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Reportages et entrevues

Hugo Bourcier : La saison des amours

Hugo Bourcier : La saison des amours

Julie Ledoux
2 avril 2013

Deux ans et demi après le EP La démangeaison qui précède l’orage, deux ans après les Francouvertes et un an et demi après le projet-défi Le charme des après-midi sans fin, Hugo Bourcier récidive avec Voir Hochelaga et mourir, un premier album dont la gestation fut aussi longue qu’enrichissante.

Rue Ontario, le Hoche Café bourdonne, en ce dimanche après-midi. Quelques jours avant le lancement de son premier album, Voir Hochelaga et mourirHugo Bourcier est plongé dans la lecture de Germinal, assis au bout d’une longue table de bois du café. «C’est pour un cours de 45 heures sur Zola», admet-il. C’est que Bourcier ne mange pas que des notes de musique, couchées sur du papier. Il se nourrit de littérature, de cinéma, d’auteurs québécois et de David Lynch, alors qu’il achève la deuxième année d’un baccalauréat en littérature.

Chargées d’images et de symbolisme, les chansons de Bourcier trouvent leurs racines dans les Fictions de Jorge Luis Borges et le Mulholland Drive de Lynch. «En fait, beaucoup de paroles viennent de poèmes que j’ai écrits et ramassés. J’ai de la difficulté avec les textes de chansons. Je les trouve parfois rigides. Ça m’aide de pouvoir les façonner.» Bourcier a tenté d’appliquer la logique labyrinthique de Borges à son travail de composition, en vain. «J’essayais de les mettre dans un mood qui ne « fittait » pas. Il en est resté des vestiges, malgré tout.» Inspiré par son quartier d’adoption depuis trois ans, Bourcier n’hésite pas à utiliser Hochelaga comme moteur de la roue musicale qu’il actionne. «Je me suis ramassé dans Hochelaga par défaut parce que c’était pas cher. C’est ce que j’aime avec Hochelaga, ce sont des gens qui se ramassent ici et qui essaient de se débrouiller avec ce qu’ils ont sous la main.»

Avec le fidèle Vincent Blain – qui avait déjà signé la réalisation du EP La démangeaison qui précède l’orage –, Bourcier s’est attelé à concocter un premier album où ses pièces composées en 2010 et 2011 ont été remaniées pour arriver à 13 chansons qui définissent le son actuel de l’auteur-compositeur-interprète de 22 ans. «Le concept de l’album, c’était de jouer avec les registres. Je voulais que la moitié des tounes soient plus crues, pour pouvoir en faire du live», raconte celui qui a aussi participé aux Francouvertes, en 2011. «Les chansons ont beaucoup changé», confirme le principal intéressé. «Hiroshima – notre hit international – s’est transformée. Le riff d’entrée, c’est Pierre-Louis [Lavoie, guitariste pour Michèle O.] qui l’a trouvé, et finalement, la nouvelle trame s’est construite autour de ça. J’ai pu travailler avec de super bons musiciens [Blain, Lavoie, Michèle OuelletteJérôme CéesseCarl-Éric Hudon, Julie RivestÉtienne Rocheleau et Mathieu Vézio] qui ont de l’expérience et qui ont tous contribué aux arrangements.»

Avant de se rabattre sur le country folk à tendance pop, Bourcier s’est d’abord penché vers l’électro, en 2009, et tangue maintenant vers un country garage lo-fi. «Cet album est un peu dans une mouvance traditionnelle, mais j’aimerais explorer quelque chose d’un peu plus tordu. J’écoute beaucoup de rock des années 1990 en ce moment, à la Pavement. C’est un peu vers ça que je veux m’enligner.» Avant tout, tentons de voir Hochelaga et mourir.

hugobourcier.bandcamp.com

Photo : Pierre Ménard

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