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Reportages et entrevuesAprès un premier EP – Crystal Spring District – qui a laissé sa marque, discrète mais assurée, Gabriella Hook présente un premier album, Build A Storm, où son côté gypsy-jazz prend le dessus sur la rage. Lumineuse, Gabriella Hook dévoile son premier album. La couverture en est délavée, la photo invite propose une aura de mystère d’un horizon qui se voile. Build A Storm, avec son côté gypsy-jazz, Gabriella avec sa voix mi-douce et cajoleuse, mi-rageuse et imperturbable. «Chaque pièce est un parcours. Je peux en refaire la chronologie quand j’y pense. Je me suis demandée ce que je voulais partager, ce qui allait ressortir de tout ça. Build A Storm, c’est un peu cette construction de quelque chose, d’une tempête. Je suis en train de construire, je m’assume. La musique, c’est ce que je fais à temps plein, j’ai pas d’autre chose. C’est construire quelque chose que j’aspire à partager. Je mets un pied à terre et je dis, c’est mon chemin, c’est là que je m’en vais», raconte celle qui est née dans le nord de la Saskatchewan, qui a été élevée en Outaouais, à Chelsea, et qui a déménagé à Montréal, il y a trois ans à peine, et qui lancera son premier album complet au Cabaret du Mile-End, avec son équipe de musiciens bien rodés. Aidée de Christian David à la trompette et aux percussions, Gabriella Hook manie le piano tout comme l’accordéon auquel elle nous avait habitués sur son EP, paru à l’hiver 2011. Après 10 ans de piano classique, un DEC en danse, Gabriella troque ses habitudes artistiques pour un accordéon, instrument que Scott Dunbar lui a fait découvrir, alors qu’il jouait dans la rue, comme il le fait si bien. «Je ne savais même pas qui c’était! Mais je me suis dit que je pouvais apprendre cet instrument-là!» Elle quitte alors son emploi dans un café montréalais, se lance tête première dans l’apprentissage de l’accordéon, puis migre vers New York pour un été, jouant dans les parcs, de Prospect Park à Washington Square. «C’est là qu’est né mon côté «raw», en fait, à force de crier pour me faire entendre dans les parcs! Et mon côté plus gypsy parce que je jouais la game, j’étais déguisée et tout!» Et c’est aussi là que Gabriella Hook a rencontré le réalisateur derrière Build A Storm, Godfrey Diamond. Qui? «C’était la première personne à me parler et à me laisser sa carte, le premier jour où j’ai chanté dans Prospect Park, à Brooklyn», lance Hook. «J’ai attendu quelques semaines, accumulé plein de cartes d’affaires que les gens me laissaient et fait plein de rencontres. Puis, j’ai vérifié qui c’était.» Coney Island Baby, ça vous dit quelque chose? Oui, Godfrey Diamond est l’artisan derrière ce bijou de Lou Reed (et plusieurs autres), derrière des albums de Gloria Gaynor, Kool & The Gang, Aerosmith, etc. Pas le premier venu, disons. Après une rencontre fructueuse avec le réalisateur, Hook décide pourtant de revenir à Montréal et de décliner son offre temporairement. «Je me suis dit que je n’étais pas prête. Ça m’a pris un mois avant que je lui récrive. Je lui ai dit Pas tout de suite et il m’a dit Whenever you’re ready, kid!» Mais après avoir travaillé ses pièces avec un groupe de musiciens pendant un an et demi, est venu le temps de retrouver Diamond, à l’été 2011. Et de tout changer ce qui avait été construit. «On a passé les tounes à la hache. Les premiers jours, c’était vraiment difficile! Je me disais que les tounes étaient parfaites comme ça et que je ne pourrais pas les changer, affirme la jeune auteure-compositrice-interprète. «Godfrey, il est très franc et direct. Il ne niaise pas quand il te demande de recommencer. Il va vraiment chercher le meilleur de l’artiste. Il n’a pas son son à lui qu’il va imposer. Il fallait peaufiner mon style et il m’a aidé pour ça. Par exemple, «Silly Thoughts». Elle durait 6 minutes et il me disait de revenir avec 3 minutes seulement, le lendemain. Mais si j’avais voulu la garder telle quelle, je suis certaine qu’il m’aurait laissée faire. Il voulait surtout prendre la crème de la toune.» Le résultat est pour le moins surprenant : de la fougue d’accordéoniste en cavale, Hook est passée aux chansons auxquelles un polissage a apporté une profondeur notable. Les cuivres et les percussions prennent leur place, l’accordéon est mieux intégré, sa voix plus modulée, et elle renoue même avec le piano qu’elle maîtrise fort bien. «Je sais déjà que le prochain album, il va être complètement différent!», conclut Gabriella Hook, pétillante et incrédule, devant ce disque qui ne lui appartient déjà plus. Gabriella Hook lancera Build A Storm au Cabaret du Mile-End le 24 mai à Montréal, fera ensuite la première partie de Lisa Leblanc le 25 mai, à Québec, puis lancera son album aussi à Gatineau, le 31 mai. Crédit photo : Ilham Adebibe
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