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Reportages et entrevues

Jacquemort respire à nouveau

Jacquemort respire à nouveau

André Péloquin
12 juin 2012

Collectif indie rock qui a captivé le Québec underground le temps de pousser une Dent de lait, parue en 2007, Jacquemort se joint au cortège des retours inespérés des FrancoFolies et va plus loin encore.

Pendant que les Marmottes Aplaties réchauffaient leur bagnole et que la bande de Groovy Aardvark s’apprêtait à être dérange-dérange-dérangeante pour chauffer les planches des présentes Francofolies, Thomas Augustin et ses amis de Jacquemort, eux, sortaient un lance-flamme.  «Quand ça c’est mis à ne plus marcher, on a juste décidé de mettre ça sur la glace, quitte à forcer les choses et reprendre tout plus tard», explique Augustin en revenant sur la pause que s’est imposée le groupe.

Bien qu’en 2006, un collègue, le batteur Julien Bakvis, mentionnait que l’horaire chargé de Malajube ralentissait un tantinet les progrès de Jacquemort, Augustin – qui est claviériste pour les deux groupes – ajoute que «tout le monde dans le band s’est adonné à d’autres projets, sans perdre le band de vue et tout en demeurant intéressé musicalement à ce que les autres faisaient.» L’offre des Francofolies aurait donc servi de catalyseur. «C’était une bonne excuse pour se donner un coup de pied au le cul!», ajoute-t-il en rigolant.

Du neuf, du vieux et des limaces bleues

Aujourd’hui formé de la claviériste Mélissa Di Menna, du guitariste Julien Michalak, de Bakvis, d’Augustin ainsi que Rémy Nadeau (qui remplace Thomas à la basse et qu’on a aussi aperçu au sein de Bateau Noir, des Hot Springs et de… Malajube), Jacquemort entame un second cycle plus posé, selon son chanteur. «J’ai toujours un intérêt particulier pour les mélodies denses qui s’entrecroisent, qui ne sont pas toujours évidentes, mais qui sont là», prévient Augustin.

L’arrivée de Nadeau – qui s’est retrouvé dans le groupe «parce qu’il était dans la même pièce lorsqu’on a écouté les maquettes», aux dires d’Augustin – aura d’ailleurs galvanisé la troupe à l’idée d’aller plus loin que le retour sur scène proposé par les Francofolies. «[Les premières répétitions], c’était juste pour essayer les maquettes en groupe, mais on savait qu’on n’était pas complet à titre de groupe», confie Thomas. «Quand il est arrivé, on a constaté que tous les éléments étaient là. “On peut faire des shows, yes! On essaie!” On n’a pas fait beaucoup de shows, mais je crois qu’on en a assez pour passer au disque!»

Bien que Jacquemort n’ait pas encore réservé ses dates en studio, le nouveau matériel foisonne. Alors que le groupe s’apprivoise à nouveau en répétant des maquettes d’Augustin qui sont devenues des chansons du groupe à part entière, Thomas constate une rupture, dans le personnel, bien sûr, mais aussi dans le son, entre la formation initiale de 2006 et celle de 2012. «Je ne sais si c’est parce qu’on a vieilli, mais on s’est dit qu’on était moins en forme pour se lancer dans des chansons qui demande tant d’attention qui nous font sentir comme des marathoniens incapables de reprendre leur souffle», explique-t-il alors que son groupe se réapproprie – de peine et de misère! – ses «succès souvenirs». «Ce qui ressort sur Dent de lait, c’est quatre musiciens à leur affaire. C’est plein de tics nerveux et d’affaires qui sont dures à reproduire. J’ai l’impression de me replonger dans le monde de quelqu’un d’autre!»

Délaisser la caverne?

Se définissant comme n’étant pas le musicien d’un seul groupe, Augustin ne se voit pas quitter le bataillon Malajube pour se consacrer exclusivement à Jacquemort. «J’ai vraiment du fun avec Malajube», tranche-t-il «Ça a toujours été, pour moi, le band qui a vraiment marché et on fait toujours des affaires le fun ensemble. Ça fait du bien de juste faire autre chose pour ensuite revenir, puis repartir. Changer un peu. Se promener.» Profitant d’une accalmie dans l’horaire chargé du groupe phare, Augustin s’investit donc dans ce qu’il définit aussi comme étant une alternative «plus lourde, plus éparpillée et plus “out there”» à Malajube.

Tirer la langue!

Comme Augustin est lié, trois fois plutôt qu’une, à des événements mettant de l’avant le fait francophone (la fameuse prestation de Jacquemort, mais aussi un spectacle de Malajube aux Francofolies doublé d’un tour de scène à L’Autre Saint-Jean), on a invité le chanteur et parolier à élaborer sur son choix de langue de prédilection pour composer ses chansons. “C’est plus une question d’authenticité que d’engagement», réitère Thomas. «Même que je n’ai jamais tenté d’écrire en anglais. J’suis trop poche… déjà que j’ai de la misère en français!»

L’authenticité amène toutefois son lot de difficultés selon le principal intéressé. «La difficulté réside dans la recherche du mot juste», résume-t-il. «Trouver une façon de dire les choses sans sonner colon ni trop poète. Je ne veux pas écrire comme je parle, ni comme ce que je lis dans les livres, non plus. Suffit de trouver les mots justes, plutôt que de chanter n’importe quoi en anglais!»

Jacquemort sera en spectacle le mercredi 13 juin à 20h, sur la scène Sirius XM. Le groupe donnera aussi une prestation au Pub O’Callaghan de Sorel, le 30 juin.

jacquemort.bandcamp.com

Un commentaire
  • [...] Histoire de vous rafraichir la mémoire sur les tenants de ce quintette en prestation aux Francofolies demain, je vous invite à cliquer ici pour lire mon article.  [...]

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