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Reportages et entrevues

D-Track : Entrer dans les ligues majeures

D-Track : Entrer dans les ligues majeures

Cassandre Caron
27 septembre 2013

Impliqué dans le milieu musical depuis plus de 10 ans, le rappeur originaire de la banlieue de Gatineau David Dufour, alias D-Track, possède une feuille de route considérable. Le 4 septembre dernier, il a lancé son quatrième album, Abris-tempo, qu’il considère comme le plus achevé et représentatif de son parcours. Sur celui-ci, l’artiste témoigne avec doigté de sa réalité et de celle de son patelin.

Depuis la sortie de son premier disque Retour à l’état pur, paru en 2005, le Gatinois roule sa bosse et accumule les projets. En plus de s’impliquer dans la ligue Slam Outaouais, il s’est démarqué au Festival de l’Outaouais émergent de 2010 en empochant le prix offert par Télé-Québec. Deux albums plus tard, cet amoureux de la musique a fait partie de la dernière délégation des Francouvertes, une expérience où il a beaucoup appris. Pour D-Track, Abris-tempo est bien plus qu’un titre supplémentaire à sa discographie, et sa parution représente un point tournant de sa carrière. «Techniquement, c’est mon quatrième album, mais c’est mon premier véritable dans l’industrie. Pour moi, c’est un tremplin vers d’autres projets. Ça m’amène à un autre niveau et j’entre dans les ligues majeures. Sur Abris-tempo, mes textes sont plus travaillés, le résultat est plus soigné, et je présente un moi plus mature.»

Fidèle à son habitude, D-Track se penche longuement sur ses paroles. Toujours truffée de jeux de mots intelligents, sa prose est humoristique sur certaines pièces, à saveur politique sur d’autres. Le rappeur est toutefois loin de se considérer comme un artiste engagé pour autant: «Mon but, ce n’est pas de représenter une cause, mais quand j’écris une chanson, je le fais sur des sujets qui m’interpellent, et je m’intéresse à la politique et aux questions sociales», lance–il avec assurance.

Parmi ses sujets de prédilection, il y a également la description de sa banlieue natale, d’où lui est venue l’inspiration pour le titre de son l’album. Ce titre évocateur fait référence à la musique (tempo), et existe-t-il un symbole plus représentatif de l’hiver québécois et de la vie banlieusarde qu’un abri-tempo? Le ton est donné, et on peut lire sur son bandcamp que l’opus est un «hymne à la banlieue gatinoise» sur laquelle  «l’artiste pose un regard personnel et introspectif ».

Du côté de la production, David a su bien s’entourer. Il a sollicité la collaboration de partenaires talentueux, dont Karim Ouellet et DJ Horg. Pour les arrangements, Pierre-Luc Clément et son bagage plus rock diversifie les influences et enrichit les pièces. Claude Bégin, notamment membre d’Alaclair Ensemble et de la garde rapprochée de Karim Ouellet, s’est chargé du mixage final. Il en résulte un album éclectique aux accents jazz, reggae, rock, etc. Bref, un opus à l’image des goûts musicaux variés de l’artiste, qui avait du Nas, MC Solaar, Iam, mais aussi du Georges Brassens, Leonard Cohen et Félix Leclerc dans son Ipod au moment de l’entrevue.

dtrack.bandcamp.com

Crédit photo : Julie Gauthier

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