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Filthy Haanz : créer par la bande

Filthy Haanz : créer par la bande

Julie Ledoux
23 février 2012

Les gars de Filthy Haanz sont plutôt comiques avec leurs alter ego multiples et leurs inspirations tirées de leurs rêves. Avec un nom de groupe en hommage au créateur originel de leurs pièces et qui ne fait même pas partie du band, s’attendre à quelque chose de logique dans la création musicale de Filthy Haanz serait plutôt surprenant.

Kicéça Filthy Haanz?

«Il est difficile à sizer», raconte Jean-Nicolas «Chad Nicolas Doss», guitariste de la formation. «C’est le grand frère de Greg [Haanz], lance Julien «Grotesk», batteur du groupe. Il nous lance toutes ses idées, mais il n’est pas dans le groupe. Ça se passe à son Atelier, mais il ne joue pas avec nous sur le EP.»

Juste au moment où je pense que je me fais avoir et que Filthy Haanz n’existe pas vraiment (au fond, hein, t’sais!), le regard des trois garçons assis devant moi me convainc de son existence. Ils ont l’air sincères, au fond! «Il part sur des lancées et nous, on l’attrape au vol et on jamme. Quand on se rend compte qu’on est rendus à sept minutes pour une toune, on se dit qu’il faudrait bien lui trouver une ligne directrice et l’enregistrer», explique Charles (Carlos Omari Phoenix), guitariste devenu bassiste par la force des choses [«On a mis notre bassiste dehors... pour X raison»].

Des rêves, des jams, des dessins

Ils se côtoient depuis le primaire [«mais on n’était pas amis»], ont même fait leurs études collégiales ensemble [«mais on se tenait pas ensemble»], mais n’ont lancé Filthy Haanz qu’après leurs études universitaires respectives. « J’ai toujours voulu faire de la musique, mais j’ai toujours eu l’obligation morale de faire des études plus libérales, raconte Charles. J’ai commencé mon bac et je me suis dit «woah, j’veux-tu être avocat ou musicien?». C’est difficile d’expliquer ça au monde; la bulle d’où on vient. On veut pas être les gars qui se réveillent à 40 ans et qui ont serré leur guitare depuis 20 ans. C’est pas vrai qu’on peut pas toujours faire ce qu’on veut. Là, on a décidé qu’on faisait de la musique. On verra, mais au moins, on ne regrettera pas de l’avoir fait.»

Alors qu’on retrouve un aspirant avocat et un diplômé en gestion, Jean-Nicolas «Doss» ramène le groupe dans la direction artistique avec ses études en multimédia. Un atout qui, jumelé à la carrière de créateur en arts visuels de Greg Haanz, n’est pas étranger à l’importance de l’aspect visuel des créations du groupe. « C’est un peu enfantin de faire des dessins, mais tout le monde aime ça, s’amuse Julien. C’est important que le visuel vienne de nous.» C’est pourquoi le groupe s’est lancé dans la création d’une fresque qui occupera éventuellement tout le fond de la scène, lors de leurs spectacles.

Une murale qui s’acoquinera sans doute fort bien à leur rock plutôt psychédélique, tanguant parfois vers le funk. Si les sonorités peuvent rappeler tantôt MGMT, tantôt Blur ou Gorillaz, les gars ne s’en cachent pas, mais se défendent de tenter d’imiter un style : «On a des influences vraiment opposées!», souligne Doss. Si l’un préfère l’électro, l’autre favorise le rock’n’roll, tandis que le troisième se promène de genre en genre. Allez savoir d’où ils nous viennent, ces garçons!

Pour ce qui est de savoir où ils s’en vont par contre, allons-y étape par étape!

Filthy Haanz lancera son premier EP ce soir, au Divan Orange, en compagnie de Ralf Wiggum qui lancera aussi une nouvelle galette. Dès 21h.

filthyhaanz.bandcamp.com

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