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Depuis que j’ai le droit de vote, je vote. Fédéral, provincial, municipal, scolaire, name it, je suis là, je vote. J’ai été scrutateur au référendum de 95 et j’ai même poussé l’implication jusqu’à me présenter au provincial et au fédéral, pour le Bloc Pot et le Parti Marijuana. J’ai particulièrement aimé l’expérience au fédéral, parce que j’ai participé à un débat bilingue dans Westmount-St-Louis (le comté ou je me présentais), et j’y ai compris le trip de faire de la politique. C’est sûr que si je n’avais parlé que de fumer du weed, ça n’aurait pas levé ben ben haut comme débat mais j’en ai profité pour pousser une idée qui selon moi est la meilleure façon de s’assurer une voix au chapitre des décisions de nos élus, c’est à dire la proportionnelle.
Nous avons aujourd’hui des gouvernements minoritaires qui nous indiquent un peu à quoi pourrait ressembler une assemblée proportionnelle, je dis un peu parce que les partis n’agissent encore que selon leurs intérêts et que les tiers-partis sont totalement absents mais au moins le parti au pouvoir n’a pas la liberté d’imposer ses dogmes à la population et on se retrouve avec une gestion de consensus plutôt qu’avec une direction idéologique partisane. Et quoi de mieux qu’un politicien dépendant de ses électeurs pour garder sa job, il n’a pas le choix d’écouter et d’agir en conséquence.
Depuis quelques élections, je vote stratégique. Sans passion mais avec conviction. À chaque début de campagne, je penche plus vers l’indépendant ou le tiers-parti plus près de mes valeurs mais au fil des nouvelles, des sondages, je modifie mes intentions pour contrer ce qui selon moi ne doit pas arriver. Comme un gouvernement majoritaire conservateur ou Stéphane Dion premier ministre. Ou bien, viscéralement contre un autre, comme Jean Charest, bon acteur mais piètre décideur. Avec toutes les couleuvres qu’il a essayé (et souvent réussi) de nous faire avaler au nom de l’idéologie libérale et des intérêts de ses amis de l’élite économique, il n’a pas le droit d’être majoritaire. Le bâillon, non merci.
Mais cette année je suis fourré, moi aussi. Les alternatives ne sont pas extraordinaires et je devrais faire abstraction de plusieurs de mes convictions et opinions pour appuyer l’un des autres partis. Et j’ai de plus en plus le goût de me dire fuck it le vote stratégique, cette année je vote indépendant pis advienne que pourra. Ça ne sera qu’un genre de tape dans le dos à un courageux utopiste mais au moins ça n’ira pas donner un chèque en blanc à un arrogant politicien frisé.
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