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Semi-automatique

Contrats (pas le plus récent album de Vampire Weekend) - Version 1.0

Contrats (pas le plus récent album de Vampire Weekend) – Version 1.0

André Péloquin
8 juillet 2010

Si y’a un moment cinématographique qui a marqué les mélomanes ces dernières années, c’est sûrement cette communion musicale autour de « Tiny Dancer » d’Elton John dans Almost Famous, film désormais culte de Cameron Crowne.

Imaginez-vous (à nouveau) la scène : petit matin dans une banlieue états-unienne paisible, on vient tout juste de récupérer le guitariste émérite d’un trip d’acide qui a mal tourné. Tout le monde est aigri dans l’autobus de tournée : le conducteur, les musiciens, les groupies, le journaliste qui les accompagne, le gérant, tout le monde, j’te dis! T’entends? C’est « Tiny Dancer » à la radio. Le percussionniste se met à suivre le rythme sur ses cuisses, le chanteur hoche de la tête, le bassiste entonne un couplet (c’était bien le bassiste? Le gars a un regard tellement vide, c’est sûrement un bassiste), les autres suivent, puis c’est l’apothéose lors du refrain. Le groupe est soudé, ne fait plus qu’un à nouveau. Le bus file à vive allure vers la prochaine salle de spectacle. Le rock n’ roll est sauvé. Ouf!

Mais ça, c’n’est qu’au cinéma.

Dans la vraie vie (et ici), ton groupe rock préféré n’est pas en route vers ton bled. Oh non.

Il aimerait bien, mais il ne peut pas.

Vois-tu, il va bientôt participer à un gros festival musical et une clause du contrat fait en sorte qu’il ne peut fouler les planches avant ou après ce fameux concert.

Ce mois-ci à Semi-automatique : on étudie les petits caractères de la « business » des festivals.

MAJ: L’entrevue que je voulais faire pour compléter cette chronique est toujours dans l’air. J’espère pouvoir la faire demain, en fait. En attendant, voici tout de même une première version complète de la chronique. Agace? Moi!? Pfff, non, mais!

Le 25 juin dernier, Todd Martens, un journaliste du Los Angeles Times, rapportait un reportage de journalistes de Chicago annonçant qu’un procureur général de l’état serait présentement sur le cas de Lollapalooza. Des promoteurs de l’événement exagèreraient tellement sur certaines clauses de contrats d’artistes que le festival en serait anti-concurrentiel. Rock n’ roll et antitrust, enfin réunis!

L’article révèle aussi que quelques contrats vont jusqu’à exiger que certains artistes refusent d’autres offres de concerts jusqu’à six mois avant et trois mois après Lollapalooza dans un rayon de 300 miles. Si, par exemple, Jonas signait une telle entente pour se produire aux Francofolies, ça voudrait dire qu’il ne pourrait se « shaker» les bouclettes que dans des bars de Rimouski, Chibougamau ou encore de Wasaga Beach en Ontario. Donc pas de Québec, ni de Sherbrooke, de Trois-Rivières et autres villes qu’on retrouve habituellement dans les plans de tournées d’artistes du coin. Heureusement, personne n’est assez débile aux Francos pour faire signer un tel contrat… ou pour approcher Jonas (dans le sens que le gars chante en anglais bien sûr… wink, wink!).

Bien sûr, le marché local n’est pas comparable à celui des States, mais j’ai tout de même demandé l’avis d’un pro qui bosse des deux côtés de la frontière: Jean-Christian Aubry, directeur général de Bonsound (maison de gérance et producteur de spectacle qui envoie régulièrement les Malajube, Radio Radio, Creature et autres Breastfeeders se faire voir ici et ailleurs).

« Ça peut parfois être chiant, mais c’est aussi très compréhensible», déclare d’emblée Aubry. “De toute façon, ce genre de clauses est souvent que pour les “gros groupes”. Il faut aussi dire que ce genre d’événements payent beaucoup pour ce genre d’exclusivité. Ce laps de temps est aussi pour s’assurer que ce cachet ne soit pas, par la suite, utilisé pour financer une tournée.” Bien que ces clauses soient sévères, elles seraient aussi flexibles. “Même si un contrat exige qu’un artiste ne fasse pas de shows pendant 30 dans un rayon de 500 kilomètres, y’a toujours moyen de négocier. On peut demander la permission pour un ‘tit show dans un bar, par exemple… ou le faire sans leur dire!”

- Est-ce que ça s’fait au Québec?

« Bien sûr!», poursuit Jean-Christian. « Le Festival d’été de Québec le fait, les Francofolies aussi», ajoute-t-il tout en rappelant, à titre d’exemple, que Malajube n’a pas fait de concert de grande envergure dans la métropole dans les mois précédents son fameux Cube rubique.

- Est-ce que c’est profitable?

« Pour un band toujours en développement, certainement», tranche Aubry. « Entre organiser un show dans un bar de Los Angeles qui peut attirer une centaine de personnes et une prestation à Coachella, un festival qui attire des milliers de personnes, le choix est évident», confie-t-il tout en précisant que les mélomanes du bar vont payer 10$ pour leurs billets (le groupe ferait donc, grosso modo, 1000 $… puis en déduire ses frais de déplacements, de promo, etc.). À Coachella, l’artiste pourrait jouir d’un cachet pouvant aller de 5000 à 10 000 $ tout en profitant gratuitement de la machine promotionnelle encadrant le festival.

Ainsi, si les artistes et les promoteurs y trouvent leur compte, qui en paie les frais? Les petites salles, bien sûr, et Jonas, j’imagine…

Tiens, ça pourrait être le sujet d’une prochaine chronique… ou pas.

2 commentaires
  • Roos the Booze
    9 juillet 2010

    Péloquin, tu fais vraiment l’agace là…

  • André Péloquin
    12 juillet 2010

    Check it out, monsieur The Booze.

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