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Reportages et entrevues

Des Ours prénommés Teddy

Des Ours prénommés Teddy

Marie-Hélène Mello
18 février 2012

À la Berlinale, il n’y a pas que les Ours d’or et d’argent pour récompenser les meilleurs films. Depuis 26 ans, on y remet aussi les prix Teddy, plus prestigieux prix cinématographiques queer au monde.

Gérés par une fondation indépendante dont le principal mécène est Klaus Wowereit, maire de Berlin, les prix Teddy sont décernés par un jury international composé principalement de programmateurs de festivals. C’est le cas de Magali Simard, membre canadienne du jury qui travaille au Festival international du film de Toronto (TIFF). « Nous sommes neuf d’un peu partout dans le monde, dont la Slovaquie et l’Afrique du Sud. Forcément, nos perspectives sur les films et l’angle de traitement du sujet queer sont bien différentes. Ça génère des discussions vraiment intéressantes! »

« La plupart des membres du jury sont programmateurs pour des festivals spécialisés, ce qui n’est pas mon cas. Je suis à la recherche d’un film de qualité avant tout », estime Magali, qui chaque année visionne plus de 600 courts métrages pour les sélections du TIFF. « Le pays d’origine fait aussi une grande différence, car à Toronto je pense qu’aucun des films éligibles pour un Teddy n’aurait de difficulté à être diffusé à cause de son sujet. » Rappelons que, tout comme Montréal avec Image+Nation, Toronto a son propre festival de cinéma LGBT, Inside Out, qui en 10 jours présente plus d’une centaine de films.

Keep the lights on

Mais le regroupement thématique de films suscite toujours bien des interrogations : les films sont-ils mieux servis lorsque regroupés sous une « bannière » (comme l’angle LGBT ou encore le cinéma des femmes, par exemple)? Serait-il préférable de les disséminer dans la programmation? « C’est une question que je me pose souvent. Je me demande toujours si c’est une bonne idée ou si ça crée une sorte de ghetto. Au TIFF, il n’existe pas de catégorie ou de prix gay, et je ne suis d’ailleurs pas convaincue que ce serait pertinent. Une chose est certaine, je ne voudrais pas qu’on s’impose de choisir chaque année un nombre X de films queer. Mais, d’un autre côté, je trouve que ce type de prix est hyper important et j’aime beaucoup qu’il y ait une telle célébration. »

Avant le début de la Berlinale, une présélection a été effectuée parmi toutes les sections de la programmation pour repérer les films éligibles à un prix Teddy. En 2012, plus d’une quarantaine de films répondaient à ce critère, sans compter les rétrospectives consacrées à Ulrike Ottinger et à Mario Montez. « Les sujets et les angles sont très variés. Parfois la problématique est au centre de l’histoire, alors que d’autres fois c’est plus en périphérie. Les films proviennent de partout dans le monde, dont un qui est soi-disant le premier film vietnamien gay au monde. »

Loxoro

Les Teddy 2012 ont été décernés lors d’une cérémonie tenue le 17 février (télédiffusée sur la chaîne franco-allemande Arte), avec notamment des performances de Peaches et de Stereo Total.

Quelques gagnants de prix Teddy:

- Long métrage de fiction : Keep The Lights On

- Documentaire : Call Me Kuchu

- Court métrage : Loxoro

teddyaward.tv


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