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Reportages et entrevues

Cellos on Fire : La flambée de la corde tendue

Cellos on Fire : La flambée de la corde tendue

Yanick Klimbo Tremblay
18 octobre 2012

Les contraires s’attirent, c’est un fait indéniable. Lorsque nous apercevons un nain avec une flamboyante beauté de 6 pieds et demi, nous sourions ou lorsqu’un tatoué aux allures non-conformistes, tel le croquant Cuisinier Rebelle, côtoie une succulente avocate aux tendances mondaines, nous sourions aussi.  Mais lors d’un mariage entre le métal et le classique, nous ne sourions plus, nous écoutons le résultat de cet amalgame musical. La curiosité nous pique, les oreilles sont aux aguets et l’expérience est enivrante. Le groupe saguenéen Cellos on Fire tente cette expérience hors du commun avec un matériel original et quelques interprétations triées sur le tas, le tout se fait de façon posée et excessivement bien dirigée, et ce depuis quelques années déjà, mais les quelques étincelles provoquées récemment par Cellos on Fire commencent à faire embraser les cendres dormantes. Entretien avec Samuel-San Vachon (violoncelle), Charles Guay (percussions) et Nicolas Ellis (claviers).

Dans la sphère métallique, il y a peu d’élus qui ont pu se sortir la tête bien haute dans ce croisement métallisé qui allie la justesse de la musique classique et la précision du métal le plus lourd qui soit. La référence demeure, et restera toujours, la formation finlandaise Apocalyptica qui fut la première à populariser le genre, ce qui en fait directement l’influence majeure de Cellos on Fire. Mais le tout ne s’arrête pas à cette comparaison facile : « Charles et moi étudions au conservatoire de musique du Saguenay, précise Samuel-San Vachon. Vers l’âge de 15 ans, Charles nous a montré des arrangements de Metallica pour 4 violoncelles. Peu à peu, nous avons monté un répertoire d’interprétations d’autres groupes pour des shows. Je pense que nos influences sont un melting pot d’une pluralité de genres qui sortent au-delà des frontières du métal tout en gardant les contraintes propres à ce genre. Les contraintes du métal comme la simplicité harmonique, l’utilisation fréquente des quintes, beaucoup de doublement de voix et plusieurs autres éléments nous font porter un regard différent sur la musique. Elles nous poussent à développer des idées qu’on n’aurait vu autrement sans elles et nous amènent à sortir des sentiers battus. Il ne faut pas voir les contraintes comme une restriction mais une ouverture vers d’autres idées», philosophe Samuel-San Vachon.

Le Québec a toujours été perçu comme un immense laboratoire musical, tout spécialement dans le domaine du métal avec des groupes excessivement  avant-gardistes comme Voïvod, Obliveon, Gorguts et Cryptopsy. Mais ce qui est offert par cette troupe de saltimbanques à cordes du Saguenay comble une case qui était vide jusqu’à présent. À ce sujet, Charles Guay tempère: «Nous apportons un nouveau sous-genre du métal. C’est donc par notre formation classique et notre interprétation métal qu’on croit combler ce vide. Je crois aussi que nous comblons un vide dans le monde de la musique classique. Ce monde peut paraître parfois un peu isolé et réservé à un certain public. Le fait de jouer du métal sur des violoncelles offre un nouveau visage aux instruments et aussi à ce que les gens perçoivent de la musique classique.»

Ayant plusieurs cordes à leur arc, les musiciens de Cellos on Fire peuvent prétendre à un avenir lucratif, en vivant de leur musique. Après tout, si ce n’est pas dans le domaine qui combine les deux genres, il se peut que les membres du groupe ne se tournent que vers un seul des genres qu’ils préconisent, explique Nicolas Ellis : «Pour chaque membre, ce groupe ne constitue qu’une de nos nombreuses facettes musicales. Nous sommes tous des musiciens versatiles qui menons aussi d’autres projets et études en jazz ou en musique classique. Pour nous, il est essentiel que chaque musicien du groupe ait une vie active et diversifiée sur le plan musical.»

Il reste aussi le fait que la musique classique est un milieu très élitiste, n’entre pas là qui veut. Mais comment sont perçus ceux qui transgressent les règles, ceux qui poussent le bouchon légèrement? Sont-ils perçus en parias ou en incultes? La question demande mûres réflexions. Dans un domaine aussi fermé, il reste que la réponse s’avère plutôt positive selon Samuel-San : «L’entourage du milieu classique est assez intrigué et fasciné par ce que nous faisons. Puisqu’il s’agit d’assumer un style complètement différent autant sur le plan musical que scénique. Je crois aussi que ça peut en inspirer certains sur les différentes avenues possibles avec les musiciens classiques. Du côté des musiciens métal, on nous fait souvent remarquer notre aisance à jouer des instruments et notre talent – que l’on doit, en fait, à notre formation classique. Je crois que notre musique peut arriver à séduire l’intelligentsia musicale et acquérir un certain respect de la part des musiciens. Même si on fait un produit qui sonne comme étant lourd, notre apprentissage dans le milieu reste et se transmet à travers notre musique. Le but de la musique est de partager une forme de beauté, je ne vois pas pourquoi on n’y arriverait pas en demeurant plutôt rebelle.»

Sans album, le groupe a donc de nombreux projets en tête comme l’enregistrement d’une première galette ainsi que de nombreux concerts pour la prochaine année!

www.cellosonfire.com

Crédit photo : Denis Beaumont

Un commentaire
  • [...] bal le lundi 18 février! Ça tombe bien, notre collaborateur Yanick Klimbo Tremblay nous a livré une entrevue avec la formation saguenéenne Cellos On Fire en octobre dernier. Ça tombe encore mieux parce que dès demain matin (mardi), Marie Mello nous offrira une entrevue [...]

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