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Chinatown : Unis par la pop

Chinatown : Unis par la pop

Valerie Thérien
3 mai 2009

« Un univers musical touffu qui regroupe les influences de cinq personnalités musicales totalement divergentes, mais qui se rejoignent à travers la musique de Chinatown. Une musique à l’image de nous tous, aux couleurs de nous tous. » C’est ce qu’explique Toby Cayouette, bassiste de la formation montréalaise, qui, calme et confiant, lance ses idées concises au moment opportun. Quand on leur fait remarquer qu’ils sont très unis dans cette aventure musicale, il répond simplement : « On est cinq clés de voute. Si un s’enlève, tout s’écroule. »

C’est bien entendu le groupe en entier qu’on rencontre, un midi, dans un restaurant aux abords du quartier chinois (!). L’énergique quintette explique dès lors que c’est l’écriture poétique et raffinée de Félix Dyotte (voix et guitare) et Pierre-Alain Faucon (voix et claviers) qui a su convaincre un à un Toby, Gabriel Rousseau (batterie) et Julien Fargo (guitare) de joindre les rangs de Chinatown en 2007. À la veille de lancer Cité d’or, leur premier disque complet, les trois musiciens sont toujours aussi surpris du cours des choses.

Gabriel, qui avait auparavant surtout navigué dans des groupes indie rock anglos en tant que guitariste, a changé de registre et se retrouve derrière les drums d’un groupe pop rock. Pour sa part, Julien, établi au Québec depuis quelques années, ne croyait jamais faire partie d’un groupe francophone, puisque dans sa France natale, faire de la musique en français, c’est tout simplement pas cool. Puis Toby, fan et ami du groupe depuis quelque temps, s’est pris d’un désir de jouer avec Chinatown après avoir été déçu des bassistes précédents.

Le dandy trouve son entourage

Très accessible, la musique de Chinatown reste singulière dans son approche. Pierre-Alain, qui n’hésite pas à lancer ses théories sur la table (« L’information de tout ce qui concerne notre évolution est déjà constamment transportée dans nos molécules, donc les concepts n’ont pas vraiment d’âge. » – euh…), est un interprète digne d’un chansonnier français des années 60. Sous ses textes très adroits, on reconnait un homme romantique, mais dandy sur les bords; simple, mais qui préfère faire les choses à sa manière. « Pierre-Alain écrit sans cesse depuis qu’il a 17 ans, peu importe s’il a des spectacles ou non, explique Félix. Il n’a pas vraiment de concept d’ambition. Ça n’a jamais été l’extérieur qui a guidé son pas d’écrivain, parce qu’un écrivain, ça écrit pour soi ».

Il y a des années, Pierre-Alain chantait seul dans des cafés, sur des coups de tête, quand Félix l’a rencontré. Le grand penseur est aujourd’hui choyé d’être si bien entouré des membres de Chinatown. Sa poésie (Je te ferai un enfant dans cet hiver-là / pour que plus jamais ton coeur ne souffre du froid – « L’automne ») y trouve grandement son lot. « Avec cette masse créative et rythmique autour de moi, j’ai vraiment très peu de travail à part être dans les chansons au moment où je les chante, admet Pierre-Alain.»

Tous deux très productifs, Félix et Pierre-Alain ont su trouver un groupe de musiciens capable d’en prendre. C’est d’une soixantaine de chansons qu’ils ont dû sélectionner les douze qui se retrouvent sur Cité d’or, opus qu’ils lanceront mardi. Après la sortie d’un maxi et une tournée fructueuse en Chine l’année dernière, la troupe a décidé de filer sans tarder vers la production d’un disque complet. Ils ont trouvé un « 6e membre » chez le réalisateur Gus Van Go (qui manie aussi la console en studio pour The Stills), un gars qui comprenait leur vision, et ont signé avec Tacca, pour la liberté et le support que la maison de disque montréalaise leur offre.

Pop alors!

Chinatown, c’est de la pop, oui, mais tellement bien construite et teintée de références qu’on en oublie le manque d’ambition souvent associé au genre. « Tous, on a cette vision de raffiner, de faire de la belle pop, dit Julien. Sauf que la pop d’aujourd’hui, elle est bafouée. Il ne suffit pas d’écrire une toune à la guitare acoustique et de l’envoyer à la radio, mais d’arriver au stade de colorer ça comme il faut. Je crois qu’il y a un vrai effort d’horlogerie de notre part. »

Pour réussir un coup de maître avec ce premier album, Félix croit qu’ils ont dû constamment se questionner sur leur travail : « On ne laisse pas les choses au hasard, on va toujours creuser dans les sons et dans les approches. On se demande si ça évoque quelque chose. On discute et on est conscient de ce qu’on fait. On est très obsessif compulsifs dans notre démarche. » Voilà une méthode valable pour un band qui espère faire sa marque. Au final, Chinatown, ça sonne très bien dans nos oreilles, preuve que tous leurs questionnements n’en viennent pas à rien.

Lancement de Cité d’or le mardi 5 mai au… Lion d’Or (1676 Rue Ontario Est) dès 17h.
chinatownmusique.com

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L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
26 août 2010

L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.

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