BangBang : bangbangblog.com

Reportages et entrevues

Jimmy Target & The Triggers : Tirer dans tous les sens

Jimmy Target & The Triggers : Tirer dans tous les sens

Marc-André Savard
9 novembre 2012

Jimmy Target & the Triggers puisent leur inspiration dans à peu près tous les racoins mal famés de l’art, du cinéma et du rock’n’roll. À l’occasion de la sortie d’un troisième disque, Jimmy Target dévoile quelques facettes bien planquées de sa créativité.

La cible, la gachette et l’explosif

Sur les deux premiers disques (l’album The Venom Dead Trip (2008) et le maxi The Reverb Outlaws (2011)), le groupe a révélé une musique abrasive et poussiéreuse: comme si les Stooges («notre principale influence») sirotaient une Margarita dans le désert avec le compositeur de musique de film Ennio Morricone («qu’on écoute en loop»).

Attirée par ce mystérieux univers, l’étiquette C4 a signé les Triggers il y a quelques mois, mais la bande a mis les cartes sur table dès le départ. «On a été clair, tranche Jimmy. On leur a dit qu’on était habitué de marcher avec notre équipe (graphiste, caméraman, etc.) et qu’on voulait garder la même. C4 nous a fait 100% confiance et nous a donné carte blanche!»

Rap et sax

Même avec une recette gagnante entre les mains, les Triggers recherchent constamment quelque chose de nouveau à dégommer. « On est des geeks de la musique et notre cheminement musical est large et rapide, si je peux dire ça comme ça, explique Jimmy. Pendant l’enregistrement, on écoutait beaucoup de stoner, entre autres.» Le nouveau disque homonyme est donc truffé de plomb, mais une surprenante chansonnette sortie tout droit d’un cabaret parisien trouve sa place entre deux détonations. «J’écoute beaucoup de Boris Vian et j’écris beaucoup de poèmes, confie Jimmy, il va sûrement y avoir des chansons en français sur les prochains albums, mais j’ai de la difficulté à écrire en français et à garder l’aspect bad ass du groupe.»

Target ne veut donc pas trop métisser son image de bandit des grands chemins. «Avec Simon [Trigger, le guitariste], on a un projet qui s’appelle les Graveyard Strippers, pis on joue tout ce qu’on ne peut pas jouer avec les Triggers. De la chanson française, des tounes plus punk brutal ou plus soul, du rap…» Du quoi?! «J’adore le rap old school, il va même y avoir un rappeur à notre lancement! J’écoute trop de styles de musique pour n’en faire qu’un seul. Il y a quelque chose d’intéressant à aller piger dans tout. J’écoute beaucoup de musique indienne aussi…» Décidemment, ce Jimmy pourrait arriver sur scène avec une cithare que je ne serais pas surpris. «V’là un an, je voulais m’acheter un sax, mais j’ai laissé tombé parce qu’on enregistrait et qu’on m’a dit que c’était difficile à jouer. Je trouve ça trippant du gros sax fifties!»

Pendant que l’étonnant musicien envisageait apprivoiser le cuivre, Songo Trigger, le percussionniste, ajoutait un orgue à son arsenal. «On peut faire tellement de choses avec un orgue, s’enthousiasme Jimmy, comme des trucs plus psychédéliques et ténébreux. Il y a un peu d’orgue sur le nouvel album, mais comparé à celui qui va suivre, c’est rien. On veut qu’il soit vraiment plus présent!» Une balle de plus dans le chargeur, la moustache au vent, les Triggers regardent toujours vers de nouveaux horizons.

Lancement d’album de Jimmy Target & The Triggers
avec Melted Faces
Vendredi, le 9 novembre 2012
au CFC (ancien Zoobizarre), 6388 Rue Saint-Hubert
21h / 10$

Photo : Martin Aubertin

Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire

iweb