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Adolescent, j’étais membre et militant à ma façon (comprendre que je ne suis pas du genre manifestation, mais plus d’un travail dans l’ombre à parler avec les gens) d’un parti maintenant noyé avec les diverses fusions, tantôt UFP, ensuite Québec-Solidaire.
Mais j’avais déjà lâché ce bateau avant ces fusions. Cette brève aventure dans ce parti n’avait qu’augmenter mon cynisme. Alors que je me voyais étudier en politique, j’en ai perdu le goût. Naïf j’étais à 16 ans, j’ai pu voir que, malheureusement, l’opportunisme et le culte de soi-même n’était pas propre à la droite.
Depuis je suis devenu un gars de centre. Je le dis plus par défaut que par conviction. Car je me fous un peu des dogmes de droite et de gauche. Comme je me fous des dogmes fédéralistes et souverainistes. En fait, les dogmes me font chier. Les stéréotypes, c’est bien pour caricaturer, mais pour gérer, c’est handicapant. Je crois d’ailleurs que tous les partis se rapprochent du centre plus leur règne avance.
Je ne crois pas avoir déjà voté PQ et encore moins Libéral ou ADQ. Tout comme au Fédéral je n’ai jamais voté Bloc, Libéral ou Conservateur. NPD une fois peut-être. Mon historique à la urne se résume facilement entre l’abstention, un candidat indépendant et principalement le parti Vert.
Pourquoi? C’est une façon de montrer aux autres gros partis que je veux qu’ils en parlent pour vrai. J’aimerais aussi qu’on ait un jour 1 ou 2 députés verts à l’Assemblée. Aussi pour attirer la curiosité des gens: “Des gens votent vert? Pourquoi?” S’ils se questionnent sur le parti et ensuite sur l’environnement, je considère que c’est déjà mieux que l’indifférence.
Certes, si le parti était un jour en position d’avoir le pouvoir, j’y resongerais. Je ne peux dire que j’appuie leur programme en totalité. Il y a des lacunes autant aux Verts du Québec que du Canada. Mais je trouve important de montrer que le problème écologique est en un important.
Puis je crois que ça porte fruit. La première fois que j’ai voté vert, je me suis dit que je voterais pour eux tant qu’on aurait pas un premier député vert. Puis le pourcentage pour le parti augmente année après année, petit à petit. C’est un effet d’enchaînement. Parce que les autres et moi-même votons pour eux, d’autres suivent le pas et ainsi de suite.
Quelques chiffres. En 1994, c’était à peine 0.14%. En 2003, le PV avait près de 1% des votes. En 2007, ça grimpé à près de 4%. Le bond est plus haut au niveau fédéral.
On a pu voir pour la première fois le Parti Vert du Canada invité au débat des chefs lors des dernières élections fédérales. On peut jaser sur l’effet négatif ou bénéfique réel pour le parti, mais c’est néanmoins un bon pas qui a été fait!
Et voyant l’appui augmenter pour ces partis, les autres partis incluent petit à petit des mesures pour plaire à cet électorat. Que ce soit le PQ qui change le rouge de la barre de son Q en vert, ou le recrutement de McKay, ex-chef du PVQ. Que ce soit Mulcair qui mise sur l’environnement dans ses enjeux, Dion qui se prétend plus vert que Hulk. Même les Conservateurs jouent la carte timidement, alors que… Petit à petit, le poids écologique grossit.
Même si c’est souvent de l’opportunisme, c’est à long terme bénéfique quand même!
C’est aussi une manière subtile de pousser vers un système inspiré des proportionnelles.
Ainsi, je vote plus selon l’idéologie que sous une stratégie. En fait, je refuse de voter pour un parti auquel je ne crois pas pour contrer un autre parti que j’aime moins. C’est un cercle vicieux. C’est ainsi que l’ADQ a eu son opposition officielle. Pis des exemples du genre, y’en manque pas.
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