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Du haut de la kingGoodbye ThibautDominic Tardif6 novembre 2008
Si vous êtes venu à Sherbrooke dans les dernières années, il est fort possible que votre souvenir le plus vif soit celui d’un grand sourire de dents blanches illuminant le fond de la salle ou du bar où vous vous étiez accroché les pieds. Le propriétaire de ce sourire était à n’en point douter Thibaut Nguyen, un des plus fervents scenesters de Sherbrooke. La ville le perdait il y a quelques jours au profit de son belge de plat pays d’origine. J’affuble Nguyen du qualificatif de scenester parce que ce sont ses qualités de spectateur allumé et attentionné, de commentateur avisé et sa compréhension intime d’œuvres underground autant que grand public qui font de lui un artiste au premier chef. Quelqu’un vers qui on allait spontanément. Une discussion post-concert autour d’une pinte de blonde en sa compagnie avait parfois plus de valeur que le concert lui-même. Je ne voudrais cependant pas, en utilisant l’expression scenester, occulter le talent de musicien et de compositeur de cet éternel insatisfait ex-leader de la formation Tuxedo Grrrls et humble DJ-débusqueur de chansons inédites au sein de l’équipe Shut up and Dance!. On lui doit certaines des mélodies les plus urgentes et contagieuses entendues ici ces dernières années. Heureusement que celui qu’on appelait Mr. Thee nous les ultimement offert en concert lors d’une énième résurrection de Tuxedo Grrrls (en trio). C’était le 25 octobre dernier lors d’une soirée qui, contrairement aux précédents adieux des musiciens post-punk, avait plus des allures de messe basse que d’après-bal de finissants. Dommage qu’aucun enregistrement de Tuxedo Grrrls ne survive à son départ, bien que ce ne soit pas faute d’avoir essayé. Le trio complété par Tony LoFi et Corine Dolbec devait se rendre, quelques jours après sa dernière prestation, au Musée d’art contemporain de Montréal où est actuellement présentée l’exposition Sympathy for the devil. Au milieu des œuvres se trouve un studio temporaire d’où on peut ressortir avec une cassette pleine de ses performances. Un moment qui s’annonçait mémorable, du moins davantage qu’une session d’enregistrement sur 4 track au sous-sol de Johnny Boy. Romantisme rock quand tu nous tiens. Mais comme si le diable ne pouvait être sympathique qu’avec les Rolling Stones, la guigne allait s’abattre sur Thibaut et cie dans un scénario digne du Vautour de Christian Mistral (le Québec avait été victime d’une panne de courant au moment où Vautour devait enregistrer son Tous les damnés jupons du ciel). Affligé d’une toute inopportune inondation, le Musée d’art contemporain fermait ses portes en ce mardi après-midi d’automne, ses dirigeants ne devant pas mesurer les conséquences de leur décision… Les Tuxedo Grrrls et Thibaut n’allaient revenir à Sherbrooke qu’avec une panse remplie de rondelles d’oignons du A&W de l’Ange-Gardien. Du haut de la King, grimpé sur le mirador qu’est devenu pour moi cet ange dressé à la mémoire des vétérans, je regarde dans le lointain en chantant Bon chic bon genre (des Tuxedo Grrrls évidemment). J’en profite pendant que je l’ai toujours en tête. Est-ce que quelqu’un sait de quel côté se trouve la Belgique? C’est que j’aimerais beaucoup saluer notre ami Thibaut et lui demander s’il veut venir boire une bière avec nous, bientôt bientôt.
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Mon dictionnaire Robert raconte que le bonheur est un état de pleine satisfaction. C’est exactement ce que je vis et ressens (intensément) ces temps-ci. Et je serais honteux et malhonnête si je n’attribuais pas les mérites de cet « état de pleine satisfaction » à ma nouvelle blonde, ma chérie, mon amour : Marie-Josée.
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26 mai 2009
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