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Chinatown : le BangBangOTest

Chinatown : le BangBangOTest

André Péloquin
3 juillet 2009

Après un périple en Chine (c’n'est même pas une joke!), le collectif pop Chinatown s’apprête à conquérir les grands espaces canadiens en participant notamment à la prochaine édition du FMEAT, à Woodstock en Beauce et à Osheaga. De Rouyn-Noranda à Saint-Ephrem en passant par Montréal, on apprend aussi de leurs BangBangOTest que les gars sont aussi rigolos que talentueux (que voulez-vous, Bangbangblog adore les groupes qui citent Boris Vian pour ensuite parler d’incontinence).

Quel est ton fond d’écran ?
Gabriel :
Le Cover de Cité d’Or.
Félix :
La photo d’un gars qui attend à la gare, que j’ai prise en Chine.
Julien : Une photo artistique de moi et ma blonde … cheesy !
Tobie : Depuis que Pierre-Alain, a Tsing-Dao l’an dernier, a pulvérisé mon laptop sur scène dans un élan de kung-fu mal placé, il n’y a pas grand-chose, juste un gros trou.

Sur quoi ou qui rêves-tu de tirer ?
Julien :
Michel Sardou, mais je le provoquerais plutôt à mains nues.
Gabriel : La tank à gaz d’un Hummer H3.
Félix : La Federal Reserve.
Tobie : Tout le monde, la plupart du temps.

Quel est pour toi le comble du « wannabeisme » ?
Julien :
Les bands français qui pensent conquérir le monde en anglais…
Félix : Faire des albums de covers moins bons que les originaux et toujours se prétendre artiste.
Tobie : Les gens qui rêvent de tirer sur quelqu’un, mais qui ne le font pas.

Quel est ton pire souvenir en tournée ?
Félix :
Avoir conduit d’une traite de Winnipeg à Montréal dans une van avec un chauffeur excédé.
Julien : Un concert avec mon band français Zurribanda, le bassiste à sauter sur un tas de D.I, le P.A à pété et on explosé les oreilles de 300 personnes… badtripant!
Tobie : D’avoir joué à roche papier ciseaux avec des Chinoises dans un bar après un show. c’est pas vrai qu’ils ne boivent pas beaucoup, pas vrai du tout…. j’ai réussi à me rendre à l’hôtel à genoux, pour devoir prendre l’avion deux ou trois heures plus tard. j’ai vomi dans une poubelle à côté de l’autobus. Ensuite, sur la piste de décollage à côté de l’avion, ensuite dans l’avion, dans le petit sac prévu à cet effet… c’est la seule fois de ma vie que j’ai raté un « soundcheck »… j’étais trop mal, en train de me faire dorloter par la directrice de l’alliance française de Nanjing.

Quel est le signe incontestable que tu dois arrêter de boire ?
Tobie :
Voir ci-dessus.
Félix : L’ennui.
Julien : Quand tu mets ta main dans ta pisse.
Gabriel : Se réveiller nu dans la baignoire avec l’eau froide qui coule enveloppé du rideau de douche.

Qu’est-ce qu’on peut créer à partir de rien ?
Gabriel :
Tout.
Tobie : D’après Lavoisier, pas grand chose.
Julien : Rien, toute création part d’une source…gloire au voleur (Radiohead).
Félix : L’angoisse.

Quelle est la différence entre un(e) groupie et un(e) fan ?
Tobie :
3 consommations.
Gabriel : Trois drinks.
Félix : Le fan ne se sent pas obligé de crier pour t’apprécier.
Julien : J’ai dû appeler la police à cause d’une groupie… je préfère les fans.

Qu’est-ce qui ne méritait pas de disparaître?
Tobie :
La plupart des choses qui disparaissent. Ici je vais laisser la parole à Thomas Edison: « Many of life’s failures are people who didn’t realise how close they were to success when they gave up.»
Julien: Les repas de quartier.
Félix : Les Polaroïds.

Bon Jovi, Bono, Stevie Wonder ou Sid Vicious ?
Julien :
Je dirais un punk noir et aveugle charismatique!
Félix : Stevie Wonder, définitivement. C’est le seul homme inspirant des trois. Paraît qu’il est très farceur. J’adore les farceurs.
Tobie : Vicious Wonder. Ça ferait un bon nom d’héroïne de BD.
Gabriel : Stevie Wonder au début, Sid à la fin et Bono en train de faire la vaisselle au St-Hubert.

Qui a tort ?
Félix :
Celui qui choisit Bono.
Julien : La TV.
Tobie: Le pluriel.
Gabriel : Le gars trop sur de lui.

Qui a raison?
Julien :
Tout le monde.
Tobie : Le singulier.
Gabriel : Le curieux.
Félix : Personne. La raison a ses limites. Les plus grandes vérités sont mutantes et changeantes, elles ne se révèlent que lors d’une circonstance liée à l’interprétation et au sentiment.

Le Québec c’est (…)?
Julien :
Une région forte et pleine de charme dans laquelle il fait bon vivre.
Félix : Une vague idée maladroitement conservée par un drapeau et sauvée par notre belle langue française. C’est l’Amérique qui ne se sait pas Amérique, et l’Europe qui se croit trop Europe.
Tobie : Sujet à controverse

Le Canada c’est (…) ?
Julien :
Un beau pays encore méconnu qui vient de m’accueillir! YEAH!
Félix : Une autre idée vague. Un immense désert habité par des communautés de toutes sortes, une longue route dont on trouve la destination avec des yeux grands ouverts.
Gabriel : Grand en crisse.
Tobie : Long en crisse à traverser

Au pawnshop, tu apportes (…) ?
Félix :
Ma télévision.
Gabriel : Un pique-nique.
Julien : Ma grande gueule.
Tobie : … pas un ventilateur; je te le dis, ils ne le prendront pas.

Ta carrière manquée ?
Gabriel :
Draveur.
Julien : Sociologue
Félix : J’ai été pigiste au Ici. Disons que ça a coupé sec.
Tobie : J’ai travaillé 3 ans en finances à Toronto. Vers la fin j’avais 2 choix: je me tire une balle ou je me tourne vers la religion…

Tu ne zappes pas pendant (…) ?
Julien : “La roue chanceuse” ( ça fait 12 ans que je n’ai plus de TV…) ?
Félix : Comme je n’ai pas de télé, je répondrai: mes rêves. C’est difficile d’aller jusqu’au bout d’un rêve, et s’en souvenir au moment du réveil, c’est très difficile de ne pas zapper aussitôt, hanté par les choses qu’on a à faire.
Tobie : … que le conducteur écoute la radio. La prochaine fois que les maudits gars dans le band changent de poste toutes les deux secondes pendant que je conduis, j’arrête la van pis je les jette dans le fleuve.
Gabriel : Back to The Future 1.

Tu as peur de mourir avant (…) ?
Gabriel :
D’avoir fait un Sudoku.
Félix : «Je ne voudrais pas crever avant d’avoir connu les chiens noirs du Mexique qui dorment sans rêver, les singes à cul nu dévoreurs de tropiques, les araignées d’argent au nid truffé de bulles…» C’est Boris Vian. Je trouve ça joli.
Tobie : D’avoir convaincu Sophie Marceau que c’est moi l’amour de sa vie.
Julien : D’être complètement incontinent

1 + 1 = ?
Félix :
S’il y en a un qui répond «3» pour faire son original, je lui pète la gueule.
Tobie : Je la ratais tout le temps celle-là quand il fallait résoudre une équation pour avoir une frite gratuite
Julien : Plus de fun.

Sur ta tombe, on devrait écrire (…) ?
Julien :
À fait de son mieux pour rendre son voisinage moins haineux.
Tobie : Un whisky de trop, hein maudit alcoolo!
Félix : Mort à 164 ans. Si jeune, comme la vie est injuste!
Gabriel : C’était le meilleur des gars, c’était le pire des gars.

On peut présentement se procurer des forfaits spectacles/hébergements pour le FMEAT en cliquant ici. En attendant, Chinatown est en concertà Woodstock en Beauce ce 3 juillet, à Sherbrooke les 8 et 15 puis à Osheaga le 1er août.

myspace.com/chinatownfranco

Photo: Vincent Faucon

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CHRONIQUES

L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
26 août 2010

L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame.

« L’état de la chanson française au pays, en cette ère de la mondialisation »… C’était les mots, graves et pesants, prononcés par Céline Galipeau au téléjournal, pour introduire un reportage de Catherine Kovacs et France Dauphin. C’était en juin dernier, rediffusé au début de cette semaine. « En cette ère de mondialisation… ». J’ai monté le son du téléviseur. Ce n’est pas bien, ça, la mondialisation. Et si vous mettez « chanson française » et « mondialisation » dans la même phrase, ça donne un effet tragique, ça fait craindre : vous allez voir, à la fin, le gros méchant va manger le petit gentil. Et il n’y aura pas de deuxième chance. Après, c’est la fin, pas de suite la semaine prochaine. J’aime la tragédie alors j’ai monté le son que je vous disais.