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Reportages et entrevues

Kataklysm : Volonté de faire (Entrevue avec Maurizio Iacono)

Kataklysm : Volonté de faire (Entrevue avec Maurizio Iacono)

Yanick Klimbo Tremblay
5 septembre 2012

La plupart des amateurs de Kataklysm de la mouture moderne étaient soit très jeunes ou inexistants lors des premiers balbutiements du groupe en 1991. Ce groupe montréalais existe depuis 20 ans et c’est tout un exploit, au Québec comme partout sur la planète, surtout pour un groupe de métal extrême qui fait fi des conventions depuis les premiers éraillements dans le local de pratique.

Un grand total de 20 chandelles sur ce gâteau métallique et il semble que le groupe ne manquera pas de souffle pour le 25e anniversaire et probablement le 30e. Lors du Heavy MTL, j’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec Maurizio Iacono, le chanteur du groupe, avec qui les discussions ont tourné autour de son groupe – comme de raison – mais aussi sur d’autres sphères qui préoccupent le chanteur comme sa vie familiale, le temps qui file  et le fait de profiter du moment présent. Entretien exclusif avec Maurizio de Kataklysm.

Avec un bon 20 ans de carrière derrière vous, Kataklysm a vécu de nombreuses vagues métalliques mais vous avez toujours été capable de rester fidèles à votre son qui semble plaire autant aux Européens qu’aux Américains, ce qui est rare! Vous avez fait de nombreux festivals, autant ici qu’ailleurs ce qui vous a permis de voir comment le métal canadien peut se porter au niveau mondial. Peux-tu nous faire ton analyse?

Le style canadien est très différent, ça touche plus l’Europe. Même au Canada, en tant que tel, ce qui se fait dans l’ouest est très différent de ce qui se fait ici au Québec. Il y a un côté progressif dans l’ouest, ils sont un petit peu « sautés » dans le genre. Voïvod était comme ça mais quand tu penses à Devin Townsend, un méchant fou, ou Rush, ce sont des groupes qui possèdent un côté technique qui surpasse bien des gens de la scène canadienne. Au Québec, avec Cryptopsy et Gorguts, c’est nous ici qui avons sorti ce genre-là qui est plus brutal. En ce qui concerne Kataklysm, je dirais que nous nous rapprochons de ce qui se fait chez les Américains parce que le groupe est plus groove.  Nous sommes plus simplistes dans nos affaires. De mon côté, je crois que parfois « sometimes less is more » mais ça dépend parce que nous travaillons beaucoup sur nos arrangements pour garder le tout intéressant. Tu sais, je suis un gros fan d’AC/DC; c’est très simple ce qu’ils font mais quand une de leurs chansons commence, ta tête se met à bouger automatiquement. C’est ce que j’aime et avec Kataklysm, il n’y a pas de barrières.  Peu importe la tendance du moment, nous faisons notre affaire! Et tu vois que les gens continuent de nous supporter après tout ce temps et ça continue de grossir. J’imagine que nous devons faire quelque chose de correct, non?

De la manière dont tu viens de parler, tu sais ce qui se passe au Québec. Est-ce que tu te tiens au courant de la  scène parce que cette scène métal d’ici t’intéresse? Est-ce en relation avec ton travail avec Rock the Nation? (NDLR : Maurizio est aussi gérant d’artistes métal avec la compagnie Rock the Nation, une compagnie de gérance qu’il a mise sur pied avec Stephan Mellul.)

C’est une scène intéressante. Nous sommes ici depuis le début. J’ai commencé ma carrière ici mais il faut aussi savoir ce qui se passe autour de toi et surtout, chez toi. Par la suite, tu regardes ce qui se passe ailleurs dans le monde. À la base, j’aime le stress que la musique m’amène. Moi, je vis ça. Quand je me lève le lundi matin, je suis content car j’ai la chance de voir ce qui se passe dans le monde du métal tandis que d’autres se lèvent et détestent leur job en plus d’avoir déjà hâte au vendredi. J’aime savoir ce qui se passe partout dans le métal. Ça ne veut pas dire que j’aime tous les styles de métal, il y a des genres de métal qui pognent et je ne sais vraiment pas pourquoi. Mais un trend, c’est un trend, et ça ne prend pas un grand nombre de personne pour convaincre un autre groupe de personnes pour aimer ça!

Par exemple, le nouveau Testament, je l’ai écouté. La première fois, je me suis dit que c’était un album incroyable. Un de leurs meilleurs depuis Practice What You Preach. Je savais que ça fonctionnerait, ils en ont vendu 21 000 copies la première semaine, ce qui est fou maintenant et personne ne s’attendait à ca. Tu ne le sais jamais ce qui va arriver mais tu dois le savoir lorsque tu as quelque chose de bon et que les fans vont te supporter. Avec Rock the Nation, je n’ai pas vraiment le choix. Je dois savoir ce qui se passe. C’est juste qu’au Québec, les groupes d’ici sont beaucoup trop préoccupés à devenir gros au Québec dans un premier temps.  Ils veulent se positionner ici en se disant qu’après, ils peuvent devenir gros ailleurs. Le problème, c’est que personne ne regarde ce qui se passe au Québec. Tout le monde sait que c’est gros le métal ici mais ils ne voient pas le potentiel réel, sinon tout le monde serait signé. Kataklysm est un bon exemple.

À la base, nous n’étions pas très reconnus au Québec. Nous avons eu une ouverture en Europe parce que nous avions une certaine popularité en Allemagne. Nous avons donc poussé les frontières en ne nous concentrant pas sur le Canada. C’est comme ça que Kataklysm a commencé, en devenant populaire ailleurs pour ensuite le devenir ici. Les gens se disaient : « Hey, des gars de chez nous qui pognent en Allemagne? Cool, je vais regarder ça! » C’est ce que je veux dire; nous avons été innovateurs en repoussant les frontières. Kataklysm ne s’est jamais mis de barrières et ce, depuis le début.

20 ans de carrière, il y a donc eu des hauts et des bas. Tout le monde connait les bons moments de Kataklysm mais peux-tu nous parler des moments plus difficiles? Lorsque certaines personnes vous ont fait comprendre que vous n’aviez plus votre place.

Au départ, on se faisait dire que notre carrière ne serait que de deux ou trois ans. Nous venions tout juste de signer avec Nuclear Blast, parce que dans ce temps-là, dès que tu étais signé, c’était très gros mais le distributeur nous a dit de profiter du moment car dans deux ou trois ans, ce serait déjà du passé. C’était négatif dans ce temps-là. Il n’y avait que Gorguts de signé chez Roadrunner et ils venaient de se faire lâcher par la compagnie.

Tout à coup, plus aucun groupe du Québec n’était signé avec des compagnies majeures mais Kataklysm qui arrive avec un contrat pour Nuclear Blast, c’était la grosse affaire. Bien des gens croyaient que la même chose allait nous arriver après quelques temps, comme Gorguts. Il y a ce que l’on appelle une balance dans le milieu musical, ta carrière peut aller vers le haut et vers le bas; elle ne peut pas toujours être sur le top!  Mais quand tu es en bas de la balance, tu dois t’y faire avec tous les moments difficiles qui viennent avec.

Kataklysm est le genre de groupe qui n’a pas reçu de nombreuses opportunités. Le groupe n’a jamais poussé au niveau technique, ça ne nous intéressait pas et ne nous intéresse pas plus aujourd’hui. Kataklysm n’est pas fait pour ça. Les amateurs aimaient ce que le groupe proposait mais les médias du genre,  ils n’embarquaient pas à 100% avec nous autres. Ça été très difficile. Il y a eu des situations où nous étions découragés. Max (Duhamel, batteur) est parti deux ou trois fois. À chaque fois, c’était dévastateur sur l’esprit du groupe. Il y a eu d’autres petits combats mais tu sais, ça fait partie de notre éducation, ce n’est pas facile d’être dans un groupe car il n’y a pas que la musique avec qui tu dois faire face. Dès que tu apprends à comprendre le fonctionnement de l’industrie, c’est là que tu comprends comment tu vas t’en sortir avec la dimension affaire.

Quand nous avons commencé, nous étions jeunes. Tu dis à ta compagnie de disques : « Pourquoi tu ne mets pas de promotion, pourquoi il n’y a pas d’affiches, de publicités, pourquoi tu ne fais pas ci et pas ça? » Dans un sens, nous autres on capotait tout le temps car on ne voyait rien et ça ne pognait pas malgré nos efforts! On voyait In Flames qui venait de signer avec la même compagnie que nous et ils se retrouvent avec des pages complètes de publicités dans des magazines. Ils vendaient beaucoup plus d’albums que nous, c’est ça qui arrivait. La compagnie va mettre plus d’argent sur ton groupe quand tu vas te mettre à vendre beaucoup plus.

Le secret a été de faire de la tournée et de la tournée après d’autres tournées. Sur la route, tout le temps! Sur scène, tu offres ta vision des choses aux gens présents dans la salle. Ensuite, les gens vont s’attacher à ton groupe et par la suite, tu vas connaitre tes besoins en tant que groupe. C’est surtout une question de patience. Et si tu peux, il faut vivre chez tes parents longtemps! Nous sommes restés longtemps chez nos parents. Nous avons été chanceux.

Vous avez toujours eu le support de vos parents?

Tu sais, je suis Italien, c’est sûr qu’ils ne me laissaient pas partir! Je n’ai donc jamais eu ce problème.

Le DVD « Iron Will » retrace 20 ans de votre carrière. Qu’est-ce qui fait que vous avez décidé d’y aller avec un documentaire très complet qui parle des origines du groupe au lieu d’une compilation typique?

Nous n’avions vraiment rien dans nos mains qui nous permettaient de voir ce que nous avions fait depuis tout ce temps.  Il y a des gens qui disent : « Ils ont été chanceux! Ils ont fait des disques, c’est facile!» Mais il y a énormément d’efforts là-dedans, ca n’a pas été fait du jour au lendemain ce que Kataklysm a fait et ce que c’est devenu. Il y a eu de la souffrance et de la persévérance en même temps. Nous l’avons fait pour nous en premier, question de réunir l’essentiel de ce que nous  possédions en images et pouvoir montrer ça à mon fils un jour, pour pouvoir lui dire : « Regarde, c’est ce que j’ai fait dans ma vie! » Je trouvais que c’était quelque chose d’important, de se rappeler d’où nous venions parce qu’après 20 ans de carrière, il est bon de voir ce que nous avons fait, il y a des bouts où tu ne te souviens plus de certains moments.  Par la suite, en regardant le tout, nous pouvons nous concentrer sur le prochain album avec du matériel qui va surprendre, comme une flamme au cul! Aussi, nous l’avons fait pour les fans, pour les remercier. C’est à vous autres maintenant, merci! C’est à cause de vous autres si nous en sommes là, nous vous disons un gros merci, tsé. Ce n’est pas fait en fonction d’aller chercher de nouveaux fans, pour démontrer que nous sommes gros.  Nuclear Blast a vraiment embarqué dans le projet, ce qui démontre qu’ils ont beaucoup de respect. Le documentaire est d’une durée de 5 heures et demie. Ce n’est pas facile à regarder parce que c’est très long. Ça prend pratiquement une semaine si tu en regardes un petit peu à chaque jour. Il y en a pour tous les goûts sur le DVD Iron Will. Si tu es un fan des dix dernières années, tu es mieux de commencer avec la deuxième partie et après, va voir la première partie. Ensuite, tu vas vouloir savoir pourquoi telle chose est arrivée. Sinon, c’est difficile man! Tu retombes en 91, c’est vieux et la seule chose qui peut être cool, c’est de me voir avec un mullet, la coupe Longueuil. Mais tout ça est bien sorti et je suis content. Je ne peux pas me plaindre, je suis encore ici, je fais ce que j’aime. Kataklysm continue de grossir comme groupe dans un univers où le monde de la musique n’est pas en bon état.

Vous avez passé au travers les années grunge  qui était la mort du métal pour certains…

Le black métal, le deathcore. Tout change sur une période de cinq ans.  Quand tu en as vu pour quatre périodes, c’est là que tu vois la force de ton groupe. Nous avons survécu.

Vous avez surtout passé au travers la période du – permets-moi l’expression – « spectre » Sylvain Houde. Tu as pris sa place, tu étais le bassiste et en prenant le micro, tu disais dans un sens : « Voici ce qui se passe ». Avec le recul, comment vois-tu cette évolution?

Nous n’aurions jamais pu continuer avec Sylvain. Le band n’aurait jamais toughé. Ça ne cliquait pas. Un groupe, c’est une famille, il faut que ça clique. Tu vis plus avec les membres de ton groupe qu’avec ta propre famille quand tu es en tournée et après, tu composes l’album suivant, puis vient le studio. Tu passes plus de temps avec ton groupe qu’avec ta propre famille et tes amis, il faut que le tout soit solide. Avec Sylvain, ça ne cliquait pas. C’est un gars autonome qui avait ses idées à lui. Il ne disait pas : « Hey, que pensez-vous de ça? » Oh que non! C’était plutôt : « Ok les gars, il FAUT faire ça! » Le gars ne savait pas jouer d’un instrument. Tsé, ne pogne pas ma guitare pour me monter comment jouer un riff quand tu ne sais même pas faire du picking sur une guitare. Au début, il avait des idées très novatrices qui ont forcé le groupe à être et sonner d’une certaine manière; c’était très extrême et over the top.  Je dois lui donner ça car c’est ce qui nous a fait connaître. Mais après un bout, il voulait faire un groupe chrétien, il se voyait comme un Sauveur et voulait avoir sa face sur la pochette.  C’était trop, ça ne marchait plus avec le modèle de base. Il a fallu faire le move, j’ai mangé une estie de volée parce que les gens ne voulaient pas me voir là! J’étais le bassiste avec la calotte. C’est ça que t’es supposé faire. Tu n’es pas le chanteur, tu ne fais que des backing vocals. Mais je trouvais que c’était plus facile si je le faisais au lieu de prendre un gars inconnu pour le mettre en avant de la scène à la place de Sylvain. Il était déjà vu comme l’icône dans le temps. C’était trop difficile, c’était trop de gambling! Je me suis dit que si au moins, c’était un gars du groupe, ça pouvait passer. J’ai pris une chance, j’ai travaillé très fort et nous sommes passés au travers. Dans les moments difficiles, ce serait donc celui-là qui serait LE plus difficile.

Avec le recul, tu peux confirmer que le changement de chanteur a été le moment le plus difficile?

Tout s’est joué là! Soit que le groupe finissait là ou nous prenions la chance de continuer avec moi comme chanteur.

Est-ce que le tout a été difficile avec votre compagnie de disque, Nuclear Blast, d’avoir un changement de chanteur?

Nuclear Blast ne voulait pas me donner cette chance non plus. Ils nous avaient signés avec Sylvain, ils n’étaient pas intéressés et c’est pour ça qu’ils nous ont laissés aller. Mais je leur remets tout le temps dans la face maintenant, je dis aux patrons: « Vous nous avez laissé partir mais vous êtes revenus nous chercher! » Après le départ de Nuclear Blast, Kataklysm a fait l’album Victims of this Fallen World avec une autre compagnie du nom de HypNoTic. C’était Universal qui distribuait ça ici. L’album est sorti un peu partout, nous avons fait une tournée en Europe et c’est là que tout a changé pour Kataklysm, à nouveau. C’est là que nous avons eu une autre opportunité. Les fans trippaient.

C’est là que Nuclear Blast est revenu vous chercher?

Pas tout de suite. On avait l’album Prophecy qui était prêt et on se cherchait un nouveau label. Je l’ai envoyé partout et Nuclear Blast nous ont signés à nouveau.

Mais ta vie maintenant, tu chantes avec Kataklysm, avec ExDeo… Tu es aussi propriétaire de ton agence d’artistes Rock the Nation et d’une pizzeria…

Je l’avais avant, j’ai vendu dernièrement. J’étais plus capable. Trop de stock!

Tu es probablement le gars le plus occupé de la communauté métal canadienne avec Devin Townsend. En sachant que le Québécois moyen travaille 40 heures par semaine et que le vendredi, il veut la paix, on voit clairement que ce n’est pas le cas pour toi. Comment fais-tu pour balancer le tout; travail, groupe et famille?

Être un père en plus.  L’affaire c’est qu’il faut que tu aimes ce que tu fais. Moi, je suis ici au Heavy MTL, j’ai du fun. J’ai fait venir ma blonde de Chicago pour l’occasion. On est ensemble, pour un peu de temps mais ça compte. On boit et on trippe. Il faut que tu trouves le moyen de faire ce que tu dois faire, c’est tout. Quand je reviens de tournée, je passe beaucoup de temps avec mon p’tit.  J’ai un garçon. Il a 8 ans. Il commence à aimer le rock et le métal. Il se fait pousser les cheveux.  Mais je veux qu’il cherche son propre chemin. Il faut que tu calcules ton temps, il faut savoir prendre des breaks aussi. Si les gens veulent se péter la gueule le vendredi et recommencer le samedi pour dormir toute la journée le dimanche, qu’ils le fassent. Tant mieux pour eux-autres! Moi, j’ai autre chose à faire mais je ne juge personne. Parce que si tu ne le fais pas au moment où ça passe, tu vas achever ta vie bien vite en te disant que tu aurais donc dû le faire. Le stress et les remords vont te manger rapidement. Et ceux qui croient que leur vie ce n’est que du négatif, ce n’est pas vrai. Il y a toujours quelque chose de nouveau que tu peux faire pour t’en sortir.

Quel est le futur immédiat pour Kataklysm?

Là, on est en break un petit peu. On fait la tournée du DVD pour 3 semaines au Canada et États-Unis. En 2013, il n’y aura pas grand-chose pour Kataklysm, ce sera très calme pour le groupe. Peut-être un show ou deux. On va voir car on veut donner le temps au groupe de respirer. Il faut créer de l’attente, je veux que les gens désirent un nouveau Kataklysm. Si tout va bien, un nouveau disque pour 2014. Ce sera la période la plus longue entre deux albums depuis les débuts du groupe, quasiment 4 ans. Je pense que c’est nécessaire présentement. Le focus sera sur ExDeo, dans mon cas.

Pour finir, il me semble qu’à un moment donné, tu as fait ton cours pour être policier.

J’ai fini mon cours, j’aurais pu le devenir complètement. Je vais être honnête avec toi, je gagne ma vie en ce moment de façon à ce qu’elle soit plus intéressante que celle d’un policier, autant au niveau monétaire qu’au niveau du danger. Je n’ai pas besoin de mettre ma vie en jeu à chaque jour. Quand tu commences comme policier à Chicago, c’est sur des quarts de travail de minuit à midi. Ils t’envoient dans les ghettos où il y a un meurtre par jour au minimum. J’adore le milieu policier, j’aime ça et je regarde encore les films du genre. J’ai bien réussi mon cours, j’ai beaucoup étudié et j’ai terminé premier de mon école, un collège américain. Je rentrais dans les forces, c’était certain. Mais j’aime aussi les tattoos, les cheveux longs… ‘fait que fuck offKataklysm roule bien, j’ai vu la planète au complet… pourquoi changer ça? Il y a des gens qui disent souvent : « Tsé, j’arrive à 50 ans, j’ai rien à moi et je n’ai rien vu, je n’ai jamais fait de voyage… Je suis fini.» Mais dans un sens, si tu as vécu toute ta vie comme tu le voulais, c’est déjà une victoire. Tout ce que je fais, je le fais au maximum. Je ne me dirai pas à 70 ans – et ça se peut que je ne me rende même pas là – « J’aurais donc dû… ». J’ai appris beaucoup de mes grands-parents. Ce sont des Italiens qui sont arrivés ici après la Seconde Guerre mondiale, ils ont tout bâti avec leurs mains, en travaillant fort et ils ont fait de l’argent en faisant énormément d’efforts. Ils ne dépensaient pas une cenne, n’achetaient rien et ne prenaient pas de vacances car ils économisaient. Là, mon grand-père a 95 ans, il est malade et il voit que la fin s’en vient. Il m’a dit l’autre jour: « Tsé, je n’ai vraiment pas fait grand-chose de ma vie. » Tu comprends ce que je veux dire? Ça fait réfléchir énormément.  Je lui dis que je mène ma vie au maximum et que j’ai du fun. Je m’occupe de ma santé au meilleur de mes capacités étant donné que j’ai un fils que je veux voir grandir et être là pour lui. Comme on le dit si bien: Il faut vivre sa vie! C’est juste ça, man!

Kataklysm a un nouveau DVD du nom d’Iron Will, disponible sur l’étiquette Nuclear Blast! Le penchant romain du groupe, ExDeo sortira son nouvel album Caligvla le 11 septembre sur étiquette Napalm Records.

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