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Reportages et entrevues

Jardin Mécanique : Sombre et éclatante fantasmagorie

Jardin Mécanique : Sombre et éclatante fantasmagorie

Philippe McGinnis
5 décembre 2013

Photo : Jean-Sébastien St-Pierre

La formation Jardin Mécanique est un trio qui détonne, ils ne se contentent pas que de jouer de la musique, mais aussi de bâtir un univers complètement déjanté où folie, joie, vengeance et colère se côtoient. Reprenant les bases du mouvement steampunk, on pourrait qualifier leur son comme étant du Tim Burton sonore rétrofuturiste, ayant comme spectacle un opéra rock humoristique et horrifiant.

Naissant à l’origine du démantèlement du band Un, qui faisait dans le pop-rock, les gars originaires de Trois-Rivières décident de changer de nom en 2009 après avoir perdu deux de ses membres, et par le fait même d’aller dans une direction complètement opposée. «C’est très cartoon notre affaire !», explique Francis Gagnon (bassiste), qui personnifie Monsieur Camélius, un être mélancolique et aussi poète-scientifique. Les deux autres étant Monsieur Edwidge, complètement excentrique et frivole aux idées puissantes, personnifié par Sylvain de Carufel à la guitare, et puis Monsieur Augustache qui est le plus menaçant de la troupe, se promenant en chaise roulante malgré le fait qu’il n’ait aucun handicap, est interprété par Philippe Coulombe et joue la batterie.

Car oui, chaque membre joue le rôle d’un personnage au sein de La sinistre histoire du Théâtre Tintamarre, qui est le titre de leur album se divisant en trois parties, et dont le premier épisode est sorti en 2012. On peut donc résumer l’histoire en disant que ce sont trois évadés d’un asile qui se réfugient dans une usine désaffectée dans le but d’y construire un théâtre; après une dizaine d’années, les trois s’aperçoivent que zéro personne n’est venu voir leur spectacle et ont pour but commun de se venger de la haute classe qui les a ignorés pendant tout ce temps, mais ils finissent par devenir aussi crapuleux qu’elle, en bout de ligne.

Ce concept leur permet ainsi de faire pratiquement tout ce qu’ils veulent et de toucher à pas mal de choses, passionnés de bien des formes d’art qu’ils sont. Francis poursuit : «Les gens qui viennent nous voir en spectacle sont attirés par plusieurs aspects et pas toujours les mêmes. Il y en a qui vont arriver par la porte des textes, d’autres par l’esthétique visuelle et d’autres par la musique. Et à la base, on ne s’est donné aucune limite, on s’est juste dit ok, là on joue ce qu’on veut parmi toutes nos influences musicales sans se soucier de ce que les gens pourraient penser, et à partir de là, on s’est mis à délirer encore plus en inventant un univers steampunk autour de ça.» Et ça a continué en gradation comme ça en rajoutant des costumes, des projections, des bijoux et pendentifs à leur effigie, des dessins – qui forment présentement une expo -, des shooting photo, des montages vidéos, des making of, bref; tout pour faire en sorte que cet univers soit le plus complet et réel possible.

Une grosse machine

Malgré leurs moyens plutôt modestes, Jardin Mécanique a toute une équipe de production cachée derrière : «On attire beaucoup de créateurs et on fait appel nous aussi à des créateurs d’un peu partout au Québec. L’idée c’est d’essayer de réunir le plus d’artistes dans un seul et même lieu de diffusion qui est…nos spectacles, en fait.» Les talents de ces créateurs sont mis au profit de leurs costumes (Créations SIS), ils ont une maquilleuse professionnelle (Laurie Hamel), un photographe pas mal attitré juste à eux (Jean-Sébastien St-Pierre), un joallier (Daniel Proulx), une coiffeuse, un metteur en scène, une gérante, un éclairagiste et des techniciens spécifiques pour que leur spectacle soit réglé au quart de tour, étant donné les nombreux changements de décor, de rythmes musicaux et de projections vidéos. Et les idées de grandeur ne finissent pas là, le deuxième volet de leur trilogie est prévu pour l’automne 2014, de nouveaux costumes sont en confection et bien sûr, ils auront d’autres surprises pour vous.

Jardin Mécanique sera en spectacle le 6 décembre prochain aux Katacombes, en compagnie de Bad Uncle qui aura, pour l’occasion, sa formation cirque. Il va donc y avoir beaucoup de choses à voir !!

www.jardinmecanique.com

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