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Reportages et entrevuesAprès un démo et deux EPs, Esker Mica nous lance enfin son premier LP, Animaux Noirs. Du rock indé, des voix aériennes et une plume forte, voilà ce que nous propose Esker Mica, près de six ans après la sortie de La peur du froid, un démo qui a titillé l’oreille de bien des mélomanes, à l’époque. «Au fond, on a un travail ET on a un band», rappelle Jean-François Larouche, guitariste de la formation. «Parfois, enregistrer une toune, ça peut prendre deux ans, du riff du début, jusqu’à la fin», poursuit-il en riant. Bien que, selon Jean-Philippe Payette, chanteur et guitariste du groupe, les pièces passent par plusieurs filtres, ce qui prolonge leur temps de création, la méthode demeure artisanale, de A à Z. Si Infanterie Fantôme, EP de trois chansons paru en 2010, avait soulagé les fans – laissant entendre que le groupe existait toujours -, Animaux Noirs est devenu l’objectif à atteindre, par la suite. Alors que Payette se promenait fréquemment entre Helsinki et Montréal, les rencontres de groupe se faisaient plus espacées : «Ça a sans doute ralenti le processus et freiné des élans. En même temps, ça nous a permis de développer de nouvelles façons de travailler.» La nordicité amenée par Payette n’était pas étrangère aux thématiques développées par Esker Mica, au fil des années, ne serait-ce que dans la terminologie de certaines pièces de leurs sorties précédentes. «Je crois qu’avec cet album-là, par contre, il y a une sorte de cassure. Je suis revenu depuis quelques temps, tout de même. Certains textes ont été terminés la veille du mix, dans ce qui ressemble à des nuits blanches, finalement.» Payette l’affirme d’emblée : «J’applique des mots sur des thèmes, des histoires. Esker Mica, c’était ça, à la base; de couler la langue française dans un son qui appartenait plus à un univers anglo-saxon ou indie-rock. Montréal s’est vraiment ajustée, depuis le temps.» «Je ne pense pas que la vague nous a rattrapé. Nous faisons notre musique vraiment en parallèle de tout ça. Ça reste notre passe-temps. Même si la réception est bonne, en fin de compte», poursuit Jean-François Larouche. Bonne, la réception? I’ll say. Après avoir participé aux Francouvertes en 2007 («On voulait surtout recevoir des commentaires parce que notre groupe n’était pas vraiment formé, encore. On s’est plutôt découvert nous mêmes, aux Francouvertes!») et à Osheaga, en 2008, Esker Mica planchait toujours à composer, tranquillement, sans soucis, sans pression. «On n’avait pas vraiment l’ambition de gagner un concours ou quelque chose comme ça», raconte Larouche. «On n’a pas vraiment cette philosophie du concours. Ça ne participe pas vraiment à notre façon de faire les choses», conclut Payette. En bout ligne, ce temps pris pour composer, pour vivre autre chose que cette histoire musicale, a permis de façonner l’esprit d’Esker Mica et a mené, éventuellement, à la création de TNT/Conifères, en 2008, puis Infanterie Fantôme en 2010, et enfin, Animaux Noirs, ce printemps. «Ce n’est pas vraiment notre genre de composer 35 chansons et d’en garder 12 pour un album», lance Larouche. «En fait, pour Animaux Noirs, c’est tout ce qu’il y avait [ces 10 pièces], poursuit Payette. Mais j’ai l’impression que ces pièces-là forment un tout qui est complet, finalement. D’autres pièces n’avaient pas lieu d’être sur cet album-ci.» Complété par Jean-François Laurin à la basse, Jean-Frédéric Hénault-Rondeau au piano et Yannick Gingras à la batterie, Esker Mica est en quelque sorte un rassemblement de petites bêtes amies qui créent à l’unisson. «Il y a une cohérence dans les textes [et les pochettes] et il semble qu’on aime beaucoup les animaux, s’amuse Payette. On doit sûrement s’y reconnaître quelque part.» Et Larouche d’enchaîner : «Au final, des niaiseries, on en dit beaucoup, mais en bout de ligne, en résulte Animaux Noirs!» Et alors que chacun des membres du groupe vaque à ses occupations, que l’un mène une vie entre la Finlande et Montréal, Esker Mica trouve toujours le moyen de composer et d’enregistrer, un peu partout, sans vraiment se soucier du comment et du pourquoi. «Vers la fin du processus d’enregistrement des chansons, il n’y avait pas nécessairement des mots partout, dans les pièces, se rappelle Payette. Mais plusieurs se sont structurées ou sont apparues comme elles devaient l’être, très rapidement. On a donc vu apparaître beaucoup de trames instrumentales sur lesquelles je devais mettre des mots.» En résulte des pièces dont les textes sont d’une grande musicalité, desquels il est possible de percevoir une certaine nordicité, amenée par l’auteur. «J’essaie d’arrimer le sens avec le son. Il faut que ce soit un récit et qu’il y ait un sens. Le rythme va dicter certaines formulations et certaines images. Quand la langue est précieuse, ça peut gâcher la sauce si le propos est faible.» Mixé par Ryan Battistuzzi (Malajube, Yesterday’s Ring, etc.) et enregistré un peu partout avec «de manière amicale» («On l’a enregistré un peu partout, entre Radio-Canada, notre sous-sol, des locaux de pratiques, chalets, etc.»), Animaux Noirs offre des pièces achevées et réfléchies, entre lenteur et urgence, qu’un public attentif saura découvrir en spectacle… éventuellement : «On est un peu nonchalant dans notre volonté de faire des spectacles, lance Larouche. Souvent, on attend qu’on nous appelle!» Animaux Noirs est disponible depuis mardi et sera lancé officiellement ce vendredi soir, au Club Lambi (4465, Saint-Laurent), avec le Ukulele Club de Montréal en première partie! Dès 21h. 7$.
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2 mai 2012
[...] Bang Bang et Esker Mica Pas encore de commentaire. Laisser un commentaire [...]