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Délirium Plaza

J’ai eu peur

J’ai eu peur

Ed Hardcore
29 juin 2009

J’ai été témoin, il y a quelques semaines, d’une scène horrible… Horrible !? Hm. Attends un peu… Je rectifie le tir. J’ai été témoin, il y a quelques semaines, d’une scène TERRIFIANTE ! (Voilà : la terreur, c’est mieux.)

J’étais (in)confortablement incrusté dans le creux d’un banc — sur la Plaza Saint-Hubert, ai-je encore réellement besoin de te le préciser, chérie ? —, relax au max, à engloutir fast mon deuxième McCaca extra bacon. Juste à côté d’une poubelle de la Ville où je crachais gracieusement les morceaux trop durs de mon snack — chuis civilisé un gros minimum acceptable, t’sais. Parké direct en face du « Ilsa » (ça se peut que ça soye le « Greta » ou le « Olga », je sais p’us trop), une boutique de robes de bal. Elles étaient trois jolies adolescentes, jeunes épaisses, à discuter de bouts de tissus dans ce paradis de la robe cheap. Je me suis pogné le paquet, mais c’est pas ce que tu crois : chuis pas attiré sexuellement par les jeunes filles, c’est juste que j’avais une gosse de prise dans le l’astique de mes bobettes.

Héroïne de la chronique : Lili avec une impressionnante liasse de bills de vingt dins poches, un héritage selon ce que j’ai pu comprendre. Isabelle, une amie proche mais pas show off, pis Jacinthe, la facilement impressionnable, l’accompagnaient ce jour-là.

Lili venait d’arrêter son choix sur une robe bleu pâle, assez semblable à celle de la Cendrillon de Disney, quand Isabelle, habituellement discrète & réservée, sauta un plomb solide en consultant un texto sur son téléphone cellulaire.

« Heille Lili ! T’es t’une hostie d’salope, toé ! »

La princesse était après ajuster son corsage quand l’insulte a résonné dans la boutique (si fort qu’elle s’est rendu à mes oreilles malgré le boucan qui venait du magasin de bling bling d’à côté). Pour ce que j’ai pu déchiffrer, le texto de la terreur parlait d’un supposé statut Facebook comme quoi le chum d’Isabelle avait eu « bin du fun » avec Lili.

Ensuite, c’est la confusion; et surtout… la violence.

Ça s’est crié des tas de noms, ça s’est sacré des volées, ça s’est déchiré les guenilles pis la peau. Jacinthe a pris le bord d’Isabelle au début, mais out of nowhere, elle a changé de camp durant le catfight. Y a eu des larmes, y a eu du sang, y a eu des bleus pis aucune vendeuse est venue calmer les esprits.

Moé, chuis resté planté là, pas mieux que les vendeuses, à mâcher ma McMarde. La violence, quand elle n’engendre pas d’autre violence, semble avoir un pouvoir hypnotique sur les pauvres gens de mon espèce. J’étais pas fasciné, j’étais juste figé, fixé, étourdi devant le spectacle.

Pis c’est à ce moment précis que la terreur m’a frappé de plein fouet : pendant un bref instant, je me suis pris à aimer l’humanité.
J’ai vomi mon lunch pis chuis allé m’acheter un briquet avec une femme toute nue dessus.

Lili sera une des héroïnes de mon prochain roman, « Maudits! », à paraître au mois d’août chez les éditions Coups de tête.

sixcentsoixantesix.wordpress.com

Photo: Mélanie Baillairgé

3 commentaires
  • Jason
    29 juin 2009

    Du génie.

  • Alexis
    4 juillet 2009

    Très bon texte Ed.

    On peut les acheter où tes autres publications au juste ?

  • Ed.
    4 juillet 2009

    Merci Jason. Merci Alexis. T’as qu’à cliquer sur le link qui te mène à mon blogue, dans la colonne de droite, tu trouveras deux links vers mes publications achetables.

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