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Reportages et entrevues

East End Radicals : Amour brut

East End Radicals : Amour brut

Marc-André Savard
14 janvier 2011

Depuis que les Ramones se sont accotés sur le fameux mur de briques du CBGB’s en 1976, le punk a bien changé. Alors que des groupes lui font prendre tout un tas de directions, d’autres, comme les East End Radicals, reviennent à la base. «Hier, j’ai poigné une contravention d’ivresse sur la voix publique parce que j’ai dit «Fuck la police!»….à une police», rigole Brent Blake, bassiste de la formation. Retour à la source, qu’on disait.

Ah, la Californie!

Si les punks d’antan avaient tendance à se croiser dans les ruelles, c’est sur le Web que ça se passe de nos jours. Du moins, en 2009, c’est là que se sont rencontrés les quatre East End Radicals, tous originaires de Montréal, du East End plus précisément (tout un scoop, hein?). «  J’étais avec Matt [Di Gugliemo, guitariste] et on a placé une annonce sur Craigslist, raconte Eric Petraroia, le batteur. On cherchait du monde pour former un groupe influencé par Rancid et Social Distortion. Ça a pas pris 5 minutes qu’on avait une réponse de Scott [MacLeod, chanteur et guitariste]!»

Leurs goûts communs font que la chimie s’installe immédiatement en sein de la bande: en plus de la scène californienne des années’90, tous les membres du groupe adorent aussi le punk celtique. Malgré cette dernière influence, pas question d’intégrer du violon, de la tite flûte ou autres instruments acoustiques. Les gars veulent garder leur musique crue et dépouillée, semblable à celle du temps où Iggy Pop n’avait pas encore de rides. «Il y a beaucoup de variantes au punk et j’ai l’impression que le «vrai son» se perd. C’est important de garder ce vieil esprit vivant! », confie Matt. Au pire, quand l’envie pogne à Scott de gratter une mandoline, il se tourne vers The Wellits, son projet folk dans lequel joue aussi Brent.

Ah, Montréal!

Les East End Radicals ont Montréal direct dans le coeur; c’est leur muse. Fans finis du Canadien, ils chantent, bien sûr, leur fierté de la Sainte Flanelle, mais ils s’inspirent aussi de l’histoire de leur métropole bien-aimée. Une de leurs chansons parle d’ailleurs de Joe Beef, un célèbre tenancier de bar du 19e siècle. «Il s’occupait des pauvres et des travailleurs qui n’avaient pas de place où coucher ni rien à manger, raconte Scott. C’était un athée qui n’excluait personne. Peu importe la religion ou  la langue. Il était comme on devrait être aujourd’hui, mais 200 ans plus tôt! C’est vraiment un modèle…»

Après quelques petits shows, le groupe a saisi l’opportunité d’enregistrer dans les studios tout neufs de l’Univeristé Concordia (où étudie Eric). Le résultat est leur premier disque : le maxi Straight Out The Gate. «On a assemblé toutes les pochettes nous-mêmes, 100% DIY!», précise Eric, avec fierté. «On l’a fait un peu pour économiser, mais c’est plus intelligent comme ça, poursuit Scott. Pourquoi payer pour quelque chose qu’on peut faire soi-même? On espère créer un buzz avec ce disque et se faire connaître. On aimerait bien faire notre première tournée cet été, alors ça va être un bon outil de promotion.» Oui, tout un.

Le buzz commence ce samedi, le 15 janvier, alors que East End Radicals lancera son ep Straight Out The Gate avec Permanent Bastards, Without Will et The Back Seat Effect à l’Absynthe. 20h / 8$.
myspace.com/eastendradicals
Photo: Maxime Robidoux
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