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Élections Québec 2008

Félix B. Desfossés : Dieu du Rock and Roll

Simon Jodoin
25 November 2008

Je vote pour le PQ. P quoi? PQ. Parti québécois.

Je suis souverainiste, indépendantiste, nationaliste et surtout pro-abitibien. Dans un monde idéal…

Est-ce que c’est le temps de se séparer? Non. Plus tard? Si on réussit à créer les conditions, oui.

Est-ce que le temps des révolutions et des séparations est passé? Sûrement.

Le PQ semble donc être rendu à la même place que moi dans cette réflexion. Je me reconnais dans ce parti là. C’est aussi le parti qui a construit le Québec d’aujourd’hui et son système de valeurs sociales. Ça demeure le parti de René Lévesque, Pierre Bourgault, Jacques Parizeau et tellement d’autres, dont ce bon vieux Hauris Lalancette! De Grands Québécois.

Est-ce que le Québec devrait VRAIMENT se séparer? Non. Le Canada devrait éclater. Et être réuni dans une union économique telle l’Union Européenne­. Je n’entrerai pas trop dans les détails de cette utopie.

Donc, une fois le débat sur la souveraineté évacué, à qui peut-on faire confiance pour diriger le Québec?

Au clown à Mario Dumont dont les bérets blancs fréquentent les rassemblements? Non.

À Québec Solidaire? Pas sûr. Disons que j’ai tendance à leur faire confiance… mais pas pour diriger mon pays. Pas tout de suite. Trop de pouvoir aux syndicats en temps de crise économique, je crois pas que ce soit le bon momentum. Idéalistement, un jour, Québec Solidaire pourrait sûrement gouverner le Québec. Ce jour là n’est pas arrivé… selon moi, pour le peu que je connaisse du parti.

Peut-on faire confiance à Jean Charest?

-Ce même homme qui a passé tous ses mandats à faire des nominations partisanes. À donner des jobs à ses chums. Un à la tête de la SAQ, l’autre à la tête d’Hydro-Québec. Un autre ici et un autre là. On a vu ce que ça a donné…

-Ce même Jean Charest qui, à deux reprises, a utilisé le baillon pour faire passer une série de lois controversées à l’Assemblée Nationale, envers et contre l’opinion publique ainsi que celui des partis d’opposition – et ce, juste avant Noël, quand tout le monde pense à autre chose… tiens, tiens… on dirait le même scénario cette année, mais avec une élection!

-Jean Charest qui a tout fait pour construire une centrale au gaz naturel – le fameux Suroît. Y’a fallu que le peuple débarque dans la rue pour l’arrêter.

-Jean Charest qui m’a fait manqué mon bal de finissant à l’Université parce que j’étais dans la rue à manifester contre la hausse des frais de scolarité.

-Jean Charest qui a voulu vendre le Mont-Orford et, malgré toute l’opposition, a poussé l’arrogance et a avancé dans ce dossier.

-Le gouvernement Libéral de Jean Charest qui n’a pas su gérer la construction d’un stationnement pour autobus voyageur et de locaux de l’UQAM, juste en bas de la côte de chez moi. Je pense que dans cet édifice dont les étages supérieurs ne seront pas contruits, y’a un set de marche qui mène… nulle part.

-Jean Charest qui n’a pas su gérer le dossier de la construction du nouveau CHUM… et, soit dit en passant, j’ai entendu dire que le CHUM va se construire… mais en anglais seulement. L’UdeM n’aurait pas reçu assez de financement. C’est donc dire que tout ce qui concerne recherche et développement médical pour notre avenir va se passer dans l’autre langue. Info à vérifier… extrêmement grave si c’est le cas.

-Jean Charest qui n’a pas réussit à améliorer la condition de notre système de santé et qui a donné les clés à Phlippe Couillard pour qu’il ouvre la porte au privé… avant de démissionner en politique pour oeuvrer dans le système de santé privé. Citation svp : « Persistence Capital Partners (PCP) crée le Fonds d’investissements PCP en santé, le premier fonds d’actions privé dans ce secteur au Canada. L’ancien ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, s’est joint à PCP à titre de partenaire du Fonds. » C’est même pas une joke. Ça s’appelle PCP.

-Jean Charest qui a décidé de lancer la commission Bouchard-Taylor… POUR FINALEMENT NOUS DIRE QUE C’EST DE NOTRE FAUTE SI LES NOUVEAUX ARRIVANTS S’ADAPTENT MAL?!!?

-Jean Charest qui a aussi récolté, y’a encore pas si longtemps, un des plus hauts taux de mécontentement des québécois face au gouvernement, et ce, de l’histoire du Québec. Mais on a vite oublié… Même La Presse titrait qu’il était un des pires premiers ministres de notre histoire… mais on a encore vite oublié.

-Jean Charest qui a décidé de faire construire un port méthanier dans le coin de Québec, pour faire plaisir à ses amis chez Gaz Métro (saviez-vous que son premier conseiller politique, à tout le moins au cours du premier mandat de Jean Charest, était l’ancien PDG de Gaz Métro?). Et combien ça va nous coûter à nous, québécoises et québécois, cette fleur qu’il a fait à ses chums? 9 milliards de dollars. Vos impôts font du chemin. On dit que les américains ont annoncé qu’ils n’ont pas besoin de ce gaz naturel là. Alors on va le vendre à qui? Et l’industrie du gaz naturel, de toute façon, est une industrie moribonde qui disparaîtra d’ici 10 à 20 ans, avec le pétrole, sa matière première. Et il parle de plans environnementaux durables…

-Jean Charest qui a décidé d’aller en élections après seulement 20 mois au pouvoir, question d’obliger le peuple à voter pour lui - ou même mieux - de profiter du temps des fêtes, de l’écoeurement des gens face à la politique suite à deux élections majeures et de la crise économique pour ravir le pouvoir absolu.

Non mais quelles tactiques politiques perdantes et hypocrites! Tout ça alors que la majorité de la population a dit non à des élections. Et ça va nous coûter combien ce cirque électoral masturbatoire? 83 millions. En temps de crise économique. Alors qu’il nous faut travailler et nous regrouper, alors qu’il nous faut nous regarder dans le blanc des yeux et nous dire qui nous sommes, Jean Charest nous divise une fois de plus. Divide ut regnes (ou quelque chose comme ça) aurait dit Machiavel. Charest veut être le Prince d’Harper. Charest, cet ancien conservateur qui cache ses vraies couleurs sous la bannière libérale. Bilan des années de Jean Charest au pouvoir : le Québec a reculé, s’est endetté, s’est battu contre les décisions gouvernementales et s’est fait rire à la figure par l’attitude cynique du chef libéral. Pis là, Charest voudrait qu’on vote pour lui? Non, mais y nous prend pour qui?

Retour à la question initiale. Peut-on faire confiance à Jean Charest? Non. Jean Charest se fout de votre gueule. Il vous pisse à la raie. Et pisse à la raie de votre mère (image que j’utilise pour le peu de respect qu’il a face aux valeurs que les générations précédentes ont donné au Québec).

J’ai souvenance. Je me souviens. C’est classique. Mais c’est notre devise. Et c’est notre devoir. Si nous avons oubliés les affronts du passé - de la conquête -, pouvons-nous au moins nous souvenir des baffes à la figure que nous a envoyé Jean Charest depuis les dernières années?

Moi je m’en souviens. J’ai de l’honneur, de la fierté. Je me tiens debout. Je n’accepterai pas quatre autres années d’affront, de manque de respect et de cynisme politique anti-démocratique. La seule option que je vois, le Parti Québécois.

Mais toutes ces belles paroles étant dites, les Libéraux s’enlignent pour passer. Donc, je m’accorde avec Simon Jodoin. Scénario idéal : un autre gouvernement minoritaire pour les libéraux, question qu’on se foutte de leur gueule pour avoir déclenché des élections inutiles et question de voir le PQ se débrouiller et proposer de nouvelles solutions et de nouveaux projets à l’opposition.

Pour finir, en ce qui concerne les artistes non-engagés dont Simon a parlé… Je ne peux aussi qu’abonder dans le même sens. On n’entend plus parler du projet de pays dans les chansons… Mais, il y a un mais.

Étant plus jeune, je jouais dans un groupe punk politique et tous mes textes concernaient la révolte, l’implication, l’indépendance… j’étais pas mal bon pour parler. Mais qu’est-ce que je faisais concrètement? Rien. Un moment donné, j’ai décidé d’arrêter de parler du fait français, et plutôt de « faire » en français : chanter, parler, encourager, travailler et produire. Je ne parle plus de faire un pays, je fais un pays. Je créé du contenu culturel et je promouvoie le contenu culturel québécois. Je chante en français ici et là au Québec, dans un créneau très pointu et qui ne touchera pas tout le monde. J’en suis conscient. Mais ceux qui viendront nous voir avoir du fun sur scène, saurons peut-être ensuite qu’ils peuvent, dans leur créneau spécifique, le faire en français. Tout naturellement. Parce que « Quand on fait pas le poid, faut faire toute la différence. » –Gaston Miron

Conclusion, je vous encourage à « faire ». À voter. Et à voter pour un parti politique avec lequel vous, votre peuple et vos valeurs ne sont pas en constant combat, mais bien un parti avec lequel vous pouvez construire et solidifier, un parti avec lequel vous pouvez faire vivre un pays, une région, une ville, un village, un quartier, une maison, un souper, une salle de spectacle, un jam, une toune.

Ouin, bon, tout ça sonne pas mal solonnel, mais c’est mon avis. Je sens qu’il y en a une couple qui vont me ramasser. Je suis effectivemment démagogique et subjectif. Mais qui ne l’est pas? Et oui, le passé du PQ n’est pas que rose non plus…

Sincèrement et longuement,

Félix B. Desfossés

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ÉLECTIONS QUÉBEC 2008

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