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Reportages et entrevues

Frank Fuller : oiseau de matin

Frank Fuller : oiseau de matin

Anne Laguë
4 novembre 2011

Le chanteur Frank Fuller venait de déménager. Il fouillait dans ses boîtes de souvenir quand il est tombé sur une cassette démo enregistrée il y a plusieurs années. Le titre était The Great Morning Disaster. Voilà. Ce serait le titre de son nouvel album qui allait boucler une boucle entamée il y a bien longtemps.

Le Montréalais d’origine François Frenette a toujours flirté avec la musique : depuis sa tendre enfance auprès du piano de sa grand-mère; de 8 à 13 ans avec les Petits Chanteurs du Mont-Royal; durant une seule session de piano jazz au cégep; à partir des premières années du secondaire avec divers bands et jusqu’à ce qu’il décide d’entreprendre des projets solo. Sont alors parus deux albums de Noël et quelques extraits sous son identité anglophone, Frank Fuller, et un autre, Champion des choses en bois, sous le déguisement de son mystérieux alter ego francophone, Lucien Midnight. Fort de ces quelques parutions, de la rencontre d’un réalisateur et de quelques histoires d’amour terminées, il se lance enfin dans la conception d’un album complet en anglais, éponyme du démo d’une époque révolue, sous ce surnom qu’il traîne depuis l’âge de 18 ans.

Frank et David

La rencontre fortuite de Frenette avec le réalisateur David Brunet (Tricot Machine, Cœur de Pirate) a été le charbon de la locomotive; le son professionnel de l’album est d’ailleurs le fruit de leur étroite collaboration. « Ça faisait quatre ans que David attendait après moi, alors que je ne composais plus vraiment. C’est lui qui m’a poussé un moment donné : « Hey! On fait un disque maintenant! » David a toujours envié ma manière de chanter et moi, sa manière d’arranger. » Près de quatre ans plus tard, onze chansons pop-rock-classiques seront lancées sur internet le 11 novembre et au Petit Medley le 28, chansons desquelles ressortent une voix impressionnante, à la fois chaude et épurée, des chœurs omniprésents et des arrangements déployés comme des draps sur un lit invitant.

« J’ai longtemps fait de la musique triste, de l’ouverture de veine en direct. Cette fois, David m’a dit : « Fuck off, on ne fait pas de disque dark! » », explique le chanteur-pianiste qui carbure à la musique classique, aux albums de Pedro The Lion et aux premiers Mogwai. Ainsi, autant dans le titre que dans les textes et la musique, ce disque est un peu bipolaire. « Ce n’est pas un album down, même si les textes le sont un peu. Je me suis permis de ne pas nommer personne et de rendre ça général. Je n’ai pas cherché à faire de la poésie à 500 piasses; ça dit ce que ça dit! » Ses textes relatent des histoires d’amours brisées, les siennes et celles des autres, mais la musique est légère et se prête bien au confort d’un dimanche matin, d’un « great morning ».

Frank contre Lucien

« On met toute la gomme pour le projet en anglais mais pendant ce temps-là, Lucien continue de vivre en hibernant », constate-t-il. Lucien Midnight, projet avec lequel il a déjà eu un certain succès, que ce soit avec Major Tom, sa traduction de Space Oddity de Bowie, ou le single Au secours de l’ours sec, est très en demande pour des premières parties de concerts et des festivals, même s’il n’a qu’une dizaine de chansons et qu’il est seul pour les jouer en public. Toutefois, Frenette donne priorité au projet anglophone. « Je me laisse faire tout ce qui est en mon possible pour que cet album marche, explique Lucien-Frank-François, mais s’il faut éventuellement que je me rende à l’évidence que je ne suis pas né dans la bonne province pour un projet anglophone, j’aurai toujours Lucien Midnight. Il ne serait pas content de m’entendre dire ça, mais il reste un bon back-up! », lâche-t-il en riant.

En attendant la sortie sur internet de l’album le 11 novembre 2011 (« Le 11/11/11! Si j’avais signé avec un gros label et que j’avais un panneau sur le pont Jacques Cartier, ç’aurait looké en criss! ») et le lancement au Petit Medley le 28 novembre, vous pouvez écouter les extraits de The Great Morning Disaster au www.frankfuller.info.

Crédit photo : Daphné Caron

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