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J’haïs le monde

Patrick Dion
9 août 2012

AVERTISSEMENT : Cette chronique est remplie de préjugés gros comme le bras (pas le mien mais celui du douche du Fuzzy). La supervision des parents est conseillée.

J’haïs le monde. Ben pas le monde comme moi, pas mes amis, ma famille pis les filles cutes. Non, juste le monde en général. Surtout toi là. Yes, you. Je ne pensais pas l’être en plus. Misanthrope, je veux dire. Tu le sais, j’arrête pas de le répéter. MOI j’ai l’esprit ouvert aux autres, MOI je ne détiens pas la vérité, MOI ma façon de penser est propre à moi et celle des autres est aussi valable que la mienne. Bla bla bla. Ça, c’était avant de passer un weekend à Osheaga. La débarque était prévisible. Mes attentes étaient hyper-élevées. En plus du line-up de la mort qui tue, c’était ma première expérience. Je sais, tu me juges là. T’as le droit. Mais laisse-moi t’expliquer pourquoi. Le truc, c’est que je voyage toujours à cette période-ci de l’année. Je ne suis jamais en ville. La preuve, pendant que tu lis ces lignes, je déambule dans les rues pentues de San Francisco. Tu vois, tu me juges déjà moins. Je fais chier aussi.

Mais cette année, c’était différent. Mon premier weekend du mois d’août était, pour la première fois depuis des années, complètement libre.

Grosses attentes pour mon premier festival donc : Sigur Ros, Half Moon Run, les Black Lips, Metric, les Black Keys et Of Monsters and Men, mon coup de cœur sans équivoque. Sans oublier Snoop Dog Snow Mountain Lion OSX. Ben non, je te niaise. La plupart des shows que j’ai vus étaient excellents. Mais y a une chose que je déplore par contre. Le peu de loquacité entre les bands et la foule, la plupart se contentant d’y aller d’un Thank you, Montttriiiiiâââlll ou d’un Hey Osheaga! occasionnel. C’est tu moi ou bedon ça prend un minimum d’échange pour que le courant passe à la perfection? Je veux bien croire que t’es avant tout un musicien pis que c’est ton art qui importe. Mais quand t’es entertainer, faut aussi apprendre à meubler tes tounes. Si j’ai envie d’écouter un album comme si j’étais assis dans mon salon, ben je resterais dans mon salon. Anyway…

Osheaga, c’est un an de préparations. Y a quelqu’un qui peut alors m’expliquer c’était quoi cette idée de marde d’ériger une passerelle entre les scènes principales et les scènes verte et sous les arbres? Trente-cinq minutes pour traverser cette foutue structure chambranlante vendredi. On se serait cru à une élection au Gabon. Connaissant la qualité de nos ponts québécois, j’ai eu la chienne de ma vie en mettant le pied dessus. Pour éviter les bouchons immenses engendrés par cette aberration logistique, je me suis abstenu de me déplacer entre les scènes durant la journée de samedi. Faque je suis resté planté à la scène des arbres jusqu’en soirée (c’était concept). N’importe quoi sauf constamment me faire squeezer par une bande d’abrutis pressés et saouls.

Justement, revenons à nos moutons : j’haïs le monde, que je disais.

Plus précisément, ostie que le monde me tape sur les nerfs. Dans la file pour le métro, dans la file pour les hot-dogs à dix piastres, dans la file pour les bécosses pleine de… (passons), drette dans ma face pendant un show. Ça crie, ça beugle, ça sait pas boire, ça vomit partout dans les buissons et sur le quai du métro, ça pousse, ça s’excuse pas, ça rentre dans le monde, ça te souffle sa boucane dans ta face, ça te pile sur les pieds, ça se frotte la sueur sur toi pis tout ça dans la langue de Shakespeare en plus. Regarde, j’ai rien contre les anglophones, j’en ai même quelques-uns comme amis. Mais y a un monde de différence entre les anglos du Mile-End/Plateau/Rosemont (fuck, sont partout) pis ceux du ROC et du RONA (Rest Of North America). No joke, quelle bande de morons en puissance. Je sais pas ce qui se passe dans leur maison mais je me questionne. S’empêchent-ils de vivre et de s’amuser à ce point pour qu’ils deviennent caves quand ils sortent et prennent un verre? Ils sont incapables de se contrôler. Une once d’alcool et ça dégénère. Sont pas sortables. En fait oui, je les aurais sortis à coups de pied au cul du site. On se serait retrouvés alors une poignée de fans à profiter de spectacles plus intimes. Ça aurait été chouette me semble.

Malheureusement, Osheaga est devenu un méga-festival canado-états-uniens qui se déroule à Montréal. Mon conseil pour éviter les désagréments l’an prochain, tiens-toi loin des casquettes des Blue Jays pis des dudes en bédaine. Ou reste chez vous.

Un commentaire
  • Bruno
    13 août 2012

    Et pourquoi un homme de 40-45 ans comme vous(si je me fie a votre photo) fréquente un festival pour jeune 15-30 ans?

    Je suis maintenant dans la trentaine, et si je me téléportais dans un show de banlieue rouge au foufs en 92, probablement que je prendrais mes jambes a mon coup…

    Ce n’est pas mieux ni pire qu’avant. C’est seulement que vous êtes probablement rendu ailleurs mr Dion.

    Mais anyway, ne vous en faites pas. J’ai remarqué que tout le monde est écoeurés de tout le monde. De plus en plus… Rien de bien rose pour l’avenir.

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