’étais plus dans des Iron Maiden, Black Sabbath, Dio… un ti peu moins « cock rock », disons. Metallica, à leurs débuts avec Ride the Lightning et Master of Puppets, ça je trouvais trop radical, très heavy. Aujourd’hui quand je réécoute ces disques-là, ça ne me semble pas si heavy que ça !» Hé, Mononc’ ! Comment c’est de (re)travailler avec Anonymus ? «Ils m’apportent une espèce de discipline au niveau du son et du style […] eux autres, la direction, ils l’ont […]. Ça donne une certaine cohérence à mon son. Moi, quand j’ai commencé à penser à faire un album pendant l’été 2007, j’avais une masse critique de chansons qui était plus heavy, plus rock… je me demandais si j’allais pas faire un album carrément acoustique… j’voulais pas faire comme sur Serge Blanc d’Amérique, c’est-à-dire arriver avec un album éparpillé au niveau du son. Je voulais vraiment avoir quelque chose de défini. Et je savais qu’avec Anonymus, je pourrais arriver à ça très facilement. Et en même temps, j’ai eu beaucoup de demandes… ça finit par te travailler. Je pense qu’à tous les shows que j’ai fais depuis qu’on s’est séparé en 2005, y’avait quelqu’un pour me demander quand on allait se reformer. Comme ça avait été super agréable de travailler ensemble la première fois… On s’obstine pas ben gros, m’a te dire.» Des Beatles à René Lévesque… De formation en animation, Mononc’ n’en a pas, mais ça ne l’empêche pas d’en réaliser pour ses vidéoclips cocasses pour les pièces « Marijuana », « Saskatchewan » et « Les Patates » (pensez à un croisement entre South Park et Simon Lacroix). Son plus récent, « Sous-marin brun », vient d’être lancé, alors que l’expo Imagine (sur John Lennon et Yoko Ono – ridiculement parodiés dans le clip) est présentée au Musée des Beaux Arts. «Je n’ai pas fait ça pour blaster les Beatles, c’est plus de l’autodérision, confiait Mononc’, qui, au moment d’écrire l’album, a reçu en cadeau l’intégrale des Beatles. L’hommage est délicieusement niaiseux, mais risque hélas de ne jamais passer à MusiquePlus. Sur Musique barbare, on retrouve aussi une apparition de Rick Hugues (du défunt groupe power metal québécois Sword) sur la pièce « René Lévesque ». «Je l’ai vu l été passé à un show d’Éric Lapointe, pour qui il est choriste maintenant. J’avais ma toune René Lévesque et je voulais avoir un chanteur à voix. Et quand je l’ai entendu, me suis dit : oh boy, c’est exactement ça! J’ai pris son nom en note. Quand on est venu à faire le disque, j’ai eu ses coordonnées, je lui ai écris et y’a participé au disque avec beaucoup d’enthousiasme, c’était l’fun! J’espère qu’on va l’avoir en show à un moment donné, ça fait 2, 3 fois que je l’invite, mais il est toujours en concert quelque part avec Eric Lapointe !» Cependant, le plan initial était de recruter Joey Belladonna (ex chanteur d’Anthrax que les frangins Souto d’Anonymus ont déjà accompagné en concert). Le projet ne s’est évidemment jamais concrétisé. «Juste avoir Joey Belladonna qui chante une phrase sur un album de Mononc’ Serge, sur une toune, sur « René Lévesque », ç’aurait vraiment été très absurde!» Quand on lui souligne que, comme un Mini-Wheat, sa musique possède un givrage comique, mais aussi un côté plutôt critique, il réplique : «Moi je ne fais pas de la musique pour passer des messages, je fais de la musique pour m’amuser […]. Je tripe à écrire des chansons. Je ne suis pas quelqu’un qui aime beaucoup jouer, je ne pratique jamais. Moi quand je prends un instrument, c’est pour écrire des tounes. C’est pour ça qu’en show, je ne joue presque plus de musique. J’aime mieux être accompagné par des gens qui ont un intérêt vraiment profond. Je préfère écrire et structurer des tounes et développer mon personnage. » Sur ses « pétages de plombs » dans ses chansons (comme sur « J’Pue pas, j’sens l’punk »), il ajoute : «Une chanson, j’pense pas que c’est un lieu pour faire des petites nuances comme ça et mon personnage m’autorise à faire ces choses-là… à la limite je peux être incohérent ! Quand j’arrive devant le monde, j’ai tellement peur d’ennuyer le monde. Il faut que je fasse quelque chose qui sort de l’ordinaire pour garder l’attention des gens. » Le Mononc’ en concert aime bien introduire ses pièces à l’aide de longues histoires hilarantes. «Je me souviens d’un show que j’avais vu en 93 ou 94, dans un bistrot sur St-Hubert. J’suis allé là un soir, c’était un chansonnier que je ne connaissais pas. Le gars présentait longuement ses chansons avant de les faire. Ce show-là m’avait vraiment marqué. Je me disais que c’était peut-être des tounes que j’n’aurais pas aimé, mais il les présentait de sorte que, quand la toune commençait, on avait vraiment de l’intérêt pour écouter ce qu’il était pour dire. Quand J’ai commencé à faire des spectacles solos, j’avais ça en tête, j’avais ce modèle-là. » Avant qu’ils ne retournent en France possiblement l’automne prochain (ils y étaient en février 2009 avec Tagada Jones), on pourra les voir ce samedi « barbariser » le National avec Les Ékorchés. Samedi le 18 avril au National (1220, Sainte-Catherine Est)
3 commentaires
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Mon dictionnaire Robert raconte que le bonheur est un état de pleine satisfaction. C’est exactement ce que je vis et ressens (intensément) ces temps-ci. Et je serais honteux et malhonnête si je n’attribuais pas les mérites de cet « état de pleine satisfaction » à ma nouvelle blonde, ma chérie, mon amour : Marie-Josée.
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17 avril 2009
Excellent papier sur cet excellent artiste! Tu devrais rajouter le clip pour “Y’en a des pas pires!”
17 avril 2009
Ya Half-Bro! Pertinent et complet! Lâche pas!
19 avril 2009
Merci pour les bons mots les gars!